[L’hebdo du Vieillissement] Maltraitance : sortir de l’inacceptable ordinaire

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La maltraitance, on en parle trop peu. Pas parce que c’est rare mais parce que c’est silencieux, complexe, parfois banalisé.
> L’hebdo du Vieillissement du Pr Bertrand Fougère : « Maltraitance : sortir de l’inacceptable ordinaire »

[L'hebdo du Vieillissement] : Maltraitance : sortir de l’inacceptable ordinaire

Le Grand Âge : une zone grise dangereuse

  • Celle où l’on finit par « comprendre » l’incompréhensible
  • On excuse “la fatigue”, “la pénurie”, “la situation familiale”…
  • On tolère des gestes, des mots, des négligences qui, à tout autre âge, seraient immédiatement jugés inacceptables
  • La maltraitance se cache souvent derrière l’habitude, le non-dit, le “ça arrive”

L’actualité : une instruction Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) qui outille les ARS

Une instruction récente vient épauler les ARS pour mettre en place / consolider les cellules de recueil, suivi et traitement des réclamations et signalements de maltraitance envers des personnes vulnérables.

Objectif : mieux recueillir, mieux tracer, mieux coordonner, et éviter que les alertes ne reposent sur quelques individus isolés.

Maltraitance : ce que dit l’OMS

L’OMS estime qu’environ 1 personne sur 6 de 60 ans et plus subit une forme de maltraitance en communauté, et que le phénomène existe aussi fortement en institution.

Ce n’est pas un sujet “marginal” : c’est un sujet systémique.

Trois angles morts… et trois pistes très opérationnelles

  • Repérer plus tôt : sortir du piège de la “preuve parfaite”

    La maltraitance n’a pas un seul visage : elle peut être physique, psychologique, financière, négligence, atteinte aux droits…
    La bonne approche : raisonner en signaux d’alerte (cumul, répétition, incohérences) et documenter.
    Message clé : signaler n’est pas accuser, c’est protéger.

    • Déclarer sans s’exposer : sécuriser le témoin

    Ce qui bloque le signalement est connu :

    Peur de se tromper
    Peur des représailles / du conflit familial
    Peur “d’aggraver” la situation de la personne déjà vulnérable

    D’où l’enjeu : des circuits simples, identifiables, protecteurs, avec un retour au déclarant (au moins sur la prise en compte)

    Le paradoxe terrible : une alerte peut parfois entraîner… une nouvelle vulnérabilité (rupture d’aide, conflit, déplacement subi)

    • Il faut des réponses graduées, coordonnées, centrées sur :

    La sécurité immédiate
    Le consentement et la capacité à décider
    L’appui médico-social, la protection si besoin

    Ce que cette instruction Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) peut changer (si on s’en saisit vraiment).

    À condition que ces dispositifs deviennent…

    1. lisibles (tout le monde sait où s’adresser)
    2. simples (on réduit les freins)
    3. protecteurs (pour la personne + pour celui/celle qui alerte)
    4. utiles (traçabilité, délais, coordination, et pas seulement “recueil”)

    Comment faire, dans chaque territoire, pour que signaler devienne un acte soutenu et sécurisé plutôt qu’un saut dans l’inconfort, et pour que la personne vulnérable n’en paie jamais le prix ?

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