Le procès de Jean-Bernard Fourtillan s’est ouvert ce jeudi 25 juin devant le tribunal correctionnel de Paris. L’ancien pharmacien est poursuivi pour avoir organisé des essais cliniques illégaux auprès de centaines de personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Une affaire qui interroge autant les dérives pseudo-scientifiques que la vulnérabilité des patients et de leurs proches.

- Le procès Fourtillan s’est ouvert pour des essais cliniques illégaux sur des patients Alzheimer et Parkinson.
- Près de 400 personnes ont testé un prétendu traitement miracle non autorisé.
- Certains patients ont versé des dons importants pour participer.
- Henri Joyeux est poursuivi pour complicité.
- L’affaire relance le débat sur la protection des patients vulnérables.
« Jusqu’où peut conduire l’espoir lorsqu’il n’existe aucun remède ? »
C’est toute la question qui traverse le procès de Jean-Bernard Fourtillan. Pendant plusieurs années, l’ancien pharmacien a convaincu près de 400 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, de Parkinson ou de troubles du sommeil de participer à des essais cliniques réalisés en dehors de tout cadre réglementaire. Entre 2018 et 2019, les expérimentations ont été menées dans une abbaye de Saint-Benoît, près de Poitiers, sans autorisation des autorités sanitaires.
Au cœur du dossier : des patchs contenant de la valentonine et de la 6-méthoxy-harmalan, présentés comme une piste thérapeutique révolutionnaire capable de réparer les neurones. Or, ces substances n’avaient jamais fait l’objet des évaluations indispensables garantissant leur innocuité chez l’être humain. Alertée, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) met fin à ces essais en 2019 avant que la justice ne soit saisie.
Au-delà des infractions reprochées, cette affaire rappelle la détresse des personnes confrontées à des maladies neurodégénératives incurables. En l’absence de traitement permettant de stopper l’évolution d’Alzheimer ou de Parkinson, certains patients sont prêts à saisir la moindre promesse, quitte à sortir du cadre médical habituel.
Une emprise nourrie par la crédibilité scientifique et l’espoir d’un traitement miracle
L’affaire met également en lumière le rôle joué par l’image de Jean-Bernard Fourtillan. Ancien universitaire reconnu et chercheur installé de longue date à Poitiers, il bénéficiait d’une crédibilité scientifique qui a largement facilité l’adhésion de nombreux participants. À ses côtés comparaît également le professeur Henri Joyeux, poursuivi pour complicité dans ce dossier.
Selon les parties civiles, plusieurs patients ont versé des sommes très importantes à la fondation créée pour financer les recherches, parfois jusqu’à engager l’ensemble de leurs économies. Certains affirment également avoir été incités à interrompre leur traitement habituel afin d’évaluer plus facilement l’efficacité supposée des patchs. Pourtant, une majorité des anciens participants continue de défendre le professeur Fourtillan, convaincue qu’il poursuivait sincèrement la recherche d’un traitement contre ces maladies.
Le procès, qui doit se poursuivre jusqu’au 5 juillet, dépasse ainsi le seul cadre pénal. Il pose une question essentielle pour le secteur du grand âge : comment protéger des patients particulièrement vulnérables face aux promesses de thérapies miracles, tout en préservant l’espoir indispensable qui accompagne la recherche médicale ? Un enjeu majeur alors que les maladies neurodégénératives concernent un nombre croissant de personnes âgées et de familles.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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