À l’heure du vieillissement accéléré de la population et des nouvelles échéances politiques, la Fédération des Ascenseurs tire la sonnette d’alarme : moderniser le parc d’ascenseurs n’est plus une option. C’est une condition essentielle pour garantir l’autonomie, l’accessibilité et la qualité de vie des Français.

- La Fédération des Ascenseurs appelle à faire de l’ascenseur une priorité publique d’ici 2027.
- Un parc vieillissant : 40 % des ascenseurs ont plus de 25 ans.
- Chute du neuf (-9 %) mais forte hausse de la modernisation (+8,5 %).
- 94 % des Français jugent prioritaire le remplacement des équipements vétustes.
- Un enjeu clé pour le maintien à domicile, l’accessibilité et la transition écologique.

Un parc vieillissant face à « une urgence silencieuse »
Le secteur de l’ascenseur tient… mais il ralentit. Le constat est sans appel : en 2025, la filière affiche, d’après la Fédération des Ascenseurs, un chiffre d’affaires de 2,83 milliards d’euros, en légère hausse de 1,1 %. Une stabilité trompeuse qui masque un recul significatif du neuf, qui atteint « son plus bas niveau depuis dix ans ». Les ventes d’ascenseurs auraient chuté de 9 %, conséquence directe du ralentissement de la construction.
Dans le même temps, le parc existant vieillit. Sur les 661 000 appareils en service, 40 % ont plus de 25 ans et un quart dépasse les 40 ans. Une réalité connue des usagers eux-mêmes : selon le baromètre IPSOS 2026, un Français sur deux sait qu’il utilise un ascenseur installé avant les années 2000. La rénovation devient alors une priorité technique, mais aussi sociétale.
Derrière ces chiffres, une réalité transparaît : sans ascenseur adapté, pas de maintien à domicile, ni d’autonomie pour les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite. L’ascenseur devient alors un marqueur d’inégalités territoriales et sociales : si la durée moyenne des pannes d’ascenseur est d’environ quatre heures, dans les quartiers populaires, moins entretenus, elle dépasse largement ce chiffre.
Florence Bigé, présidente réélue de la Fédération des Ascenseurs, affirme que 94 % des Français considèreraient le remplacement des ascenseurs vétustes comme prioritaire. De quoi interpeller sans détours les pouvoirs publics.
Municipales 2026, présidentielle 2027 : le moment politique à saisir
Pour la profession, le calendrier politique est tout sauf anodin. Les élections municipales récemment passées et la perspective de 2027 ouvrent une fenêtre d’opportunité. L’enjeu : faire entrer l’ascenseur dans le débat public. Car l’équipement dépasse largement sa fonction technique. Il est au croisement de plusieurs politiques structurantes : logement, autonomie, transition écologique, aménagement du territoire. En d’autres termes, il coche toutes les cases des priorités publiques.
Dans les faits, l’ascenseur conditionne des droits fondamentaux, tels qu’accéder à son logement, vieillir chez soi ou encore plus simplement se déplacer librement. La Fédération insiste : intégrer l’ascenseur dans les politiques locales, c’est répondre immédiatement à plusieurs défis majeurs, l’ascenseur étant « un levier opérationnel immédiat pour répondre aux défis démographiques et urbains ».
2026 : accélérer la modernisation et structurer la filière
Face à l’urgence, la Fédération des Ascenseurs déploie une feuille de route offensive pour 2026, avec pour principaux objectifs d’accélérer, sécuriser et anticiper. Parmi les priorités opérationnelles :
- accélérer la modernisation du parc existant, en levant les freins financiers et techniques, notamment en copropriété,
- renforcer la sécurité et la fiabilité, en anticipant les évolutions réglementaires et en intégrant les technologies (maintenance prédictive, IA, connectivité),
- accompagner la transition écologique, avec des ascenseurs modernisés permettant jusqu’à 70 % d’économies d’énergie,
- mais aussi attirer et former les talents, dans un secteur qui recrute près de 1 000 techniciens par an.
Au-delà des objectifs techniques, c’est une transformation structurelle que souhaite atteindre la Fédération. L’innovation devient un levier central, tout comme l’économie circulaire et la digitalisation du parc. Le message final est sans ambiguïté : pour Florence Bigé, « l’ascenseur est au croisement des grands enjeux des politiques publiques ». Autrement dit : ne pas agir maintenant, c’est prendre le risque d’une fracture durable dans l’accès au logement et à la mobilité.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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