

Selon la dernière étude de la Drees, l’espérance de vie sans incapacité pour l’année 2024 atteint 64,1 ans pour les femmes et 63,7 ans pour les hommes à la naissance, et 11,8 ans et 10,5 ans à 65 ans. La France reste au-dessus de la moyenne européenne, mais les femmes souffrent davantage de maladies chroniques invalidantes tandis que les hommes sont plus exposés aux pathologies graves entraînant une mortalité plus précoce. Cette étude met en lumière l’importance de la qualité de vie dans les années supplémentaires gagnées.

- En France, l’espérance de vie augmente, mais toutes les années supplémentaires ne sont pas vécues en bonne santé.
- L’espérance de vie sans incapacité (EVSI) mesure le nombre d’années vécues sans limitations dans les activités quotidiennes, à la naissance ou à 65 ans.
- En 2024, à 65 ans, les femmes peuvent espérer vivre 11,8 ans sans incapacité et 18,5 ans sans incapacité forte ; pour les hommes, ces chiffres sont respectivement 10,5 ans et 15,8 ans.
- Les femmes sont plus touchées par des maladies chroniques invalidantes mais peu létales, tandis que les hommes sont davantage exposés à des pathologies graves entraînant une mortalité plus précoce.
- La France reste au-dessus de la moyenne européenne en EVSI, mais l’enjeu reste d’améliorer la qualité de vie et non seulement la durée de vie.

L’espérance de vie sans incapacité augmente
L’allongement de l’espérance de vie ne rime pas systématiquement avec une vie “en bonne santé”. C’est le constat tiré par la Drees, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, ce mercredi 22 janvier. Dans une nouvelle étude basée sur l’année 2024, la Drees dévoile l’espérance de vie sans incapacité selon le sexe. Cette dernière correspond au nombre d’années que peut espérer vivre une personne sans être limitée par un problème de santé dans ses activités quotidiennes.
En 2024, une femme de 65 ans peut espérer vivre encore 11,8 ans sans incapacité, et 18,5 ans sans incapacité forte. Une espérance de vie sans incapacité plus courte pour les hommes, s’alignant ainsi à l’espérance de vie globale : 10,5 ans sans incapacité, et 15,8 ans sans incapacité forte. La Drees note que, depuis 2008, l’espérance de vie sans incapacité à 65 ans a augmenté de 1 an et 9 mois pour les femmes comme pour les hommes.
Une donnée supérieure à la moyenne européenne
L’espérance de vie sans incapacité à la naissance, qui prend en compte l’apparition possible de limitations tout au long de la vie, atteint 64,1 ans pour les femmes et 63,7 ans pour les hommes. Un écart “nettement plus faible” que celui observé pour l’espérance de vie totale, précise la Drees. Elle rappelle également que l’espérance de vie sans incapacité à 65 ans, en France et en 2023, restait “supérieure à la moyenne européenne”, avec un avantage de 2 ans et 5 mois pour les femmes et de 1 an et 4 mois pour les hommes.
Contrairement à l’espérance de vie classique, l’espérance de vie sans incapacité repose sur la perception qu’ont les individus de leurs limitations fonctionnelles. Elle est calculée à partir d’enquêtes annuelles menées auprès des ménages, étendues depuis 2022 à plusieurs territoires d’outre-mer. Cet indicateur tient compte à la fois de l’état de santé et de l’adaptation de l’environnement.

Qualité de vie et différences hommes-femmes
Sur cette période, l’EVSI à 65 ans a progressé plus vite que l’espérance de vie totale. En 2024, les années vécues sans incapacité représentent 53 % des années restantes à vivre à 65 ans pour les hommes, contre 48 % en 2008. Pour les femmes, cette part est passée de 45 % à 50 %.
À la naissance, les femmes vivent en moyenne 5 ans et 7 mois de plus que les hommes. Mais l’écart d’EVSI n’est que de 5 mois. Le rapport de la Drees souligne le fait que les femmes soient “plus souvent touchées” par des maladies chroniques peu létales mais invalidantes. Parmi elles : les maladies musculo-squelettiques, les troubles anxieux et dépressifs, les maladies inflammatoires chroniques ou encore les migraines chroniques.
De leur côté, les hommes sont davantage affectés par des pathologies plus graves, entraînant une mortalité plus précoce. Les principales causes de décès chez les hommes évoquées par la Drees dans un rapport relatif à l’état de santé de la population en France (2017) sont les maladies de l’appareil circulatoire (23 %) contre 33 % pour les tumeurs.
Parmi les décès par tumeur maligne, les tumeurs malignes du larynx, de la trachée, des bronches et du poumon représentent la première cause de mortalité chez les hommes (25,9 % des décès) et la deuxième chez les femmes (12,6 %) derrière le cancer du sein, estimé à 18,2 %. Si les Français vivent plus longtemps, la question n’est plus seulement celle de la durée de la vie, mais de la qualité des années gagnées.
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Cet article a été publié par la Rédaction le

