[Hebdo du Vieillissement] Âgisme : le vrai frein politique au bien-vieillir ?

En janvier 2026, la SFGG (Société Française de Gériatrie et Gérontologie) rappelait que 9 Français sur 10 considèrent qu’il devrait être une grande cause nationale. Pourtant, seuls 30 % jugent la société prête à faire face au vieillissement, et 74 % estiment que les personnes âgées sont dévalorisées. Autrement dit : le sujet est reconnu, mais il reste encore trop peu préparé, trop peu structuré, et trop souvent abordé sous l’angle du coût ou de la dépendance.

> L’hebdo du Vieillissement du Pr Bertrand Fougère : « Âgisme : le vrai frein politique au bien-vieillir ? »

[L'hebdo du Vieillissement] : Âgisme : le vrai frein politique au bien-vieillir ?

Un frein plus politique qu’on ne le dit

L’âgisme n’est pas seulement une question de regard ou de vocabulaire.

C’est aussi un cadre mental qui influence les décisions publiques. Lorsqu’une société associe spontanément l’avancée en âge au déclin, à la perte d’autonomie ou à la charge, elle peine à faire du vieillissement une priorité politique de premier rang.

Le vieillissement n’est alors plus pensé comme une transformation collective à organiser. Il devient un problème à contenir.

Ce que cela produit concrètement

  • Il conduit à investir trop peu dans la prévention, trop tard dans l’adaptation des logements, pas assez dans la mobilité, l’inclusion numérique, la participation sociale, ou encore l’emploi des seniors.
  • Au lieu de préparer des trajectoires de longévité, on gère trop souvent des situations déjà dégradées.

Un imaginaire qui pèse sur l’action publique

Dans l’enquête du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge HCFEA, la vieillesse reste d’abord associée à la retraite, à la maladie, à la dépendance et à la solitude. Pourtant, les Français reconnaissent aussi massivement que les personnes âgées ont beaucoup à apporter à la société.

Cette contradiction est centrale : on dit valoriser les aînés, mais on continue trop souvent à penser la vieillesse à travers des représentations négatives. Ce décalage nourrit l’inaction publique.

Le vrai enjeu

Tant que le vieillissement sera raconté principalement comme un fardeau ou un choc, les politiques resteront trop souvent défensives, tardives, et insuffisamment ambitieuses.

Lutter contre l’âgisme, ce n’est pas simplement mieux parler des personnes âgées. C’est créer les conditions d’une politique de long terme, fondée sur la prévention, l’anticipation, la participation et la reconnaissance de la longévité comme une réalité durable de notre société.

La question à se poser : Et si l’âgisme était, au fond, l’une des raisons pour lesquelles la France tarde encore à faire du vieillissement une véritable priorité politique ?

Une politique du bien-vieillir qui arrive trop tard est déjà, en partie, une politique âgiste.

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