Réaction Zone Interdite : les fédérations de service à la personne réagissent à l’émission Zone Interdite sur M6

AUTRES ACTUS ET INFORMATIONS SUR : EHPAD & MAISONS DE RETRAITE

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Alors que le sujet de l’Autonomie des personnes âgées et en situation de handicap est désormais l’un des enjeux majeurs pour l’avenir de la société, une émission diffusée ce dimanche soir pointe les dangers subis par les retraités dans les Ehpad, en raison d’une mauvaise prise en charge. Ce même secteur qui a pourtant surmonté une crise sanitaire d’ampleur lors de laquelle les quelques 400 000 professionnels du Domicile n’ont jamais failli à leurs obligations sans aucune reconnaissance publique selon le Fédésap.

Le point de vue de la Fédésap

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La Fédésap, 1ère fédération du secteur regroupant des entreprises comme des associations, rappelle que depuis plus de 5 ans, elle a alerté les pouvoirs publics sur l’absence de vision politique sur le champ de l’Autonomie et sur le manque de moyens qui en résulte.

À l’impossible, nul n’est tenu !

Selon la Fédésap, certaines situations (bénévolat déguisé, fraude des heures d’intervention…) de ce reportage sont totalement inexcusables et contraires à l’éthique à laquelle aspire la grande majorité des professionnels et que défend la Fédésap. La Fédésap regrette qu’il ne soit pas fait mention des principales revendications du secteur : une meilleure prise en charge, plus de capacité d’accompagnement de la personne, plus de transparence et de contrôle des tutelles notamment.

EHPAD

Malgré les alertes continues de la Fédésap, les politiques ont continué à fermer les yeux face à la situation d’un secteur en crise permanente. En continuant à investir massivement sur les EHPAD au détriment du « virage domiciliaire », les responsables politiques ont fait délibérément le choix de sacrifier le Domicile.

La Fédésap se pose alors la question : comment recruter quand depuis plus de 15 ans, le financement d’un Assistant de vie en Services d’aide et d’accompagnement à domicile (Saad) est valorisé 50% de moins qu’un aide-soignant en Service de soins infirmiers à domicile (SSIAD) à niveau de diplôme identique (aujourd’hui encore 23€ contre 35€) ? Comment assurer la nécessaire continuité des interventions quand la Fédésap n’a pas de personnel ? Comment résoudre l’équation de l’exigence du service, de la qualité de vie au travail requise et des diplômes avec un financement qui contraint les rémunérations à un niveau trop proche du SMIC ? Autant de sujets qui ne sont pas mis en avant dans cette émission explique la Fédésap.

Des organisations très loin du CAC 40

À l’inverse du marché des EHPAD, le Fédésap rappelle que le tissu économique des Saad est principalement constitué d’associations à but non lucratif ou de TPE et PME très majoritairement détenues par leurs fondateurs. Il n’y a pas de groupes côtés parmi les adhérents de la Fédésap. Leurs adhérents sont constitués d’entrepreneurs sociaux qui, forts de leur impact social, ont fait le choix de ce métier par vocation et le souhait de permettre aux personnes fragilisées de bien vieillir chez elles.

Une mesure choc indispensable

La Fédésap appelle à une augmentation immédiate du tarif horaire national socle à 30 euros de l’APA et de la PCH, les principales allocations permettant aux personnes âgées et handicapées de faire le choix de vivre et vieillir chez elles en bonne santé. Sans réaction, le Gouvernement s’expose à de nouveaux scandales selon leurs dires. Ils rappellent d’ailleurs l’urgence et la précarité dans lesquelles sont plongés les professionnels du fait de l’absence de stratégie politique sur le champ du domicile. Le « virage domiciliaire » en restant sous-financé devient un véritable serpent de mer.

La Fédésap conclut en supposant que si le Gouvernement veut qu’ils puissent surmonter le tsunami gris et répondre à l’aspiration des citoyens de rester chez eux, il faut de la considération et des moyens. Des paroles certes mais surtout des actes termine la Fédésap.

Le point de vue de l’AD-PA

L’AD-Pa demande combien de temps l’Etat va-t-il continuer les diversions quand les journalistes (et eux sans l’État) mettent en évidence ce que l’AD-PA dénonce depuis des dizaines d’années, à domicile comme en établissement ?

Images insoutenables des toilettes trop rapides voire violentes, temps de repas trop courts, aides au lever expédiées, heures entières passées dans l’isolement total, mépris récurrent, âgisme au quotidien et pire que tout, des personnes attachées à leur fauteuil sans que personne ne réagisse… Voilà ce que l’AD-PA voit dans ce reportage diffusé sur M6 : des maltraitances à l’encontre des personnes âgées et des professionnels obligés de se soumettre à ces rythmes insupportables.

Suite au visionnage du reportage sur M6, l’AD-PA considère que le reportage de Zone Interdite a la grande vertu de montrer concrètement ce à quoi aboutit, dans tout le secteur, la pression financière des pouvoirs publics, donnant toujours moins aux personnes âgées et demandant toujours plus aux salariés, les conduisant à l’épuisement et dans le cas de l’une d’entre elles au décès. Et dans cet immense désœuvrement, les détournements et les escroquerie fleurissent sans paraître anormales compte tenu du dénuement ambiant.

L’association ADPA ajoute que les pouvoirs publics, l’État et les départements, doivent, dans l’urgence, mettre en place les ratios de professionnels de 8 professionnels pour 10 personnes âgées en établissement et le financement à 30 € l’heure à domicile. Ceci permettra, selon l’AD-PA, de créer des dizaines de milliers d’emplois, d’améliorer les conditions de vie des personnes âgées et des professionnels et diminuera le chômage d’autant. L’urgence éthique se conjugue avec l’économique, et personne ne pourra plus dire qu’il ne savait pas conclut l’association.


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Cet article a été publié par la Rédaction le


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