[L’hebdo du Vieillissement] : Évaluer les ESSMS, indispensable… mais à une condition : que ça change vraiment la qualité

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Depuis “l’affaire ORPEA”, une attente est devenue massive : des critères objectifs, publics et comparables pour parler de qualité en EHPAD et plus largement dans les ESSMS. La publication des résultats sur Qualiscope marque un tournant : on passe d’une culture du « ressenti” à une logique d’objectivation.
> L’hebdo du Vieillissement du Pr Bertrand Fougère : « Évaluer les ESSMS, indispensable… mais à une condition : que ça change vraiment la qualité »

hebdo du vieillissement - Évaluer les ESSMS, indispensable… mais à une condition : que ça change vraiment la qualité

La Haute Autorité de Santé clarifie encore la cotation

  • mise à jour 2025 du manuel d’évaluation + fiche sur l’évaluation multi-ESSMS – quand un gestionnaire pilote plusieurs structures,
  • des nouvelles fiches pratiques pour sécuriser et harmoniser la cotation, afin de limiter les écarts d’interprétation entre évaluateurs et établissements.

L’évaluation est indispensable pour :

  • renforcer la confiance des personnes accompagnées et des familles, avec une transparence lisible,
  • déclencher une dynamique d’amélioration continue (pas une photo figée),
  • objectiver des sujets essentiels : droits, bientraitance, continuité, gestion des risques, gouvernance.

Les limites : comparaison ne veut pas dire « classement »

  • territoires très différents,
  • profils de résidents et niveaux de dépendance variés,
  • immobilier, accès aux soins, RH, turn-over : pas les mêmes réalités,
  • pas les mêmes moyens de structuration qualité.

L’analyse de Planète Grise montre des écarts importants entre statuts mais elles soulignent aussi un point clé : la mutualisation et l’ingénierie qualité pèsent énormément sur les résultats.

Les difficultés concrètes de mise en œuvre

  • charge de travail : préparation, preuves, entretiens, temps “hors soin”.
  • coût direct de l’évaluation : plusieurs milliers d’euros par mission, sans ligne budgétaire dédiée uniforme, donc souvent supporté indirectement par l’hébergement ou des marges déjà inexistantes.
  • tension RH : quand on manque déjà d’effectifs, “faire de la qualité” devient un combat d’organisation.
  • complexité de gouvernance : établissements pris entre Conseil Départemental et ARS, avec des injonctions parfois contradictoires : améliorer la qualité… sans marges financières, sans capacité d’investissement, sans stratégie RH partagée.

Le point décisif : que se passe-t-il après l’évaluation ?

Si l’évaluation devient une note affichée pendant 5 ans sans accompagnement derrière, on fabrique de la défiance, et parfois de l’injustice.

L’évaluation doit déclencher un “APRÈS” clair :

  • un plan d’actions priorisé, daté, piloté ;
  • un appui méthodologique (pas uniquement du contrôle) ;
  • un plan de soutien (RH, immobilier, organisation, SI, management).

Ma conviction : l’évaluation ne doit pas classer. Elle doit transformer.
Elle doit être un levier de progrès, pas un outil de stigmatisation

bertrand fougère - Évaluer les ESSMS, indispensable… mais à une condition : que ça change vraiment la qualité


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Cet article a été publié par la Rédaction le

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