[PODCAST] AAL Legacy : 14 ans d’innovations au service du bien-vieillir

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Présenté lors du Festival International SilverEco Bien-Vieillir au Palais des Festivals de Cannes, cet épisode de Paroles d’Experts revient sur l’héritage du programme européen AAL (Active & Assisted Living). Lancé en 2008 pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées grâce aux technologies et à l’innovation, ce programme a soutenu plus de 300 projets dans 23 pays, mobilisé des milliers d’acteurs et généré plus d’un milliard d’euros de financements cumulés.

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« AAL Legacy : 14 ans d’innovations au service du bien-vieillir » – échanges experts avec la participation de : 

  • Geja LANGERVELD, vice-présidente et vice-trésorière du comité exécutif du Programme AAL 
  • Dominique Repapis, responsable principale des programmes européens du Programme AAL 

Dans cet épisode de Paroles d’Experts, les responsables de l’étude rétrospective Legacy Study d’AAL analysent les enseignements tirés de ces quatorze années d’expérimentations. Entre innovation technologique, co-conception avec les utilisateurs et stratégies de passage à l’échelle, l’expérience du programme AAL offre un véritable laboratoire pour penser l’avenir de la Silver Économie européenne.

AAL : mettre les seniors au cœur de l’innovation

Dès sa création, le programme AAL a fait un choix structurant : placer les utilisateurs finaux au cœur des projets. Toute initiative financée devait intégrer une organisation représentant les utilisateurs – personnes âgées, aidants ou professionnels – afin d’éviter une innovation conçue uniquement par des laboratoires ou des entreprises.

Cette approche participative a permis d’impliquer plus de 60 000 seniors et 14 000 aidants dans les différentes phases des projets : enquêtes, groupes de discussion, tests pilotes ou expérimentations sur le long terme. Au fil des années, les méthodes se sont perfectionnées, passant de simples consultations ponctuelles à de véritables démarches de co-design, où les utilisateurs contribuent directement à la conception des solutions.

Dominique Repapis, AAL

« Sur l’ensemble de la période, plus de 60 000 personnes âgées ont participé aux différentes étapes des projets et plus de 14 000 aidants ont été impliqués. »

Dominique Repapis, responsable principale des programmes européens du Programme AAL

Les résultats montrent que cette participation structurée est l’un des facteurs clés de succès. Les projets intégrant des boucles de retours régulières, des tests en conditions réelles et un dialogue constant avec les utilisateurs ont produit des solutions plus pertinentes et plus durables. À l’inverse, lorsque ces étapes étaient négligées, même des technologies prometteuses peinaient à dépasser le stade du prototype.

De la technologie isolée aux écosystèmes de solutions

Les thématiques explorées par les projets AAL reflètent les principaux défis du vieillissement. Les initiatives ont notamment porté sur la lutte contre l’isolement social, le maintien de l’autonomie dans la vie quotidienne, la gestion des maladies chroniques, la prévention des chutes ou encore le soutien aux aidants.

Au fil du programme, une nette évolution s’est dessinée : les premières solutions reposaient souvent sur des capteurs ou applications ciblant un problème précis. Progressivement, les projets ont évolué vers des approches plus globales, combinant plusieurs fonctionnalités : communication, suivi de santé, sécurité domestique ou assistance cognitive.

Cette transformation a été rendue possible par l’amélioration des standards technologiques et de l’interopérabilité. Les solutions développées ne sont plus des outils isolés mais des écosystèmes modulaires, capables d’intégrer différents services selon les besoins des utilisateurs. Une évolution indispensable pour répondre à la complexité des situations de vieillissement et éviter la multiplication d’interfaces et d’outils différents.

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Le défi décisif : transformer l’innovation en solutions concrètes

L’un des objectifs majeurs du programme AAL était de faire émerger une véritable industrie européenne des technologies pour le vieillissement. Pour cela, la participation d’au moins une PME dans chaque consortium était obligatoire, afin d’assurer une perspective de mise sur le marché.

Geja Langerveld, AAL

« Les trois objectifs étaient d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées grâce à des solutions numériques, de soutenir la durabilité des systèmes de santé et de soins, et de favoriser l’émergence d’une industrie européenne développant ces solutions. »

Geja Langerveld, vice-présidente et vice-trésorière du comité exécutif du Programme AAL

Cette stratégie a progressivement porté ses fruits. Alors que les projets étaient initialement majoritairement pilotés par des organismes de recherche, les PME sont devenues les principaux coordinateurs, représentant près des deux tiers des projets à la fin du programme. En parallèle, des dispositifs d’accompagnement ont été mis en place : coaching entrepreneurial, ateliers sur les modèles économiques, aide à la recherche d’investisseurs.

Mais l’étude souligne aussi un défi persistant : beaucoup d’innovations prometteuses s’arrêtent à la fin du projet faute d’un écosystème favorable à leur déploiement. L’intégration dans les politiques publiques, l’adhésion des financeurs ou l’adaptation aux systèmes de remboursement restent des étapes déterminantes. Autrement dit, l’innovation ne se limite pas à inventer une technologie : elle suppose aussi de penser son adoption dans le monde réel.

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