Satisfaction, écoute, moyens humains : derrière l’EHPAD bashing, que révèle vraiment cette nouvelle étude ?

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À l’occasion du lancement de son Observatoire, le label Vivre publie une nouvelle étude inédite menée auprès de 2 400 résidents, proches et professionnels en EHPAD. Les résultats bousculent les idées reçues : loin d’un tableau uniformément sombre, la satisfaction semble dominer. Mais derrière ce socle solide, des fragilités de communication et d’embauche persistent.

vie en EHPAD étude
  • L’Observatoire du label Vivre révèle que 94 % des résidents se disent satisfaits de leur vie en EHPAD, loin de l’image uniquement négative véhiculée dans le débat public.
  • Malgré ce socle solide, près d’un résident sur cinq estime que sa parole n’est pas suffisamment prise en compte, révélant un déficit persistant d’écoute et de transparence.
  • Les familles confirment cette tension : si elles saluent majoritairement l’accompagnement, plus d’un quart déplore un manque d’information sur leur proche.
  • Les professionnels restent massivement engagés, mais près d’un sur deux juge les moyens humains insuffisants, au risque d’épuiser les équipes et de fragiliser durablement le secteur.
logo Label Vivre, engagés pour nos aînés

Vie en EHPAD : une satisfaction majoritaire

Le constat surprend. Dans un contexte d’EHPAD bashing, où ces établissements font souvent figure de repoussoirs dans le débat public, l’étude de l’Observatoire du label Vivre dessine un paysage plus nuancé. 94 % des résidents interrogés se déclarent satisfaits de la vie en établissement. Mieux encore : 96 % disent se sentir respectés et en sécurité, et 97 % jugent positivement leur hygiène quotidienne. Une preuve que les fondamentaux du soin et de la bientraitance tiennent. Les équipes assurent, malgré les tensions, une qualité d’accompagnement largement reconnue et le lien humain, souvent discret, demeure un pilier.

Mais les retours ne sont pas uniformes. Derrière la satisfaction globale, le vécu quotidien révèle certaines fragilités : 21 % des résidents n’apprécient pas la nourriture proposée et 6 % disent ne pas toujours manger à leur faim. 14 % ne se sentent pas suffisamment occupés, et près d’un sur dix évoque des relations sociales insatisfaisantes. Enfin, 15 % jugent les interventions trop lentes en cas de besoin. 

Le manque d’écoute et de communication pointés du doigt

Le point le plus sensible touche à l’écoute : 17 % des résidents estiment que leur avis n’est pas réellement pris en compte. Le manque de communication et de sentiment de vie en communauté sont, eux-aussi, pointés du doigt : 58 % des résidents déclarent ne pas être informés des départs du personnel.

Pire encore : 44 % ignorent le décès ou le départ d’autres résidents, et 40 % déclarent que les nouveaux membres de l’équipe ne se présentent pas. Autant d’éléments qui lèvent le voile sur un déficit de transparence et sur les conséquences directes d’un turn-over bien présent.

Les familles partagent ce malaise. Si 94 % des proches se disent satisfaits de l’accompagnement, 26 % déplorent un manque d’information sur leur parent et 31 % pointent une mauvaise circulation des informations au sein des équipes. Placer réellement la parole du résident au cœur du projet d’accompagnement est, selon lui, la principale pièce manquante à une vie paisible en EHPAD.

Des professionnels engagés… mais à bout de souffle

Du côté des équipes, l’engagement ne fait pas défaut. 97 % des professionnels se disent investis et 90 % fiers du travail accompli. Ces chiffres disent quelque chose d’essentiel : le secteur tient d’abord par la conscience professionnelle et la solidarité des collectifs.

Stéphane Dardelet, cofondateur du label Vivre - EHPAD - sondage

« Sans moyens humains suffisants, le soignant est contraint de privilégier l’acte technique au détriment du lien social »

Stéphane Dardelet, cofondateur du label Vivre

Un investissement qui, malheureusement, se heurte à un mur face au manque de moyens humains, jugés insuffisants par 49 % des professionnels interrogés. Le manque de ressources matérielles est évoqué par 18 %, mais c’est bien la question des effectifs qui domine. Dans ces conditions, le temps manque, et avec lui la possibilité de faire vivre autre chose que l’essentiel.

Les conséquences sont lourdes. Près de 18 % envisagent de quitter leur établissement, et 17 % pensent changer de métier dans les trois ans. Valoriser les métiers ne suffira pas : encore faut-il donner aux équipes le temps et les moyens de faire de l’EHPAD un véritable lieu de vie.

Cet article a été publié par la Rédaction le

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