Un peu plus d’1 Français sur 5 âgé de 40 à 79 ans aide un parent ou un beau parent en perte d’autonomie

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1 aidant sur 3 accompagne une personne vivant avec des troubles cognitifs : Fréquence de l’aide, nature des tâches quotidiennes, charge mentale ressentie, incidences sur l’état de santé…
Les résultats du 4e Baromètre de la Fondation Médéric Alzheimer « Perte d’autonomie, maladie d’Alzheimer, Aidance : ce qu’en disent les Français ? », témoignent du quotidien des Français aidant un parent ou beau-parent en perte d’autonomie, avec un engagement qui se révèle d’autant plus fort qu’ils accompagnent un parent vivant avec des troubles cognitifs.

Les Français font preuve de solidarité envers leurs proches

Selon le 4e Baromètre de la Fondation Médéric Alzheimer, si accompagner son conjoint reste prioritaire, les Français sont prêts à donner de leur temps et de l’argent pour aider leurs proches, qu’ils soient conjoints ou parents. 91% seraient prêts à aider leur conjoint régulièrement, 42 % prêts à faire évoluer leur vie professionnelle pour aider un de leurs parents, 38 % prêts à cohabiter si l’un de leurs parents perdait son autonomie. Les Français sont prêts à soutenir leur conjoint financièrement : 75 % seraient prêt à financer une maison de retraite, 86 % à financer une aide professionnelle à domicile.

Aujourd’hui, plus d’un Français sur 5, âgé de 40 ans à 79 ans, aide un parent ou un beau parent en perte d’autonomie. Selon le Baromètre, est aidant toute personne qui déclare faire a minima une tâche d’aide (courses, démarches administratives, ménage, repas, soutien moral, toilette…) par mois auprès d’un de ses parents ou beaux-parents. Cette aide conséquente s’inscrit dans la durée : un aidant sur deux aide depuis au moins 3 ans.

Si les caractéristiques de l’aide apportée à un parent ou un beau parent restent stables, la durée de l’aide a considérablement augmenté, pour passer de deux à trois ans

Christine Tabuenca, Directrice générale de la Fondation Médéric Alzheimer

Les Français ont du mal à évoquer la maladie d’Alzheimer

Les Français sont conscients des difficultés liées à la maladie d’Alzheimer et leur ressenti est stable.
Néanmoins, évoquer la maladie reste un sujet souvent tabou. En effet, 70 % des Français n’arrivent pas à en parler facilement avec le proche diagnostiqué. Cette difficulté à évoquer la maladie dans un cercle privé est également présente dans le milieu professionnel.

Si 68 % des aidants en emploi d’un parent en perte d’autonomie considèrent que leur environnement professionnel est bienveillant quant à leur situation d’aidant, seuls 11 % d’entre eux en ont parlé à leurs collègues et 7 % à leur supérieur hiérarchique (chiffres en diminution par rapport à 2020).

Si la généralisation du télétravail a peut-être joué un rôle dans cette dégradation, il est important de faire bouger les lignes pour libérer la parole des salariés aidants mais aussi pour mieux faire connaître les dispositifs d’aide. A titre d’exemple, 3 français sur 5 ignorent que l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) peut rémunérer les proches aidants pour l’aide apportée à un proche âgé.

Hélène Jacquemont Présidente de la Fondation Médéric Alzheimer

Un déni plus marqué de la perte d’autonomie à venir

Seulement 47% des Français estiment qu’ils ont de fortes probabilités d’être dépendants à 80 ans, un chiffre en recul qui s’explique sans doute par la crise sanitaire. Ce déni se traduit également par un moindre recours aux mesures d’anticipation : 82% ne sont pas assurés contre une éventuelle perte d’autonomie, 76 % n’ont rédigé ni mandant de protection future, ni directives anticipées, en contradiction avec une volonté clairement affirmée de protéger ses proches.

94% des Français ne souhaitent pas être un poids financier pour leurs enfants s’ils étaient en perte d’autonomie, 76 % préféreraient être aidés par un professionnel de santé plutôt que par un proche.

Un accompagnement plus intense pour les aidants de proches vivant avec la maladie d’Alzheimer

Les troubles cognitifs nécessitent un accompagnement plus intense. Interrogés précisément sur le type d’aide apportée, les aidants de personnes ayant des troubles cognitifs (un tiers des aidants), relatent un accompagnement plus soutenu que celui de parents âgés.

La charge mentale est également exprimée de façon plus forte : 70 % des aidants d’une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer déclarent « devoir être joignable à tout moment » contre 66 % pour des aidants de parents âgés.

Qu’il s’agisse de la fréquence ou du nombre de tâches, l’aide s’est intensifiée sur ces trois dernières années avec une aide apportée aux personnes âgées vivant avec des troubles cognitifs toujours plus intense. Cet accroissement de l’aide s’accompagne de conséquences encore plus marquées sur la santé des aidants.

Nina Zerrar, référente Observatoire à la Fondation Médéric Alzheimer

Cette intensité de l’aide n’est pas sans répercussion sur la santé des aidants, particulièrement pour ceux qui accompagnent un proche ayant de troubles cognitifs. En effet, si 56 % des aidants se déclarent en bonne santé, les indicateurs suivant en témoignent. 72 % des aidants ressentent de la fatigue ou un manque d’énergie et 9% des aidants prennent chaque jour des médicaments contre l’anxiété ou la dépression ; ces chiffres sont en nette dégradation par rapport au millésime 2020.

Retrouvez l’intégralité du 4e Baromètre de la Fondation Médéric Alzheimer


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Cet article a été publié par la Rédaction le


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