Vivre plus longtemps n’est plus une exception, mais la nouvelle norme. D’ici 2035, un Francilien sur cinq aura plus de 65 ans, posant des questions majeures : comment adapter le territoire, les politiques publiques et la société ? Pour y répondre, la région Île-de-France entend, notamment depuis la tenue des Assises de la longévité en octobre 2025, faire du bien-vieillir un de ses principaux combats. Elle présente cinq grands défis destinés à faire de la longévité un levier d’innovation, de lien social et de qualité de vie, tout en adaptant le territoire aux besoins d’une population de plus en plus âgée.

- La Région souligne la nécessité d’adapter le territoire aux besoins des seniors, en repensant les logements, les transports, les espaces verts et la ville pour garantir un cadre de vie accessible à tous.
- Elle met en avant le renforcement de l’accès aux soins, avec la création de Maisons de santé régionales, le développement d’une mutuelle à tarifs avantageux et la formation de professionnels de santé.
- La collectivité constate l’importance du lien social et de la solidarité, en soutenant des initiatives intergénérationnelles, des maraudes, des épiceries solidaires et la médiation animale pour lutter contre l’isolement.
- Elle affirme son engagement envers l’innovation et la Silver économie, avec le Perqo, incubateur régional qui accompagne des start-up développant des solutions concrètes pour l’autonomie et le bien-vieillir.
L’Île-de-France face aux grands défis de la longévité
Les chiffres donnent le tournis : avec 2,5 millions de Franciliens âgés de plus de 60 ans, soit 20 % de sa population, la région aspire à adapter ses politiques publiques à une inévitable transition démographique. Si depuis 2016, 70 millions d’euros ont été investis dans près de 500 structures de santé, et 11 millions d’euros par an sont consacrés à la formation, la reconversion et l’emploi des seniors via l’Agence Oriane, le chemin à parcourir est encore long.
Pour faire face au vieillissement de la population, la région déploie un programme ambitieux dédié au bien-vieillir, structuré autour de cinq grands défis et de vingt propositions concrètes pour accompagner les Franciliens dans cette étape de la vie. Santé, prévention, autonomie, emploi et lien social figurent parmi les axes prioritaires. Une feuille de route claire pour répondre aux besoins des seniors sur tout le territoire.
L’accès équitable aux soins dans le premier désert médical de France

Sur le volet santé et prévention, la région entend garantir à chaque Francilien un accès équitable à la santé. Première urgence décrétée par la région, et pas des moindres : la création de Maisons de santé régionales, visant à réduire les déserts médicaux. Pour rappel, la région est aux premières loges de la désertion médicale. En 2022, plus de 96% des Franciliens résident dans des territoires sous-denses en médecins.
Autrement dit, des zones au sein desquelles l’offre de soins est insuffisante compte tenu de sa population. En cause : un faible renouvellement des professionnels, notamment suite aux départs à la retraite, mais aussi des difficultés d’accès aux cabinets dû aux temps d’accès, ou encore aux délais d’attente pour obtenir un rendez-vous. Résultat : en 2024, près d’un million et demi de Franciliens n’ont pas de médecin traitant.
Pour remédier à la précarité, la région se félicite de la création d’Île-de-France Mutuelle Santé en 2023, proposant des tarifs20 % moins chers que la moyenne nationale. Des prix “avantageux” pour “préserver le pouvoir d’achat” des Franciliens.
Parmi les autres points clés de son investissement dans le bien-vieillir, la région met en lumière :
- le déploiement d’un plan de prévention des maladies neurologiques, dans le but de les anticiper et de mieux les diagnostiquer,
- le lancement d’un Challenge IA Alzheimer, en partenariat avec l’Inserm, visant à accélérer la recherche,
- et le développement de Maisons Sport-Santé, pour favoriser l’activité physique adaptée.
Créées en 2019 et déployées sur tout le territoire depuis, les maisons Sport-Santé ont été jugées “pertinentes et largement adoptées par les acteurs” par l’Inspection Générale, présentant cependant “une forte hétérogénéité” et “plusieurs fragilités structurelles”. Parmi elles : une formation et une reconnaissance des professionnels qui encadrent l’activité physique adaptée (APA) pas encore suffisamment harmonisées, un financement insuffisamment stabilisé ou encore un maillage territorial inégal.
Former et valoriser les métiers du soin
Le vieillissement de la population Francilienne implique un besoin urgent de milliers de professionnels supplémentaires. Pour y répondre, la région affirme renforcer l’offre médicale sur l’ensemble du territoire, en accompagnant l’installation des jeunes médecins dans les zones les plus tendues, en soutenant l’ouverture ou l’extension de cabinets, et en facilitant l’accès au logement. Mais le défi ne se limite pas à la présence des professionnels : il faut former davantage, et mieux. La région prévoit la création d’une plateforme numérique pour recenser toutes les offres de stages disponibles pour les infirmiers, médecins et professionnels du paramédical, que ce soit dans les hôpitaux ou dans les cabinets médicaux.
Autre initiative mise en avant : la Bourse régionale des formations sanitaires et sociales. Attribuée sur critères sociaux, elle permet l’accès aux études pour tous les futurs soignants, aides-soignants, infirmiers ou accompagnants est facilité. Grâce à cette bourse, chacun peut se former dans un institut de formation en soins infirmiers (IFSI), sans obstacle financier.
Adapter le territoire au vieillissement

La région dit mettre un point d’honneur à l’adaptation du territoire et au cadre de vie pour faire en sorte que chaque senior puisse accéder à un espace vert à moins de 10 minutes de chez lui. Il s’agit même de “repenser la conception des villes”, explique la région. Cela passe notamment par :
- des parcours piétons sécurisés et ombragés,
- des fontaines et des bancs adaptés
- des trottoirs entièrement accessibles,
- et des moyens de transport adaptés, afin de faciliter les déplacements et la vie quotidienne des seniors.
Elle propose également d’accentuer les aides à l’adaptation du logement pour faciliter le maintien à domicile et encourager les innovations en matière de logement intergénérationnel.
Le lien social comme réponse à l’isolement des séniors
En Île-de-France, les seniors jouent un rôle central dans la transmission des savoirs, le lien social et la vie collective. La région entend valoriser cette richesse humaine en développant des initiatives intergénérationnelles, où jeunes et aînés se rencontrent et apprennent les uns des autres, à travers l’Heure civique seniors, à raison d’une heure par mois, ou par le biais de Contrats étudiants intergénérationnels.
Face à la précarité qui touche de nombreux aînés, elle affirme soutenir les épiceries solidaires, les maraudes, ainsi que des projets culturels et artistiques dans les établissements pour personnes âgées.
Engagée dans la démarche « Ville amie des animaux », la région promeut également la médiation animale comme outil de lien social et de bien-être. Elle se mobilise enfin pour la reconnaissance et la protection des aidants, en plaidant pour la création d’un véritable statut de l’aidant, afin que celles et ceux qui soutiennent quotidiennement leurs proches ne soient plus laissés pour compte.
Valoriser la carrière des seniors… et accompagner la Silver économie

Pour accompagner les seniors dans leur parcours professionnel, la région, en lien avec son Agence Oriane, déploie des dispositifs pour soutenir la formation, faciliter la reconversion, favoriser l’insertion dans les secteurs qui recrutent et les aider à valoriser leurs compétences et à construire leur CV.
Elle agit également auprès des entreprises en signant la charte 50+ du Club Landoy pour que chaque senior puisse rester actif, reconnu et valorisé tout au long de sa carrière. Dans le même esprit, la région entend orienter massivement les jeunes vers les métiers des services à la personne, via Oriane mais aussi grâce à son Campus santé, autonomie et bien-vieillir, pour garantir que les générations se soutiennent mutuellement et que chacun trouve sa place dans le marché du travail.
La Région a compris que le succès du bien-vieillir passe aussi par le soutien à la Silver économie. C’est précisément dans cette optique que Perqo, incubateur régional installé à Saint-Ouen, confirme son rôle de véritable tremplin pour les start-up dédiées aux seniors et à l’autonomie. Elle accompagne des projets comme Gaston Immo ou Sawa Care, qui contribuent à inventer des solutions concrètes pour le bien-vieillir en Île-de-France. 23 projets sont actuellement incubés au Perqo. De quoi imaginer concrètement un mieux-vieillir pour tous les Franciliens.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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