[PODCAST] Téléassistance : une nécessaire approche croisée entre industriels

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Au Festival international SilverEco Bien-Vieillir, la téléassistance n’est plus un simple dispositif d’urgence : elle devient un révélateur des mutations profondes du bien-vieillir. Entre révolution technologique et coopérations entre industriels, le secteur amorce un virage décisif tout en fuyant la stigmatisation. L’objectif : sortir d’une logique de réparation pour entrer pleinement dans celle de la prévention et de l’accompagnement au quotidien.

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« Aidants : un engagement durable et une campagne 2025 tournée vers l’avenir » – échanges experts avec la participation de : 

  • Henri BORIE, responsable Marketing & Digitalisation chez ASSYSTEL
  • Olivier BESSIERES, directeur commercial chez Arkéa Care
  • Philippe DUCHENE, directeur marketing B2B Mobile eXperience chez Samsung Electronics France
  • Stéphane TRABUCHET, directeur commercial téléassistance chez ATTENTIVE
  • Xavier CORBIN, Silver Economy Business Developer

Animé par Pierre‑Marie CHAPON, président de DOMELIA Conseil, cet épisode met en lumière une transformation majeure : celle de la téléassistance. Longtemps cantonnée à un bouton d’alerte, elle entre aujourd’hui dans une nouvelle ère. Portée par les objets connectés, l’interopérabilité et des collaborations inédites entre industriels, elle suscite une réflexion : comment faire évoluer ces dispositifs pour qu’ils soient enfin adoptés avant l’accident – et non après ?

De la “cloche à vache” aux objets connectés : une révolution en marche

Le constat est sans appel. La téléassistance traditionnelle, trop stigmatisante, trop visible et trop associée à la dépendance, peine à séduire les nouvelles générations de seniors. Derrière cette évolution, trois dynamiques majeures : le vieillissement démographique, l’arrivée de seniors plus connectés, sans oublier le changement profond des usages depuis le Covid. Les “boomers” n’acceptent plus les dispositifs de leurs parents et préfèrent des outils du quotidien, discrets, utiles, presque désirables.

Henri Borie, responsable Marketing & Digitalisation chez ASSYSTEL

“La téléassistance dite « classique » avec le bouton et le boîtier a une image vieillissante”

Henri Borie, responsable Marketing & Digitalisation chez ASSYSTEL

Cette transformation est aussi liée à une bascule culturelle profonde : l’acceptation de la technologie comme alliée du bien vieillir. Là où les générations précédentes pouvaient percevoir ces dispositifs comme intrusifs ou anxiogènes, les nouveaux seniors les envisagent comme des extensions naturelles de leur mode de vie. À condition que les produits soient pensés dès le départ pour eux, et non adaptés a posteriori.

C’est précisément là que la bascule s’opère. Montres connectées, smartphones, capteurs intégrés… la téléassistance sort du domicile pour suivre la personne partout. Une mutation stratégique, assumée par les acteurs du secteur, qui cherchent désormais à intégrer la sécurité dans des objets déjà adoptés.

Travailler ensemble pour innover

Cette transformation ne peut se faire seule. Elle repose sur une logique d’écosystème, où grands groupes technologiques et spécialistes de la téléassistance apprennent à travailler ensemble.

Philippe Duchêne, directeur marketing B2B Mobile eXperience chez Samsung Electronics France

“L’usage, c’est le plus important pour nous”

Philippe Duchêne, directeur marketing B2B Mobile eXperience chez Samsung Electronics France

Un mot d’ordre : tester, adapter, intégrer. Les produits existent déjà. Parmi eux : smartphones, montres ou encore capteurs. Mais ces derniers doivent être repensés pour répondre aux exigences du maintien à domicile. L’enjeu n’est pas de réinventer, mais d’assembler intelligemment.

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Mais cette coopération ne va pas de soi. Elle implique de dépasser les logiques de silos, de partager des compétences, parfois même de revoir ses modèles économiques. Travailler entre un grand groupe structuré et des acteurs plus agiles impose de trouver un équilibre : rapidité d’exécution d’un côté, robustesse industrielle de l’autre. C’est dans cette tension que naissent les innovations les plus pertinentes, capables de répondre à des usages réels plutôt qu’à des promesses technologiques.

Olivier Bessières, directeur commercial chez Arkéa Care

“Plus la solution est technologique, moins la technologie doit se voir”

Olivier Bessieres, directeur commercial chez Arkéa Care

Une approche qui se traduit concrètement par l’intégration de services multiples — information, communication, sécurité — dans un même environnement, avec une promesse forte : simplifier l’usage sans sacrifier la performance.

Un marché de niche… mais un enjeu de société

Avec environ 700 000 utilisateurs en France, la téléassistance reste encore marginale. Un paradoxe, alors même que les besoins explosent. Dans ce contexte, la coopération devient presque une obligation. Concurrents sur certains segments, partenaires sur d’autres, les acteurs avancent ensemble pour structurer un marché encore fragile.

Stéphane Trabuchet, directeur commercial téléassistance chez ATTENTIVE

“On est obligé de mettre des spécificités qui doivent répondre très précisément aux besoins de ce marché”

Stéphane Trabuchet, directeur commercial téléassistance chez ATTENTIVE

Ce caractère de niche s’explique aussi par un manque de lisibilité pour le grand public. Entre les différentes offres, les niveaux de service, les technologies embarquées, il reste difficile pour les familles de s’y retrouver. À cela s’ajoute un déficit de pédagogie et de communication, qui freine l’adoption. Pourtant, derrière ce marché encore limité se joue un enjeu majeur : celui du maintien à domicile, de la prévention des risques et, plus largement, de la soutenabilité de notre système de santé.

Résultat : l’équipement intervient trop tard, souvent après une chute ou un incident. Tout l’enjeu est donc d’anticiper, en rendant ces dispositifs acceptables – voire attractifs – bien en amont.

Vers une téléassistance invisible, prédictive et intégrée

La prochaine étape est déjà en marche. Elle s’appuie sur trois piliers : l’invisibilité, la prévention et l’intelligence artificielle. Henri Borie résume cette ambition d’une formule frappante : “la plus belle téléassistance, c’est celle qui ne se voit pas”. Demain, les dispositifs ne seront plus perçus comme des outils d’urgence, mais comme des compagnons du quotidien. Capables d’analyser des données en continu, de détecter des signaux faibles, voire d’anticiper les risques.

Cette évolution ouvre aussi la voie à une médecine plus proactive, centrée sur l’individu. En croisant les données d’activité, de santé et d’environnement, les solutions de téléassistance pourraient devenir de véritables outils de prévention personnalisée. Encore faut-il lever certains verrous, notamment autour du partage des données, de leur sécurisation et de leur exploitation éthique.

Xavier Corbin, Silver Economy Business Developer

“Nous ne sommes pas loin d’être en mesure de voir le moment au cours duquel la chute va arriver”

Xavier Corbin, Silver Economy Business Developer

Une perspective rendue possible par la combinaison des capteurs, des données comportementales et de l’intelligence artificielle. À condition, bien sûr, de relever un défi majeur : le partage et la gestion des données de santé.

Plus aucun doute, donc : la téléassistance doit innover pour rester pertinente. Elle doit se faire plus discrète, plus intelligente, plus humaine aussi. Une certitude demeure : la technologie ne remplacera jamais totalement la relation humaine. Mais elle peut, enfin, la renforcer.

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