Alors que le SMIC sera revalorisé de +2,41 % au 1er juin 2026, la Fédération Française des Services à la Personne et de Proximité demande une révision immédiate de l’arrêté encadrant les prix des services autonomie à domicile. En ligne de mire : un modèle économique qu’elle juge à bout de souffle, dans un contexte d’inflation persistante et de multiplication des charges réglementaires.

- La Fédésap demande une révision urgente des tarifs des services autonomie à domicile après la hausse du SMIC de +2,41 % au 1er juin 2026.
- Carburants, prévoyance obligatoire, inflation réglementaire : les structures du domicile dénoncent une explosion des charges impossible à absorber.
- Le plafond d’augmentation des prix fixé à 2 % pour 2026 est jugé insuffisant et menace, selon la fédération, la continuité de l’accompagnement à domicile.

Une hausse du SMIC saluée… mais impossible à absorber
Comment absorber de nouvelles hausses de charges avec des tarifs bloqués ? La question est désormais posée frontalement par la Fédésap, qui le rappelle d’emblée : la revalorisation du SMIC constitue une mesure indispensable pour soutenir le pouvoir d’achat et reconnaître les métiers du domicile. Un point particulièrement sensible dans un secteur confronté depuis plusieurs années à des difficultés massives de recrutement et de fidélisation.
Mais derrière cette augmentation de +2,41 % au 1er juin, les acteurs du domicile dénoncent une équation devenue impossible à résoudre. Car si les salaires augmentent mécaniquement, les structures, elles, ne disposent d’aucune marge pour ajuster leurs tarifs. Résultat : les coûts explosent pendant que les recettes restent contraintes par des plafonds administratifs.
Pour la fédération, cette déconnexion entre réalité économique et encadrement tarifaire menace désormais directement la viabilité des services d’aide et d’accompagnement à domicile.
Carburants, prévoyance, normes : la pression financière s’accumule
Au-delà du SMIC, la Fédésap liste une série de charges supplémentaires venues fragiliser encore davantage les structures du secteur. Première d’entre elles : la hausse continue des prix des carburants, particulièrement pénalisante pour des professionnels dont l’activité repose sur les déplacements quotidiens au domicile des bénéficiaires.
La fédération pointe également la remise en cause des exonérations pour les particuliers de plus de 70 ans. Une évolution qui génère à la fois un surcoût financier et une charge administrative supplémentaire pour les opérateurs.
Autres facteurs de tension : l’entrée en vigueur, au 1er mai 2026, de la prévoyance obligatoire, qui alourdit directement les charges salariales, ainsi qu’une inflation réglementaire continue. Évaluations HAS, garantie financière AICI, nouvelles obligations de conformité… autant de dispositifs qui s’ajoutent à des équilibres économiques déjà extrêmement fragiles.
Un arrêté jugé déconnecté de la réalité économique
Dans ce contexte, la Fédésap demande la révision immédiate de l’arrêté relatif à l’augmentation des prix des prestations des services autonomie à domicile. Publié le 23 décembre 2025, ce texte fixe à seulement 2 % le taux maximal d’évolution des prix pour l’année 2026 par rapport à l’année précédente.
L’arrêté, entré en vigueur le 1er janvier 2026, s’applique aux services autonomie à domicile non habilités à intervenir auprès des bénéficiaires de l’aide sociale mentionnés à l’article L.347-1 du Code de l’action sociale et des familles. Le gouvernement justifie ce plafond par la prise en compte de l’évolution des charges ainsi que, à titre exceptionnel, des coûts liés à la réforme des services autonomie à domicile.
Pour la Fédésap, ce niveau reste toutefois largement insuffisant face à l’explosion réelle des dépenses. La fédération réclame donc une indexation mécanique des tarifs sur l’évolution du SMIC, mais aussi un mécanisme de contemporanéité entre la hausse du tarif national socle APA/PCH et la revalorisation annuelle de la majoration pour tierce personne (MTP). Faute de réponse rapide, elle estime que “la soutenabilité des structures et la continuité de l’accompagnement à domicile” sont désormais directement menacées.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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