La prévention de la santé cognitive devient un enjeu prioritaire de santé publique. Grâce à l’analyse de plus de 5 000 publications scientifiques, la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) et l’Union des Gérontopôles de France ont identifié des interventions efficaces chez les personnes de plus de 60 ans autonomes à domicile, et formulé des recommandations destinées aux décideurs, acteurs territoriaux et professionnels de la prévention. Explications.

- La prévention de la santé cognitive constitue un enjeu majeur de santé publique, alors que 1,4 million de Français vivent avec une maladie d’Alzheimer ou apparentée.
- La CNSA et l’Union des Gérontopôles de France ont analysé plus de 5 000 publications scientifiques pour identifier les interventions réellement efficaces après 60 ans.
- Les recommandations issues de ce travail ciblent les personnes autonomes vivant à domicile et s’adressent aux décideurs publics, acteurs territoriaux et professionnels de la prévention.
- Les leviers les plus efficaces reposent sur le mode de vie : activité physique, stimulation cognitive et conseils nutritionnels.
- Les approches combinées et collectives apparaissent comme les plus prometteuses pour prévenir le déclin cognitif, maintenir l’autonomie et renforcer les liens sociaux.


Prévention de la santé cognitive : un enjeu majeur de santé publique
Près d’1,4 million de français vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une pathologie apparentée. Chaque année, près de 200 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Face à cette progression, la prévention de la santé cognitive s’impose comme un enjeu prioritaire de santé publique. Prévenir l’apparition des troubles cognitifs et préserver l’autonomie est désormais impératif pour accompagner le vieillissement de la population dans de bonnes conditions.
Le Centre de ressources et de preuves de la CNSA, en partenariat avec l’Union des Gérontopôles de France, a conduit une analyse approfondie de la littérature scientifique internationale. Plus de 5 000 publications parues depuis 2005 ont été examinées, dont 39 méta-analyses sélectionnées pour leur robustesse méthodologique. Ce travail a permis l’élaboration de recommandations gradées, validées par un comité d’experts, afin d’identifier les interventions réellement efficaces chez les personnes de plus de 60 ans autonomes vivant à domicile. Destinées notamment aux décideurs publics, acteurs territoriaux et professionnels de la prévention, ces recommandations encouragent la mise en œuvre d’actions collectives structurées. L’objectif : prévenir le déclin cognitif tout en préservant l’autonomie sur le long terme.
Cinq conseils clés préconisés
Les données scientifiques convergent : les interventions fondées sur le mode de vie constituent un levier efficace pour améliorer les fonctions cognitives globales et prévenir l’apparition de troubles cognitifs chez les personnes âgées. Activité physique, stimulation cognitive et nutrition apparaissent comme des piliers complémentaires, particulièrement pertinents lorsqu’ils sont intégrés dans des actions collectives structurées.
L’activité physique joue un rôle central. Les études montrent des effets positifs modérés mais significatifs sur la santé cognitive des personnes de plus de 60 ans, à condition de privilégier des activités d’intensité modérée à élevée, de type aérobie et renforcement musculaire, idéalement combinées. Danse, arts martiaux doux ou exercices inspirés de la médecine traditionnelle chinoise figurent parmi les pratiques les plus étudiées, sans exclure l’efficacité d’autres disciplines. Les recommandations convergent vers un volume de 3 à 5 heures par semaine, sur une durée minimale de 12 semaines, avec un encadrement assuré par des professionnels formés et une complémentarité entre séances encadrées et pratique en autonomie. La seule lutte contre la sédentarité ne suffit pas.

La stimulation cognitive constitue un autre levier clé : les méta-analyses mettent en évidence des améliorations modestes mais significatives des fonctions cognitives grâce à des interventions adaptées. Ateliers collectifs, jeux de société, exercices de réminiscence ou programmes numériques peuvent être mobilisés, à condition de proposer des contenus variés, progressifs et personnalisés. Là encore, une durée minimale de 12 semaines est recommandée, avec une articulation entre séances encadrées et exercices réalisés à domicile. La conception de ces programmes doit s’appuyer sur l’expertise de professionnels de santé spécialisés dans les troubles cognitifs.
Les conseils nutritionnels complètent cette approche globale. En favorisant l’adoption de comportements alimentaires bénéfiques à la santé, ils participent à la prévention de la perte d’autonomie et soutiennent les fonctions cognitives, en cohérence avec les recommandations existantes.
Enfin, les travaux soulignent l’intérêt de combiner les interventions pour renforcer leur efficacité. Les programmes associant activité physique et stimulation cognitive, éventuellement complétés par des conseils nutritionnels et la surveillance des facteurs de risque vasculaire, apparaissent comme les plus prometteurs. Une approche multimodale qui s’inscrit pleinement dans les enjeux actuels du bien vieillir.
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