L’âge, c’est dans la tête : le Pr Bertrand Fougère démonte les idées reçues sur le vieillissement dans son nouveau livre

Vieillir n’est ni une fatalité ni un déclin. Dans L’âge, c’est dans la tête, le gériatre Bertrand Fougère propose une lecture scientifique, accessible et décomplexée du vieillissement. Sommeil, mémoire, sexualité, activité physique, santé mentale : huit thématiques pour reprendre la main. Un plaidoyer pour l’adaptation plutôt que la résignation.

  • Dans L’âge, c’est dans la tête, le Pr Bertrand Fougère affirme que vieillir n’est ni une maladie ni un déclin, mais une capacité d’adaptation qui se travaille dès le plus jeune âge.
  • S’appuyant sur les recherches scientifiques et le « paradoxe du bien-être » mis en lumière notamment par Olivier de Ladoucette, l’ouvrage montre que le moral et la régulation émotionnelle peuvent s’améliorer avec l’âge.
  • Le livre démonte méthodiquement les idées reçues sur la mémoire, la sexualité, le sport ou la prise de poids, en rappelant que l’inactivité et les habitudes figées sont plus délétères que l’âge lui-même.
  • Publié aux Éditions Vuibert, l’ouvrage s’inscrit dans la continuité de l’engagement pédagogique du Pr Fougère, que l’on retrouve chaque lundi dans les « Hebdos du Viellissement », pour promouvoir une vision moderne et dédramatisée du vieillissement.

Vieillir n’est pas décliner, c’est s’adapter

Le vieillissement reste prisonnier d’un imaginaire négatif : fatigue, perte, solitude, renoncement. Le Pr Bertrand Fougère prend ces clichés à rebours. Son message est frontal : l’âge n’est pas une maladie. Ce qui fait la différence, ce ne sont pas les années, mais la capacité d’adaptation.

Professeur de gériatrie au CHU de Tours, chroniqueur et spécialiste reconnu de la prévention de la perte d’autonomie, il défend une approche globale et moderne. Vieillir suppose de rester en mouvement : ajuster ses habitudes, cultiver des projets, entretenir ses liens. Il ne s’agit pas de lutter contre le temps, mais de l’apprivoiser.

bertrand fougère

« C’est aussi un privilège : avoir du temps devant soi, du recul derrière soi, et une infinité de possibles autour de soi. Alors, plutôt que de chercher à rester éternellement jeune, cherchons à rester vivants, authentiques, pleinement nous-mêmes à tous les âges. Parce que la véritable réussite n’est pas de repousser le vieillissement, mais de grandir avec lui. »

Bertrand Fougère, professeur de gériatrie et auteur

Le paradoxe du bien-être : plus heureux à 65 ans ?

Contrairement aux idées reçues, le bien-être ne décline pas mécaniquement avec l’âge. Le rapport d’Olivier de Ladoucette évoque même un pic de satisfaction autour de 65 ans. Un « paradoxe du bien-être » qui bouscule les représentations collectives.

Les recherches en psychologie et en neurosciences confirment cette dynamique : avec les années, la régulation émotionnelle s’améliore. On relativise davantage, on dit non plus facilement, on distingue l’essentiel du superflu. Moins de dispersion, plus de cohérence. Le vieillissement n’efface pas le désir de progression. Il le redéfinit.

Dans la préface, Antoine de Caunes apporte un éclairage personnel, à la fois lucide et ironique, sur cette traversée du temps : « Vieillir, c’est partir à la découverte d’une nouvelle aventure, la dernière, de toute évidence, et une aventure différente des autres en ce sens qu’elle s’est enrichie de toutes celles qui l’ont précédée. On gagne en émotion ce que l’on a perdu en illusions. »

PRÉFACE D’ANTOINE DE CAUNES (extrait) :

On peut, si l’on n’y prend garde, commencer à être vieux très jeune, alors que l’inverse est plus improbable. Je sais, c’est facile à dire. Mais aux précieux conseils du bon docteur qui nous enjoint à préparer le terrain avant d’aborder les rivages de la vieillesse, je me permettrai, en tant qu’expert, d’ajouter cette recommandation personnelle, dont, du haut de mes soixante douze balais (et quelques poussières), je vérifie chaque jour le fondement, même si j’ai perdu cette souplesse qui me permettait d’aller parfois vérifier l’état du mien : vieillir, c’est partir à la découverte d’une nouvelle aventure, la dernière, de toute évidence, et une aventure différente des autres en ce sens qu’elle s’est enrichie de toutes celles qui l’ont précédée. On gagne en émotion ce que l’on a perdu en illusions. Le cap est mis sur la dernière destination et il faut regarder de l’avant sans se laisser submerger par le passé, et son corollaire, la nostalgie. C’est gluant la nostalgie. Ça vous empêche de voir ce que la vie a de merveilleux, et qu’il nous faudra quitter un jour sans amertume ni regret, fort de l’idée qu’elle ne nous appartient pas, qu’elle ne nous a été offerte que le temps d’une traversée. Un bon vin se bonifie avec l’âge. Un bon homme doit faire de même.

Les idées reçues vieillissent mal

« Avec l’âge, on perd des neurones. » Faux. « Le sport, ce n’est plus de mon âge. » Faux. « La sexualité disparaît. » Faux encore. Le livre démonte méthodiquement ces croyances persistantes.

On continue de produire des neurones jusqu’à un âge avancé. L’activité physique reste l’un des leviers majeurs pour préserver l’équilibre, la masse musculaire, la mémoire et l’humeur. La sexualité évolue : moins de performance, plus de connaissance de soi et de liberté. Quant au poids, il reflète davantage un décalage entre un corps qui change et des habitudes figées qu’une fatalité biologique.

Publié aux Éditions Vuibert et disponible en librairie dès le 12 mars, L’âge, c’est dans la tête s’adresse à celles et ceux qui refusent de subir le temps. Le constat est clair : on ne s’arrête pas parce qu’on vieillit. On vieillit quand on s’arrête.

Retrouvez chaque lundi les Hebdos du Vieillissement du Pr. Bertrand Fougère sur SilverEco.fr

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