[PODCAST] Quand le monde de la recherche s’investit pour le bien-vieillir

AUTRES ACTUS ET INFORMATIONS SUR : INNOVATION

Alors que le vieillissement de la population devient un enjeu majeur à échelle mondiale, le bien-vieillir ne peut se construire sans la recherche. À l’occasion du Festival international SilverEco Bien-Vieillir au Palais des Festivals de Cannes, l’Université européenne Ulysseus et son Innovation Hub Aging and Wellbeing ont présenté des initiatives concrètes mêlant données de santé, coordination et technologies intelligentes. Rencontre avec les acteurs qui font bouger le bien-vieillir.

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« Quand le monde de la recherche s’investit pour le bien-vieillir » – échanges experts avec la participation de :

  • Francine BASTIMENT, responsable de projet et coordinatrice du Living Lab by Ulysseus à l’Université Côte d’Azur
  • Dr Sarah FILALI, doctoresse en Médecine à Grasse et représentante d’une Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS)
  • Dr Samir OUMATA, président fondateur du Groupe Vieillir au Mieux
  • Jonathan DAEDEN, co-fondateur de Skribi, start-up spécialisée dans la mémoire et le patrimoine personnel assistés par intelligence artificielle

Cet épisode, présenté par Lola MILLET, chargée de communication et vidéaste pour la Faculté de Médecine de l’Université Côte d’Azur, explorent comment données, coordination et technologies peuvent transformer le parcours de vie des seniors, de la prévention à l’accompagnement à domicile.

Les données de santé comme levier stratégique du bien-vieillir

Au cœur de la démarche portée par l’Université Côte d’Azur et l’Innovation Hub Aging and Wellbeing, l’entrepôt de données de santé P4DP marque une étape structurante. Financé dans le cadre de France 2030, ce dispositif collecte les données issues de milliers de médecins généralistes volontaires, avec un cadre sécurisé, conforme au RGPD et validé par les autorités compétentes. Avec, pour principal objectif, de transformer la donnée brute en outil d’aide à la décision.

Ces données, une fois pseudonymisées et analysées, permettent de dégager des indicateurs précieux : suivi des traitements, repérage des ruptures de parcours, identification des fragilités. Elles ouvrent également des perspectives importantes pour la recherche épidémiologique et l’amélioration des pratiques en soins primaires.

Francine BASTIMENT, Responsable de projet et Coordinatrice du Living Lab by Ulysseus

« Une fois les données pseudonymisées et traitées, elles vont pouvoir parler pour améliorer le soin primaire et permettre le bien-vieillir et le bien-être sur tout le territoire. »

Francine Bastiment, Responsable de projet et Coordinatrice du Living Lab by Ulysseus

En restituant des tableaux de bord aux médecins et aux agences régionales de santé, le dispositif ne se limite pas à une logique scientifique : il devient un outil opérationnel au service de la coordination territoriale et de la prévention.

Coordination territoriale : structurer pour mieux prévenir

Les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) représentent elles aussi un maillon essentiel de cette dynamique. Leur mission : relier les professionnels de santé, les acteurs médico-sociaux et les structures associatives pour fluidifier les parcours et réduire les inégalités d’accès aux soins.

Sur le terrain, les problématiques sont multiples : isolement, précarité, manque de professionnels de santé, difficultés d’accès aux outils numériques. Dans certains quartiers prioritaires, les personnes âgées vivent seules, avec peu de moyens de transport ou d’accompagnement. La coordination devient alors un levier majeur d’efficience.

Dr Sarah Filali, Doctoresse en Médecine à Grasse

« On met en lien les acteurs du territoire en santé, du secteur social et médico-social pour fluidifier les parcours et répondre aux besoins spécifiques, notamment des personnes âgées isolées. »

Dr Sarah Filali, Doctoresse en Médecine à Grasse

Au-delà du soin curatif, l’enjeu est celui du repérage précoce de la fragilité : perte de poids, sédentarité, polymédication, isolement social. Pharmaciens, kinésithérapeutes, diététiciens, associations locales deviennent des sentinelles du bien-vieillir, capables d’orienter avant que la situation ne se dégrade.

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L’innovation technologique au service de l’humain

L’innovation ne se limite pas aux bases de données médicales. Elle investit également la sphère personnelle et émotionnelle. Avec Skribi, Jonathan Daeden propose un outil d’intelligence artificielle capable d’accompagner les seniors dans la transmission de leurs souvenirs.

Jonathan Daeden, Co-fondateur de Skribi

« L’avantage de l’intelligence artificielle, c’est une patience infinie : elle s’adapte au rythme de chacun et permet de sauvegarder des souvenirs qui peuvent ensuite être partagés. »

Jonathan Daeden, Co-fondateur de Skribi

Grâce à une interface simple et adaptable, la technologie permet de converser librement, sans questionnaire rigide. L’IA agit comme un facilitateur, aidant à structurer les récits de vie qui peuvent ensuite être transformés en livre imprimé ou en audiobook. Une manière de préserver la mémoire individuelle tout en renforçant le lien intergénérationnel.

Dans une autre approche, le Dr Samir Oumata développe avec son groupe une solution intégrant les aides à domicile au cœur du système d’alerte et de coordination. En valorisant leur rôle d’observation quotidienne, il transforme ces professionnels en véritables capteurs humains de fragilité.

Les territoires de demain : connectés, préventifs et profondément humains

Tous les intervenants partagent une vision commune : les territoires du futur seront plus connectés, mais pas déshumanisés. La technologie doit soutenir l’humain, pas le remplacer. Capteurs, domotique, plateformes interopérables permettront une remontée d’informations en temps réel.

Dr Samir Oumata, Président Fondateur du Groupe Vieillir au Mieux

« La première personne qui arrive chez nous, c’est l’aide à domicile. Elle observe, elle détecte des signaux, et grâce à notre application, ces informations sont transmises pour une coordination efficace entre tous les acteurs de soins. »

Dr Samir Oumata, Président Fondateur du Groupe Vieillir au Mieux

L’enjeu est également organisationnel : les médecins doivent pouvoir disposer du temps nécessaire pour analyser les données et agir efficacement. Une meilleure répartition des tâches et une optimisation des parcours pourraient redonner du temps médical au service des patients.

Au-delà des outils, le bien-vieillir repose sur trois piliers fondamentaux rappelés lors de cette table ronde : maintenir une activité intellectuelle, préserver le lien social et encourager une activité physique adaptée. Car si la donnée, la coordination et l’innovation sont essentielles, elles ne prennent tout leur sens qu’au service d’une ambition plus large : permettre à chacun de vieillir dignement, chez soi, entouré et acteur de sa propre trajectoire de vie.

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