Seniors et emploi : progression, précarité, transitions… ce que révèle vraiment l’étude 2024 de l’Agirc-Arrco

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L’Agirc-Arrco publie une nouvelle étude dédiée à la situation des assurés seniors cotisants à l’Agirc-Arrco en 2024. Une étude synthétique qui met en lumière la part croissante des seniors (cotisants de 55 ans et plus) dans la population salariée du secteur privé, le recours accru au temps partiel ou encore le pic d’exposition au chômage à 62 ans. Tour d’horizon.

Des seniors toujours plus nombreux en emploi

La dynamique est nette. En 2024, 4,2 millions de seniors cotisent à Agirc-Arrco. Une progression de près de 20 % en cinq ans. Le phénomène n’a rien d’anecdotique : il traduit une transformation structurelle du marché du travail. La part des 55 ans et plus atteint désormais 16,4 % des cotisants. Un chiffre en hausse continue, porté à la fois par les réformes des retraites et par l’allongement des carrières. Travailler plus longtemps n’est plus une exception, c’est devenu la norme.

Derrière cette progression, plusieurs réalités se superposent. Le maintien en emploi des seniors progresse, certes, mais dans des formes plus fragmentées. Les trajectoires deviennent moins linéaires, plus étirées, parfois contraintes.

Autre signal fort : entre 55 et 60 ans, l’emploi reste largement dominant. Mais à l’approche des âges de départ, les situations se diversifient. Chômage, cumul emploi-retraite, retraite progressive : la fin de carrière se complexifie.

Un rapport au travail qui bascule en fin de carrière

Ce que montre l’étude, c’est moins une simple hausse qu’un changement de modèle. Les seniors ne travaillent pas seulement plus longtemps : ils travaillent autrement. Ils occupent en moyenne moins de postes dans l’année que les autres actifs : moins de mobilité, moins de changements d’employeur. Le marché du travail ralentit avec l’âge, et la stabilité devient la règle.

Agirc-Arrco seniors et emploi
Agirc-Arrco seniors et emploi

Ce recul de la mobilité s’accompagne d’une baisse de la pluriactivité. Les seniors cumulent moins d’emplois simultanément. Là où les plus jeunes multiplient les expériences, les plus âgés s’ancrent dans une trajectoire plus fixe. En clair : la présence en emploi des seniors augmente, mais le mouvement diminue. Une forme de sécurisation… ou de verrouillage, selon les situations.

Temps partiel et transitions : une fin de carrière à géométrie variable

Autre tendance lourde : le recours au temps partiel. Un senior sur quatre est concerné. Une proportion nettement supérieure à celle des 25-54 ans. La réalité est encore plus marquée pour les femmes. Plus d’un tiers des salariées seniors travaillent à temps partiel. Une donnée qui renvoie à des choix, mais aussi à des contraintes persistantes.

Avec l’âge, la quotité de travail diminue nettement :

  • 19 % de temps partiel entre 55 et 59 ans
  • 27 % entre 60 et 64 ans
  • près d’un sur deux après 65 ans

Le travail se réduit progressivement, souvent en lien avec les dispositifs de transition vers la retraite. Le cumul emploi-retraite et la retraite progressive montent en puissance, surtout après 64 ans. Ces dispositifs redessinent ainsi la fin de carrière et permettent aux serniors de rester actif, tout en conservant un rythme allégé. Une transition plus souple… mais pas toujours choisie.

Les chiffres clés à retenir

  • 4,2 millions de seniors (55 ans et plus) cotisent à l’Agirc-Arrco en 2024
  • Les seniors représentent 16,4 % des cotisants du secteur privé
  • +675 000 seniors cotisants en 5 ans, soit une hausse de près de 20 %
  • 1 senior sur 4 travaille à temps partiel, avec une forte progression après 60 ans
  • 62 ans : l’âge où le chômage des seniors atteint son niveau le plus élevé

À 62 ans, un point de bascule toujours visible

C’est un point saillant de l’étude : le pic de chômage à 62 ans. À cet âge, la part des seniors uniquement au chômage atteint son maximum. Ce phénomène s’explique par les règles d’indemnisation : l’ouverture des droits à la retraite met fin aux allocations chômage. Un pic qui tend à s’atténuer, le recul de l’âge légal de départ repoussant progressivement cette zone de tension. Résultat : un système qui se décale, sans disparaître complètement. En 2019, cette situation concernait 20 % des assurés seniors, contre 15 % en 2024.

Plus largement, le risque de rupture de contrat reste limité chez les seniors. Moins de démissions, peu de licenciements économiques. Mais une légère hausse des ruptures conventionnelles à l’approche de la retraite. Au fond, la fin de carrière reste une zone d’équilibre instable. Entre maintien en emploi, sortie progressive et risques de rupture, les parcours restent profondément inégaux.

Retrouvez l’intégralité de l’étude de l’Agirc-Arrco sur les seniors et l’emploi

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