Alors que le débat sur les retraites revient au cœur de l’actualité, la question des anciens contrats TUC reste largement ignorée. Entre 1984 et 1990, près de 1,5 million de jeunes ont travaillé dans ce dispositif d’insertion, sans que ces périodes ne soient pleinement reconnues dans le calcul de leurs droits à la retraite.

- Près de 1,5 million de Français ont travaillé en TUC entre 1984 et 1990.
- Les périodes TUC ne sont toujours pas reconnues comme trimestres cotisés.
- Résultat : de nombreux anciens bénéficiaires doivent repousser leur départ à la retraite.
- La réforme de 2023 n’a apporté qu’une reconnaissance partielle des TUC.
- L’association TUC, les oubliés de la retraite réclame une correction de cette inégalité.

TUC : un dispositif d’insertion devenu angle mort des retraites
Quand les acronymes administratifs cachent une réalité très concrète. Des centaines de milliers de Français découvrent, parfois au moment de liquider leurs droits, que leurs années de travail en Travaux d’Utilité Collective ne sont pas reconnues comme trimestres cotisés. Une anomalie qui pèse directement sur l’âge de départ et le montant des pensions. Créés pour favoriser l’insertion des jeunes dans les années 1980, les TUC répondaient à une logique d’intérêt général et de soutien à l’emploi. Pourtant, ces périodes restent aujourd’hui exclues du dispositif carrière longue, contrairement à d’autres périodes comme le chômage indemnisé, partiellement assimilé.
La réforme des retraites de 2023 a bien permis une avancée : les TUC sont désormais pris en compte comme trimestres assimilés. Mais la nuance est de taille : ils ne sont toujours pas considérés comme des trimestres cotisés, condition indispensable pour accéder à certains départs anticipés. Conséquence directe : des milliers d’anciens bénéficiaires se retrouvent avec un déficit de trimestres, contraints soit de prolonger leur activité professionnelle, soit d’accepter une décote durable sur leur pension.
Une mobilisation qui monte pour corriger une injustice structurelle
Face à ce constat, la mobilisation s’organise. L’association TUC, les oubliés de la retraite porte la revendication d’une reconnaissance pleine et entière des trimestres TUC dans le calcul des droits à la retraite. Autour de porte-paroles engagés et de bénévoles répartis sur tout le territoire, le collectif structure progressivement son action et entend bien corriger une distorsion qui impacte directement la qualité de vie des futurs retraités concernés.
La dynamique citoyenne prend de l’ampleur. Le groupe de soutien réunit désormais plus de 10 000 membres, illustrant l’ampleur d’un sujet longtemps resté invisible dans le débat public. Derrière chaque adhérent, une trajectoire professionnelle marquée par un début de carrière précoce… mais partiellement effacée dans les droits à pension. L’association appelle désormais les pouvoirs publics à « rouvrir le débat public et institutionnel sur la pleine reconnaissance des trimestres TUC », dans « un esprit constructif ».
Cet article a été publié par la Rédaction le
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