La santé mentale est désormais une cause nationale pour 2025 et 2026, mais elle demeure encore largement invisibilisée chez les personnes âgées. Dans son cinquième roman, Le Parfum des frangipaniers en fleurs, la psychologue clinicienne Orane Dupont s’empare de cette réalité à travers une fiction profondément inspirée de l’histoire de sa grand-mère, décédée quelques semaines avant la publication de l’ouvrage. Entre hommage familial et plaidoyer contre l’isolement, l’autrice invite à porter un autre regard sur le mal-être des seniors.

- Le cinquième roman d’Orane Dupont met en lumière la santé mentale des seniors et des jeunes actifs à travers une fiction inspirée de son histoire familiale.
- L’ouvrage rend hommage à la grand-mère de l’autrice, décédée peu avant sa publication, après une période de mal-être en EHPAD.
- Psychologue clinicienne, Orane Dupont souhaite sensibiliser aux conséquences de l’isolement et de la dépression chez les personnes âgées.
- Le récit invite à porter un regard plus attentif sur la souffrance psychique, quel que soit l’âge des personnes concernées.
- À travers ce roman, l’autrice encourage chacun à préserver les liens avec ses proches et à ne pas banaliser le mal-être.
Quand la fiction met en lumière la souffrance psychique des personnes âgées
Si la santé mentale occupe désormais une place centrale dans le débat public, les difficultés psychologiques rencontrées par les personnes âgées restent encore largement méconnues. Pourtant, selon le ministère de la Santé, près de 14 % des personnes de plus de 60 ans vivent avec un trouble psychique, une proportion qui grimpe à 56 % chez les seniors vivant en établissement, d’après la DREES. Isolement, perte d’autonomie, deuils successifs ou entrée en EHPAD constituent autant de facteurs susceptibles de fragiliser leur équilibre psychologique.

C’est dans ce contexte qu’Orane Dupont, psychologue clinicienne installée à Chassieu dans le Rhône, publie Le Parfum des frangipaniers en fleurs aux éditions Belles Feuilles (France Loisirs). Son cinquième roman aborde de front la santé mentale, en croisant les parcours d’une jeune femme et de sa grand-mère. À travers leurs blessures respectives, l’autrice met en parallèle les fragilités de la jeunesse et celles du grand âge, rappelant que la souffrance psychique ne connaît pas de génération.
Selon Orane Dupont, le mal-être des personnes âgées reste encore trop souvent minimisé. La psychologue affirme constater, au cours de sa pratique, que peu de seniors consultent malgré des situations parfois préoccupantes. Elle souligne également que les établissements accueillant des personnes âgées font face à des contraintes organisationnelles importantes, qui peuvent réduire le temps consacré à l’accompagnement humain des résidents.
Un hommage à une grand-mère devenu un appel à mieux écouter les aînés
L’origine du roman est profondément personnelle. Après avoir exercé en centre de rééducation puis en EHPAD avant son installation en libéral en 2021, Orane Dupont s’est retrouvée confrontée à la détresse de sa propre grand-mère, accueillie en établissement. Lorsque cette dernière lui aurait lancé « Emmène-moi », l’autrice explique avoir vécu ce moment comme un véritable appel au secours. Cette phrase est devenue le point de départ d’un projet d’écriture imaginé comme un voyage symbolique entre une grand-mère et sa petite-fille.
La disparition récente de sa grand-mère, avant même la publication du livre, confère aujourd’hui une dimension encore plus intime à l’ouvrage. « On ne profite jamais assez de nos proches et c’est quand il est trop tard que l’on s’en rend compte », confie Orane Dupont, qui explique avoir voulu transmettre, à travers cette histoire, un message d’amour autant qu’un témoignage sur les conséquences de l’isolement et de la dépression chez les personnes âgées.
Au fil de ses 464 pages, Le Parfum des frangipaniers en fleurs entraîne le lecteur entre la France et le Laos, mêlant voyage initiatique, transmission familiale et réflexion sur la santé mentale. Pour son autrice, le roman constitue avant tout une invitation à rester attentif aux signes de détresse, quel que soit l’âge. Orane Dupont rappelle que « le mal-être ne doit pas être banalisé » et estime que la dépression des seniors après une institutionnalisation est bien plus fréquente qu’on ne l’imagine. À travers cette œuvre, elle espère sensibiliser le grand public à une réalité encore trop souvent passée sous silence et encourager chacun à préserver les liens avec ses proches avant qu’il ne soit trop tard.
Cet article a été publié par la Rédaction le
Newsletter de la Silver Economie et du Bien-Vieillir :
L'essentiel du secteur à ne pas manquer !



