Résident malentendant en EHPAD : que faire quand l’appareil auditif ne suffit plus ?

AUTRES ACTUS ET INFORMATIONS SUR : AUDITION & MALAUDITION

À l’occasion de la Journée internationale des personnes âgées, le 1er octobre, une réalité trop peu visible mérite qu’on s’y arrête. En établissement, la plupart des résidents entendent mal, et beaucoup ne portent pas, ou plus, d’appareil auditif. Comment se faire comprendre d’une personne qui n’entend plus ? Une nouvelle solution existe. Vingt-huit professionnels de santé, dans quatorze établissements, ont participé à une enquête de satisfaction. Voici ce qu’ils en disent.

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  • L’appareillage auditif ne suffit pas lorsque le résident ne peut plus le manipuler, l’entretenir ou accepter de le porter.
  • Les troubles auditifs compliquent les soins, la communication et la participation à la vie sociale des résidents.
  • Une étude menée auprès de 28 soignants dans 14 établissements montre une amélioration nette des échanges avec Spokeo.
  • Le dispositif permet au soignant de porter le micro, sans réglage ni manipulation nécessaire pour le résident.
  • L’assistant d’écoute complète l’appareillage auditif et les bonnes pratiques, sans s’y substituer.
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Appareillé ne veut pas dire entendant

Les soignants connaissent ces situations par cœur. L’appareil auditif rangé dans la table de nuit, parce que le résident ne sait plus le mettre ou n’en veut plus. Les piles à plat que personne n’a eu le temps de changer. L’appareil perdu pendant une hospitalisation et jamais remplacé. La prothèse qui siffle depuis des mois, faute de rendez-vous chez l’audioprothésiste.

Rien de tout cela ne remet en cause l’aide auditive. Pour une personne autonome, elle reste la référence. Mais elle suppose quelqu’un capable de la manipuler, de l’entretenir et d’accepter de la porter. Quand les troubles cognitifs progressent et que l’autonomie recule, ces trois conditions s’effacent l’une après l’autre. Une part importante des résidents se retrouve alors hors du parcours d’appareillage, sans solution.

Raphaël Zakine, Co-fondateur myspokeo.com

« Dans les établissements que nous visitons, la question n’est presque jamais « ce résident est-il appareillé ? », mais « ce résident entend-il ce qu’on lui dit, maintenant, pendant ce soin ? ». Ce sont deux questions différentes ».

Raphaël Zakine, Co-fondateur myspokeo.com

Les conséquences ne se limitent pas au confort. Un résident qui ne comprend pas ce qu’on lui explique ne peut pas consentir à un soin. Une consigne mal entendue devient un risque de chute. Une toilette ou un pansement s’éternisent parce qu’il faut répéter, hausser la voix, parfois renoncer. Et peu à peu, la personne qui n’entend plus se retire des conversations, des animations, des visites.

Vingt-huit soignants, quatorze établissements : le verdict du terrain

Pour mesurer ce que change une solution de communication assistée dans ces situations, Spokeo recueille depuis fin 2025 l’avis des professionnels qui l’utilisent. Premier bilan, sur vingt-huit soignants répartis dans quatorze établissements : des EHPAD de plusieurs groupes, un centre hospitalier, une clinique et une structure de soins à domicile. Aides-soignants, infirmiers, IDEC, psychologues, médecins ORL, cadre de santé, directrice : toute la chaîne du soin est représentée.

Sur la communication, le résultat est net. 93 % des professionnels affirment sans réserve que le dispositif Spokeo simplifie les échanges avec une personne malentendante. 86 % constatent une meilleure compréhension des patients dans leur parcours de soins. 82 % le jugent utile dans leur pratique quotidienne. Et 96% le recommanderaient à d’autres professionnels de santé.

Même les deux critères les moins unanimes restent largement positifs. Sur la rapidité de la prise en charge du patient, 89 % des professionnels voient un progrès, 71 % un progrès net. Sur le bénéfice ressenti par les patients eux-mêmes, 96 % des soignants l’observent, et 71 % le jugent marqué. Ces résultats rejoignent ceux d’une évaluation menée séparément par le groupe Emera, avant un déploiement sur l’ensemble de ses 45 sites francophones : 100 % des équipes souhaitaient poursuivre, avec 95 % de satisfaction générale.

Équiper le soignant plutôt que le résident

Ce que ces professionnels ont évalué repose sur un principe simple : ne plus faire porter l’effort sur le résident, mais sur la conversation elle-même. Le soignant, le médecin ou le proche porte un micro. Un casque à bi-conduction, aérienne et osseuse, est posé sur le résident le temps de l’échange. Pas de réglage, pas de prescription, rien à manipuler pour la personne. Le même dispositif passe d’un résident à l’autre dans la journée et se désinfecte à la lingette entre deux usages.

Ce n’est pas un substitut à l’aide auditive pour ceux qui peuvent en porter une. C’est une réponse pour les autres : ceux qui n’en ont pas, qui n’en veulent plus, qui ne peuvent plus la manipuler, ou qui l’ont perdue.

Et ça ne dispense de rien. Dépistage à l’entrée, suivi audioprothétique pour les résidents appareillables, formation des équipes aux gestes de base (se placer face à la personne, articuler, réduire le bruit ambiant) restent les fondamentaux. Le dispositif intervient là où ces fondamentaux ne suffisent plus.

Ce qu’un établissement peut en retenir

La Journée internationale des personnes âgées rappelle chaque année que bien vieillir, c’est rester en relation. Pour un résident qui n’entend plus, cette relation tient à une question très simple : est-ce qu’on s’est compris ?

Trois choses à retenir. L’appareillage individuel reste la priorité pour ceux qui peuvent en bénéficier, à condition d’être suivi comme n’importe quel dispositif de soin. Pour les résidents sortis du parcours classique, et ils sont de plus en plus nombreux, des solutions alternatives comme les assistants d’écoute, existent, simples, sans rien exiger de la personne. Et ce que les équipes attendent d’abord, c’est d’être comprises du premier coup.

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