[Hebdo du Vieillissement] Faut-il coller un « S » sur les seniors ?

AUTRES ACTUS ET INFORMATIONS SUR : FAITS DE SOCIETE

La rumeur d’un macaron « S » obligatoire pour les conducteurs âgés a relancé le débat sur la conduite des seniors. Au-delà de cette fausse information, la question de la sécurité routière invite à privilégier l’évaluation des capacités plutôt que l’âge.

L'hebdo du Vieillissement du Pr Bertrand Fougère : "Faut-il coller un « S » sur les seniors ?"

Vous l’avez peut-être vu passer la semaine dernière : un macaron « S » comme Senior à l’arrière des voitures des conducteurs âgés, et avec lui, la rumeur selon laquelle il deviendrait obligatoire à partir d’un certain âge.

C’est faux.

En France, aucun texte n’impose aujourd’hui aux conducteurs âgés d’afficher un « S » sur leur véhicule. Le dispositif existe, mais il est totalement volontaire.

Mais derrière cette petite polémique se cache une question beaucoup plus intéressante :

À partir de quel âge devient-on soudain un conducteur « à part » ?

Les chiffres de la Sécurité routière invitent à éviter les raccourcis.

En 2025, le taux de mortalité routière était de 96 décès par million d’habitants chez les 18-24 ans, contre 70 chez les 75-84 ans et 83 après 85 ans. Les personnes âgées sont en revanche plus vulnérables lorsqu’un accident survient. Et certaines situations de santé peuvent évidemment altérer la conduite, quel que soit l’âge.

Le vrai sujet n’est donc pas l’âge inscrit sur la carte d’identité, c’est la capacité réelle à conduire en sécurité

Conduite en sécurité dépend de :

  • La vision
  • Certains médicaments
  • Les fonctions cognitives
  • Les réflexes
  • Le véhicule
  • Les aides à la conduite
  • L’adaptation des trajets

Le portail national de l’autonomie rappelle d’ailleurs qu’il est souvent possible d’adapter sa conduite avant de l’arrêter : éviter la nuit, choisir des trajets connus, utiliser davantage les aides technologiques, faire contrôler sa vue ou suivre un stage de remise à niveau.

Alors, plutôt qu’un « S » collé sur une voiture, travaillons sur ce qui compte vraiment

  • Évaluer les capacités plutôt que l’âge ;
  • Accompagner l’adaptation de la conduite ;
  • Développer de véritables alternatives de mobilité ;
  • Préparer suffisamment tôt le jour où conduire ne sera plus possible.

Parce qu’il faut évidemment protéger la sécurité de tous. Mais vieillir ne devrait pas automatiquement transformer un conducteur en suspect.

L'hebdo du Vieillissement du Pr Bertrand Fougère : "Faut-il coller un « S » sur les seniors ?"

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut