Réforme de l’APA à domicile : la Fepem jette l’opprobre sur la hausse du reste à charge souhaitée par le Gouvernement

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Le projet de décret modifiant le barème de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile pourrait augmenter le reste à charge de 70 à 80 % des bénéficiaires dès le 1er janvier 2027. La Fédération des particuliers employeurs (Fepem) dénonce une mesure susceptible de fragiliser le maintien à domicile et appelle le Gouvernement à y renoncer.

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  • La réforme de l’APA à domicile pourrait augmenter le reste à charge de 70 à 80 % des bénéficiaires dès 2027.
  • La Fepem dénonce une hausse du coût de l’aide à domicile pour les personnes âgées en perte d’autonomie.
  • Le projet de décret pourrait entraîner une réduction des heures d’accompagnement et fragiliser le maintien à domicile.
  • Les salariés du particulier employeur et les proches aidants pourraient également subir les conséquences de cette réforme.
  • La Fepem demande au Gouvernement d’abandonner le projet de décret et de revoir le barème de l’APA.
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APA à domicile : une hausse du reste à charge pour des centaines de milliers de personnes âgées

Favoriser le maintien à domicile des personnes âgées… tout en augmentant le coût de leur accompagnement. C’est la contradiction que pointe la Fédération des particuliers employeurs (Fepem) ce 20 octobre 2026 dans un communiqué. L’organisation dénonce le projet de décret gouvernemental qui prévoit de modifier, au 1er janvier 2027, le barème de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile, une aide qui permet à plus de 800 000 personnes âgées en perte d’autonomie de financer leur accompagnement.

Selon les estimations rapportées par la Fepem, cette réforme entraînerait une hausse moyenne du reste à charge de 12 euros par mois, pouvant atteindre 36 euros après crédit d’impôt, pour 70 à 80 % des bénéficiaires. Les particuliers employeurs seraient particulièrement concernés : en 2024, 132 900 bénéficiaires de l’APA employaient directement un salarié à domicile. Parmi eux, plus de 100 000 personnes relevaient des groupes iso-ressources (GIR) 3 et 4, correspondant à une perte d’autonomie modérée. Cette catégorie serait la plus touchée par la modification du barème.

La Fepem dénonce également une succession de mesures qui alourdissent le coût de l’accompagnement. En avril 2026, un décret reportant l’exonération des cotisations patronales de Sécurité sociale avait déjà augmenté de 15 % le coût de l’emploi à domicile pour près de 350 000 particuliers employeurs âgés de 70 à 79 ans. Cette nouvelle hausse du reste à charge ferait donc peser une pression financière supplémentaire sur des retraités déjà concernés par l’augmentation du coût de l’aide à domicile.

Réduction des heures d’aide : des conséquences pour les seniors, les salariés et les aidants

Face à ces dépenses supplémentaires, la fédération redoute que certains bénéficiaires réduisent le nombre d’heures d’accompagnement financées. Une décision qui pourrait affecter directement leur quotidien, alors que les interventions à domicile contribuent à prévenir les chutes, la dénutrition et l’isolement social. Pour la Fepem, diminuer ces aides risque d’accélérer la perte d’autonomie et d’alourdir, à terme, les dépenses de prise en charge à domicile comme à l’hôpital.

Les conséquences pourraient également toucher les salariés du particulier employeur, dont les revenus diminueraient avec la réduction des heures travaillées. Certains pourraient même perdre leur emploi. La fédération pointe par ailleurs le risque d’un recours accru au travail non déclaré, si les ménages cherchent à réduire leurs dépenses. Les proches aidants seraient eux aussi exposés à une charge supplémentaire, avec un risque d’épuisement ou de renoncement à leur activité professionnelle.

Julie L’Hotel Delhoume, présidente de la Fédération des particuliers employeurs

« Vieillir chez soi est le souhait de près de 90 % des Français. On ne peut pas, d’un côté, affirmer vouloir favoriser le soutien à domicile et, de l’autre, en rendre l’accès plus coûteux pour celles et ceux qui en ont le plus besoin. Ce décret fait peser l’effort sur les personnes âgées, sur leurs aidants et sur les salariés qui les accompagnent au quotidien. Chaque heure d’accompagnement supprimée aujourd’hui, c’est de la prévention en moins et une perte d’autonomie plus rapide demain. »

Julie L’Hotel Delhoume, présidente de la Fédération des particuliers employeurs

Pour Julie L’Hotel Delhoume, présidente de la Fepem, cette réforme envoie un signal contradictoire. « On ne peut pas, d’un côté, affirmer vouloir favoriser le soutien à domicile et, de l’autre, en rendre l’accès plus coûteux pour celles et ceux qui en ont le plus besoin », déclare-t-elle. Elle estime que « chaque heure d’accompagnement supprimée aujourd’hui, c’est de la prévention en moins et une perte d’autonomie plus rapide demain ».

La Fepem demande l’abandon du projet de décret

La fédération considère que la réforme remet en cause la liberté des personnes âgées de choisir leur mode d’accompagnement, qu’il s’agisse de l’emploi direct, d’un mandataire ou d’un prestataire. Elle déplore également l’absence de véritable débat parlementaire, alors que le Conseil de l’âge a rendu un avis unanimement défavorable au projet.

La Fepem appelle donc le Gouvernement à renoncer à la modification du barème de l’APA et à ouvrir une concertation avec les acteurs de l’accompagnement à domicile. Elle demande aussi que l’avance immédiate du crédit d’impôt soit mise en place pour les bénéficiaires de l’APA au 1er septembre 2027, conformément à la loi, afin de limiter les sommes qu’ils doivent avancer.

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