Les grandes organisations représentatives et fédérations du secteur signent un communiqué de presse commun et expriment leur désaccord total face à l’annonce préjudiciable lors du dernier Conseil de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) d’un « gel prudentiel de financements » dédiés à l’autonomie en 2026.
AD-PA, ADMR, AIRe, APAJH, AUTISME FRANCE, FEDESAP, FFDYS, FHF, FNADEPA, FNAQPA, FNATH, GEPSO, GÉNÉRATION MOUVEMENT, FNMF, NEXEM, FÉDÉRATION PARALYSIE CÉRÉBRALE FRANCE, FFDys, SYNERPA, UNA, UNAFAM, UNANIMES, UNAPEI, UNCCAS et UNIOPSS. Ce ne sont pas moins de 25 fédérations qui dénoncent un mécanisme inacceptable de coupes budgétaires de la part de la CNSA.

- 25 grandes fédérations du secteur de l’autonomie dénoncent unanimement le « gel prudentiel » annoncé par la CNSA, qu’elles considèrent comme une coupe budgétaire déguisée.
- Cette décision, prise sans concertation avec les acteurs du secteur, remet en cause l’engagement de l’État envers les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et leurs aidants.
- Le gel porte sur 215 millions d’euros pour 2026, impactant directement les financements destinés à l’accompagnement à domicile et en établissement.
- Les organisations alertent sur des conséquences majeures : dégradation de la qualité de prise en charge, fragilisation des emplois et recul des politiques de prévention.
- Elles appellent le Gouvernement à annuler cette mesure et à présenter rapidement un plan ambitieux et structurant pour les politiques de l’autonomie.
Une décision prise sans concertation qui remet en cause l’engagement de l’État envers les personnes vulnérables
Les 25 organismes signataires du communiqué précisent : « Ce mécanisme de reprise de crédits votés par le législateur, que nous dénonçons depuis des années, est, en somme, un moyen d’organiser une reprise d’une partie des financements initialement dédiés aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap. Cette décision, prise sans concertation avec les représentants des personnes âgées et des personnes en situation de handicap et leurs aidants ainsi qu’avec les professionnels du secteur, remet en cause l’engagement de l’État envers les personnes les plus vulnérables et aggrave les difficultés déjà criantes des accompagnements au sens large tant en établissement qu’à domicile.«
Un gel prudentiel de 215 millions d’euros
Le gel prudentiel – de 215 millions d’euros – a été annoncé par les pouvoirs publics lors du Conseil de la CNSA du 8 avril.
« Il pénalisera directement les personnes âgées et les personnes en situation de handicap devenues fragiles et les professionnels qui les accompagnent au quotidien. Cette mesure affaiblit la confiance dans la parole publique. Comment peut-on justifier de bloquer puis reprendre des financements, alors qu’ils sont issus d’une enveloppe « fermée » (sans possibilité de dépassement) et que les besoins en matière d’autonomie n’ont jamais été aussi pressants ? »
Les 25 organisations rappellent d’une même voix que ces financements sont indispensables pour garantir :
- Un accompagnement digne des personnes âgées et des personnes en situation de handicap
- La pérennité des emplois dans le secteur de l’aide à domicile et au sein des établissements
- La prévention à tout âge, qui permet d’éviter des dépenses bien plus importantes à long terme
Les associations et fédérations signataires dénoncent ainsi avec force cette décision induite par une logique de restriction budgétaire, qui intervient dans un contexte où les professionnels de l’autonomie sont déjà confrontés à de graves difficultés tant sur le plan financier que humain.
Une décision inacceptable qui nécessite la présentation rapide d’un plan ambitieux des politiques de l’autonomie
Face à cette situation, elles appellent donc « solennellement le Gouvernement à revenir sur cette décision inacceptable et demandent la présentation rapide d’un plan ambitieux des politiques de l’autonomie, qui réponde enfin aux attentes légitimes des personnes en situation de handicap et des personnes avançant en âge, de leurs aidants et des professionnels qui les accompagnent« .
Dans une mise à jour de sa position au 25 mai 2026, l’AD-PA continue d’appeler à refuser le gel prudentiel proposé par la CNSA, estimant qu’il fragilise davantage un secteur de l’autonomie déjà sous tension. L’association demande à la représentation nationale de sanctuariser les financements et d’en garantir le fléchage exclusif vers l’aide aux personnes âgées et en situation de handicap, dénonçant une logique de régulation budgétaire qui détournerait encore les moyens des publics les plus fragiles. Elle rappelle également qu’un rapport de 2020 avait mis en évidence, selon elle, plus de 20 milliards d’euros réorientés depuis la création de la CNSA, au détriment de ces politiques publiques.
Dans ce contexte, l’AD-PA insiste sur l’urgence d’agréer l’avenant 75 pour revaloriser les bas salaires de l’aide à domicile, dans un contexte de revalorisation du SMIC susceptible de déséquilibrer les négociations de branche si les grilles ne sont pas automatiquement ajustées au-dessus du minimum légal. L’organisation plaide plus largement pour une réorientation des financements vers les métiers du grand âge, afin de renforcer les effectifs, notamment en psychologie, animation et socio-culturel, et de redonner du sens aux métiers par un temps accru consacré au relationnel. Enfin, elle appelle à renforcer la participation des personnes âgées vulnérables aux décisions qui les concernent et à garantir des financements pérennes, sans nouveaux gels ni redirections de crédits jugés contraires aux besoins du secteur.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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