[Hebdo du Vieillissement] Et si on arrêtait d’enfermer pour protéger ?

C’est une actualité passée presque inaperçue la semaine dernière et pourtant, elle pose une question essentielle sur notre manière d’accompagner les personnes âgées vivant avec des Troubles Cognitifs.

> L’hebdo du Vieillissement du Pr Bertrand Fougère : « Et si on arrêtait d’enfermer pour protéger ? »

L'hebdo du Vieillissement du Pr Bertrand Fougère : "Préparons l'été, anticipons pour mieux protéger"

La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie vient de sélectionner 5 projets innovants parmi 152 candidatures, avec plus d’1 million d’euros de financement.

Décloisonner les unités de vie protégées en EHPAD

L’un d’eux mérite, à mon sens, qu’on s’y arrête :
Décloisonner les unités de vie protégées en EHPAD portée par la Fondation ILDYS

➡️ Aujourd’hui encore, nous répondons souvent aux troubles cognitifs par des espaces fermés.
➡️ La logique est compréhensible : Protéger, Sécuriser, Eviter le Risque.
Mais jusqu’où ? 🤔

Le projet expérimenté dans deux EHPAD du Finistère propose de remplacer cette logique de « places fermées » par un accompagnement mobile, gradué et individualisé, avec une sécurisation proportionnées au risque réel.

Ne plus adapter la personne à l’organisation mais adapter l’organisation à la personne

Et derrière cette expérimentation, il y a une question beaucoup plus large : la sécurité doit-elle toujours primer sur la liberté ?

Vieillir ne fait pas disparaitre le droit de choisir, de circuler, de prendre des risques raisonnables. Avoir des troubles cognitifs non plus !

Bien sûr, il ne s’agit pas d’opposer naïvement liberté et sécurité. Il s’agit de rechercher, pour chaque personne, le juste niveau de protection.

C’est probablement là que doit évoluer notre modèle :
➡️ Moins d’interdictions systématiques
➡️ Plus d’évaluation individualisée du risque
➡️ Des environnements réellement adaptés
➡️ Des professionnels formés et suffisamment nombreux
➡️ Et une technologie utilisée pour redonner de la liberté, pas uniquement pour surveiller

J’espère surtout que cette expérimentation nous permettra de dépasser une idée encore trop profondément installée dans notre système : protéger une personne ne devrait jamais signifier décider systématiquement à sa place.

Et vous, jusqu’où êtes-vous prêts à accepter le risque pour préserver la liberté d’une personne âgée ?

L'hebdo du Vieillissement du Pr Bertrand Fougère : "Préparons l'été, anticipons pour mieux protéger"

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