Chaque année, la Journée Nationale de l’Audition (JNA) revient avec un objectif clair : sensibiliser le grand public aux dangers liés aux troubles auditifs, promouvoir la prévention et encourager le dépistage. En 2026, cet événement se tiendra le jeudi 12 mars autour d’une thématique résolument intemporelle : l’Audition et le Grand Âge. L’Association Nationale de l’Audition (ANA) publie à cette occasion une nouvelle enquête mettant en lumière un paradoxe : si les Français reconnaissent l’importance de l’audition pour préserver l’autonomie, beaucoup tardent encore à agir. On fait le point.

- À l’occasion de la Journée Nationale de l’Audition 2026, consacrée à « l’audition comme problématique majeure de santé publique », l’Association Nationale de l’Audition rappelle que 5 millions de Français souffrent déjà de troubles auditifs, un chiffre appelé à fortement augmenter selon l’Organisation mondiale de la santé.
- Les seniors sont particulièrement concernés : 37 % des plus de 65 ans déclarent des difficultés d’audition, mais seuls 24 % sont équipés, laissant près de 4 millions de personnes âgées sans solution adaptée.
- Pourtant, 89 % des Français estiment qu’une bonne audition contribue à retarder la perte d’autonomie, et les aidants constatent un impact direct sur la qualité des échanges, l’autonomie et le moral.
- Si 92 % des Français reconnaissent l’efficacité des appareils auditifs, leur adoption reste freinée par le coût, l’inconfort ou encore des freins psychologiques liés à l’image du vieillissement.
- Face à cet enjeu, l’Association Nationale de l’Audition appelle à renforcer prévention, dépistage et accès aux solutions auditives pour préserver autonomie, santé cognitive et lien social des seniors.
Audition : une problématique de santé publique majeure
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu’une personne sur quatre souffrira de troubles auditifs d’ici 2050. En France, ce sont déjà cinq millions de personnes qui sont concernées par la perte auditive, dont un tiers des plus de 50 ans.

La prise en charge de ces troubles reste insuffisante, notamment parce que 65% des personnes concernées ignorent qu’elles peuvent bénéficier d’un dépistage gratuit et d’aides auditives accessibles.
JNA 2026 : des troubles auditifs très répandus chez les seniors
Les chiffres sont alarmants. Selon l’enquête OpinionWay réalisée pour l’Association Nationale de l’Audition, Les difficultés d’audition concerneraient une part importante de la population française. Pour cause : 21 % des Français déclarent souffrir de troubles auditifs.
Avec l’âge, la prévalence augmente nettement. Chez les 65 ans et plus, ce chiffre atteint 37 %, illustrant l’importance de la santé auditive dans les enjeux du vieillissement. Pourtant, la prise en charge reste largement insuffisante. Parmi les seniors concernés, seuls 24 % sont équipés d’un appareil auditif, laissant une grande majorité d’entre eux sans solution adaptée.
Au total, près de 4 millions de personnes âgées de plus de 65 ans ne font rien pour compenser leur perte auditive, malgré les impacts bien connus sur la qualité de vie.
Bien entendre pour préserver autonomie et lien social
Les troubles auditifs ne se limitent pas à une gêne quotidienne. Ils peuvent aussi affecter profondément l’autonomie et les relations sociales des personnes âgées. Dans l’enquête, les aidants témoignent d’un impact très concret sur la vie de leurs proches :
- 88 % constatent une dégradation de la qualité des échanges
- 85 % observent une baisse de la qualité de vie
- 79 % estiment que l’autonomie est réduite
- 78 % évoquent une détérioration du moral
- 74 % notent un impact sur la relation avec la personne aidée
Pourtant, les Français ont bien conscience de l’importance de l’audition dans le vieillissement : 89 % estiment qu’une bonne audition peut contribuer à retarder la perte d’autonomie. Un chiffre qui monte à 94 % chez les plus de 65 ans.

Des solutions efficaces freinées par des idées reçues
Les appareils auditifs sont aujourd’hui largement reconnus pour leur efficacité. Une large majorité de Français estime qu’ils améliorent réellement la qualité de vie (92 %), et 91 % estiment qu’il est possible de vivre normalement en étant équipé d’un appareil auditif. Malgré cette perception largement positive, plusieurs obstacles persistent et freinent l’adoption de ces solutions.
Parmi les principaux freins évoqués par les Français :
- le coût (67 %)
- l’inconfort (43 %)
- les difficultés de réglage (42 %)
- l’esthétique (31 %)
À cela s’ajoute un facteur plus symbolique : près d’un Français sur deux (49 %) déclare qu’il se sentirait “vieux” si on lui prescrivait un appareil auditif.
Un enjeu de santé publique face au vieillissement de la population
Au-delà de la question individuelle, la santé auditive s’impose aujourd’hui comme un véritable enjeu de santé publique. Les troubles de l’audition sont en effet liés à plusieurs problématiques majeures du vieillissement.
Les experts soulignent notamment leurs liens avec :
- le déclin cognitif
- la dépression
- la perte d’autonomie
- l’isolement social CP-Enquete-ANA-Opinion-Way-Bien…
Face à ces enjeux, l’Association Nationale de l’Audition appelle à une mobilisation collective et lance le plan national Audition & Grand Âge 2026-2028. L’objectif : renforcer la prévention, améliorer l’information et faciliter l’accès aux dispositifs de compensation.
Parmi les priorités identifiées figurent notamment le dépistage précoce, l’accompagnement des aidants et la levée des freins psychologiques liés au port d’appareils auditifs.
Comme le rappelle l’association, bien entendre ne relève pas seulement du confort : c’est aussi une condition essentielle pour bien vieillir et rester pleinement connecté aux autres.
Journée Nationale de l’Audition : un appel national à la mobilisation

Depuis sa création en 1998, l’Association Nationale de l’Audition (ANA) se trouve aux premières loges de cette journée nationale en œuvrant pour prévenir les troubles auditifs par des campagnes d’information et des initiatives concrètes. Grâce à son site internet rénové (actif dès novembre 2024) et ses kits de sensibilisation, l’association espère toucher un public toujours plus large lors de ses JNA.
L’ANA appelle tous les acteurs (professionnels de santé, collectivités locales, associations) à participer à cette grande campagne de prévention. Avec plus de 3000 participants engagés chaque année, la mobilisation prend une ampleur nationale.
Le gaming, menace épinglée par l’ANA en 2025
L’année précédente, l’Association Nationale de l’Audition (ANA) attirait l’attention sur un facteur de risque majeur pour sa 28e Journée Nationale de l’Audition : le gaming. Avec plus de 38 millions de joueurs en France, dont une majorité utilise des casques audio, l’exposition à des niveaux sonores élevés sur des périodes prolongées devient préoccupante.

Les jeux peuvent générer des pics sonores atteignant jusqu’à 119 décibels, bien au-delà du seuil de sécurité de 80 décibels recommandés par l’OMS. Plus de 1 milliard de jeunes adultes risquent une déficience auditive permanente évitable, à cause de leurs pratiques d’écoute non sûres selon l’OMS.
Pourquoi se préoccuper de la santé auditive ?
Les troubles auditifs peuvent avoir de graves conséquences sur la qualité de vie :
- Acouphènes : Sifflements ou bourdonnements permanents dans les oreilles.
- Hyperacousie : Sensibilité accrue aux bruits quotidiens.
- Fatigue cognitive : Provoquée par l’effort du cerveau pour compenser une audition dégradée.
- Perte auditive : Diminution de la capacité à percevoir les sons aigus.

L’audition des Français en chiffre :
- 5 millions de Français souffrent de troubles auditifs.
- 1/3 des personnes au-delà de 50 ans présente une perte auditive, impactant leur qualité de vie.
- 65 % des personnes concernées ignorent qu’elles peuvent bénéficier d’un dépistage gratuit et d’aides auditives accessibles.
source : www.monparcourshandicap.gouv.fr
Malaudition des seniors : agir au plus vite
Quel que soit le problème auditif, le dépistage doit être le plus précoce possible. Mieux vaut vous équiper d’aides auditives dès les premiers signes et éviter ainsi un isolement social ou un mal-être.
Entre les assistants d’écoutes, les appareils auditifs, les audioprothèses ou les implants cochléaires, vous avez l’embarras du choix. Grâce à l’informatisation et la miniaturisation, les aides auditives sont de plus en plus performantes et n’ont plus rien à avoir avec les « analogiques » de papy et mamie.
Si vous pensez souffrir d’une perte auditive, il est fortement conseillé de :
- Prendre RDV chez un médecin ORL qui déterminera votre profil auditif en pratiquant un « audiogramme »
Après un diagnostic complet, il vous sera proposé un traitement médicamenteux, un traitement chirurgical, la possibilité de porter des aides auditives… Le médecin ORL vous délivrera une ordonnance afin de vous permettre de prendre RDV chez un audioprothésiste. - Choisir l’aide auditive la plus adaptée à vos besoins avec l’audioprothésiste.
Les solutions pour corriger la surdité
Aujourd’hui, les problèmes d’audition peuvent être corrigés à tous les niveaux de la chaîne auditive. Zoom sur les différentes solutions existantes.
Vers une quasi-disparition de la surdité ?
La surdité est aujourd’hui une préoccupation centrale de santé publique. En effet, l’évolution démographique prévoit une explosion des besoins ces prochaines années. Selon l’OMS, ce sont aujourd’hui 278 millions de personnes dans le monde qui présentent une surdité modérée à profonde sur les 2 oreilles. On estime que dans le monde, 466 millions de personnes, soit 5 % de la population, sont atteintes d’un déficit auditif invalidant, et ce nombre devrait atteindre 900 millions d’ici à 2050.
La plupart ne sont pas traitées alors qu’à ce jour, le progrès technologique et la biotechnologie permettent de traiter la quasi-totalité des surdités, à tel point qu’on parle aujourd’hui de déficit résolu. Il existe en effet de multiples solutions pour répondre aux problèmes de surdité, et à tous les niveaux de la chaîne auditive, à l’instar des appareils et implants.
« Il est important de consulter un spécialiste dès les premiers symptômes de surdité. Prendre à temps la surdité permet notamment d’éviter les cas d’isolement. Aujourd’hui, elle n’est plus une fatalité. »
Arnaud Devèze, Chirurgien ORL au sein de l’Hôpital privé Clairval
Des solutions adaptées à chaque besoin
Le marché de l’amplification auditive est conséquent et les perspectives de développement sont considérables. C’est un atout pour les patients, qui, tous les 2 ans environ bénéficient d’une nouvelle avancée technologique.
A ce jour, les moyens de réhabiliter les différents types de surdité comprennent les aides conventionnelles de type prothèses auditives – équipées d’un microphone, d’un processeur pour traiter le signal et d’un haut-parleur – ainsi que les implants auditifs. Les prothèses auditives deviennent insuffisantes en cas de surdité trop avancée.

Il existe 3 types d’implants, comprenant chacun une structure électronique qui transforme les signaux sonores captés dans l’environnement et les traduisent en signal électrique :
- Les implants en conduction osseuse (ICO) : ils restituent l’énergie en énergie vibratoire transmise soit à la voute crânienne soit à l’os mastoïdien. Cette énergie vibratoire est ainsi transmise aux fluides de la cochlée et met en vibration les cellules de l’oreille interne. Ce type d’implant s’adresse aux patients sans tympan ou osselet, et permet ainsi de créer la vibration émise normalement par les osselets.
- Les implants d’oreille moyenne (IOM) : ils restituent l’énergie en énergie vibratoire ensuite transmise soit aux osselets soit aux structures vibrantes de l’oreille moyenne jusqu’à la cochlée. Dans ce cas et le précédent, l’oreille interne et ses cellules ciliées fonctionnent correctement. S’il ne reste peu ou plus de cellules ciliées, il faut alors remplacer la cochlée avec un implant cochléaire.
- Les implants cochléaires (IC) : ce sont les implants les plus posés en France. Ils restituent l’énergie en signal électrique directement aux neurones des nerfs auditifs situés dans la cochlée, car celle-ci étant peu on plus fonctionnelle, il n’y a donc plus de vibration.

Dans certains cas plus rares de surdités d’origine nerveuse, où il n’y a plus d’oreille interne ni de nerf auditif, il est possible de poser un implant directement sur le tronc cérébral qui stimule alors directement le cerveau auditif.
« Quand une surdité n’est pas corrigée immédiatement, notamment pour les personnes âgées qui sont les plus touchées, le cerveau se déshabitue du son. Au plus on réhabilite tôt au moins les difficultés sont importantes. La précocité de l’appareillage ou de l’opération est donc importante. »
Docteur Devèze
Une équipe pluridisciplinaire constituée d’un médecin ORL, d’un orthophoniste, d’un audio prothésiste, d’un psychologue, d’un gérontologue est nécessaire pour offrir une prise en charge globale au patient. En effet, après la pose d’un implant cochléaire par exemple, les sons sont différents pour les patients. Ces derniers doivent ainsi être accompagnés d’un orthophoniste et d’un psychologue afin de les réhabituer à l’écoute et à la parole.

Aujourd’hui, grâce au progrès de la biotechnologie et avec une prise en charge précoce, quasiment toutes les surdités peuvent être vaincues. Plus que jamais, la Journée Nationale de l’Audition 2026 invite à mieux dépister, mieux informer et mieux accompagner pour préserver autonomie, le lien social et la qualité de vie des seniors.
Cet article a été publié par la Rédaction le
Newsletter de la Silver Economie et du Bien-Vieillir :
L'essentiel du secteur à ne pas manquer !



