À l’approche de la Journée nationale des aides à domicile du 17 mars, le Groupe Ircem publie une cartographie inédite de ces professionnels indispensables au maintien à domicile. En 2024, la France compte plus de 232 000 aides à domicile employées directement par des particuliers avec, en toile de fond, le vieillissement accéléré de la population et la tension croissante sur les métiers du grand âge.

- Entre 2021 et 2024, les effectifs d’aides à domicile ont augmenté de 3,4 %, reflétant la demande croissante liée au vieillissement de la population.
- La profession est très féminisée et expérimentée, avec cinq femmes sur six et une ancienneté moyenne de 13 ans.
- L’âge moyen de 50 ans souligne l’urgence du renouvellement des générations dans le secteur.
- Les salaires restent modestes et inégaux, autour de 965 € par mois, pouvant atteindre 1 400 € en Île-de-France, et le temps partiel subi demeure fréquent.
- Malgré leur rôle clé dans le « bien vieillir chez soi », les aides à domicile restent peu reconnues, poussant à des initiatives comme la « Fabrique du Mieux-Vivre » du Groupe Ircem.

Aides à domicile : un secteur en croissance
Un secteur en forte progression. Entre 2021 et 2024, les effectifs sont passés d’environ 225 000 à plus de 232 000 professionnels, soit une hausse globale de 3,4 %, d’après la cartographie du Groupe Ircem publiée ce 26 février. Une dynamique continue, reflet d’une réalité démographique incontestable : la population vieillit et les Français veulent majoritairement rester chez eux le plus longtemps possible.
Aujourd’hui, les aides à domicile interviennent auprès de particuliers employeurs bénéficiaires d’allocations liées à la perte d’autonomie ou au handicap. Elles tiennent le maintien à domicile à bout de bras, en apportant tout à la fois soin, soutien quotidien – ménager et psychologique – et lien social aux seniors.

La répartition territoriale confirme cette implantation massive des aides à domicile :
- Île-de-France : 15,6 % des effectifs nationaux
- Occitanie : 12,7 %
- Auvergne-Rhône-Alpes : 12 %
Entre 2023 et 2024, un quart des départements ont enregistré une croissance supérieure à 3,5 %. Certains territoires connaissent même des hausses spectaculaires, à l’image de la Vendée (+39,7 %), les Alpes-de-Haute-Provence (+10,6 %) ou encore les Deux-Sèvres, le Vaucluse et les Pyrénées-Atlantiques – qui connaissent chacun une augmentation supérieure ou égale à 7 %.
Derrière ces chiffres, la demande explose. La question n’est plus de savoir si le besoin existe, mais si le système sera capable d’y répondre durablement.
Un métier stable, féminisé… et vieillissant
Autre enseignement majeur : l’ancienneté. Les aides à domicile affichent en moyenne 13 ans de carrière. Dans 59 % des départements, cette ancienneté atteint au moins 13 ans et près d’un quart dépasse même les 15 ans. Cette stabilité traduit un engagement fort dans un métier exigeant, physiquement comme émotionnellement.
La profession reste très largement féminisée : cinq professionnels sur six sont des femmes. Une donnée qui interroge, tant sur la reconnaissance sociale que sur la valorisation salariale de ces métiers historiquement associés au « care ».
L’âge moyen constitue un autre signal d’alerte. Les aides à domicile ont en moyenne 50 ans, contre 42 ans pour l’ensemble des salariés français. Le secteur repose donc sur une population plus âgée que la moyenne nationale. Le renouvellement des générations devient un enjeu stratégique majeur.
Car si les effectifs augmentent, la tension sur le recrutement demeure. Le maintien à domicile repose sur une majorité de femmes qui accompagnent chaque jour des milliers de personnes fragiles. Sans elles, pas de politique du « bien vieillir chez soi ».
Métiers essentiels, reconnaissance absente
Côté rémunération, le salaire moyen s’établit à 965,3 euros par mois. Un niveau supérieur à celui des salariés du particulier employeur intervenant auprès d’un public non dépendant, en raison d’un accompagnement plus complet et d’un volume horaire souvent plus important.

Mais les disparités territoriales sont fortes :
- Dans 25 % des départements, le salaire dépasse 1 000 € mensuels
- En Île-de-France, il atteint en moyenne 1 226 €
- Il monte jusqu’à 1 400 € dans certains départements franciliens
Pour beaucoup, l’activité est complétée par d’autres missions, notamment au sein d’organismes prestataires de services à la personne. Le temps partiel subi reste une réalité structurelle du secteur.
Face à ces enjeux, le Groupe Ircem a lancé en 2024 la « Fabrique du Mieux-Vivre », une initiative dédiée à la prévention, à l’innovation en santé et à l’accompagnement global des salariés à domicile. Objectif : anticiper les fragilités, améliorer la qualité de vie au travail et renforcer l’attractivité du métier.
Car la question dépasse les seuls chiffres. La France mise massivement sur le maintien à domicile pour répondre au vieillissement. Mais cette stratégie ne pourra aboutir sans une reconnaissance réelle et entière des aides qui la rendent possible.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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