Malgré un ONDAM médico-social annoncé à 3,2 %, les principales fédérations du secteur privé non lucratif alertent sur une campagne budgétaire 2026 qui fragiliserait durablement les établissements et services accompagnant les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et les publics les plus vulnérables. Elles dénoncent des financements insuffisants, de nouvelles charges non compensées et un manque persistant de concertation.

- Les fédérations dénoncent un budget 2026 insuffisant pour le secteur médico-social.
- La réserve de 215 M€ et de nouvelles charges fragilisent davantage les structures.
- Les revalorisations prévues ne couvrent ni l’inflation ni la hausse des coûts.
- Les acteurs réclament un dialogue urgent avec les pouvoirs publics.
« Comment assurer l’accompagnement des plus fragiles avec toujours moins de moyens ? »
La question est désormais posée ouvertement par les principales fédérations du secteur médico-social. Dans une prise de parole commune en date du 2 juin, la FEHAP, Nexem, la Mutualité Française, ADEDOM, l’Uniopss, l’UNA, l’ADMR, la FNADEPA, l’AD-PA et la FNAQPA dénoncent une campagne budgétaire 2026 qui conduit, selon elles, à une véritable « asphyxie » du secteur.
Les organisations rappellent que le Gouvernement avait annoncé un ONDAM médico-social de 3,2 %, mais constatent que les financements effectivement déployés restent très éloignés des besoins réels des établissements et services. Elles pointent notamment la mise en réserve de 215 millions d’euros, qu’elles jugent contradictoire avec les engagements affichés et particulièrement pénalisante pour des structures déjà sous tension.
Les fédérations dénoncent également l’absence de compensation des nouvelles charges imposées au secteur. La suppression de l’exonération de taxe d’apprentissage pour les structures privées non lucratives entraînerait ainsi une hausse mécanique des coûts de 0,68 % de la masse salariale. Une décision qui revient, selon elles, à faire supporter au secteur de la solidarité les contraintes budgétaires de l’État.

Des revalorisations insuffisantes et un dialogue au point mort ?
Au-delà des nouvelles charges, les fédérations estiment que les revalorisations prévues ne permettront pas d’absorber l’augmentation des dépenses. Les financements progresseraient de seulement 1,48 % pour le secteur des personnes âgées et de 0,95 % pour celui du handicap, des niveaux jugés incompatibles avec l’inflation, la hausse des coûts de fonctionnement et les besoins de recrutement auxquels les structures sont confrontées.
Les organisations regrettent également des conditions de mise en œuvre particulièrement dégradées. Les notifications tardives des crédits compliquent l’élaboration des budgets et renforcent l’incertitude des gestionnaires. Elles alertent par ailleurs sur les difficultés persistantes liées aux outils de gestion de la CNSA et sur une réforme des SSIAD dont l’application demeure, selon elles, fortement perturbée sur le terrain.
Concernant les EHPAD, les fédérations considèrent que le fonds de soutien à la qualité reste « largement insuffisant » et que certains critères d’attribution risquent d’exclure des établissements pourtant en difficulté. Elles dénoncent enfin l’absence de véritable concertation avec les représentants du secteur, rappelant qu’aucun groupe de travail structuré n’a été réuni depuis deux ans sur le suivi de la réforme des SSIAD.
Face à cette situation, les fédérations appellent les pouvoirs publics à rouvrir rapidement le dialogue afin de sécuriser le financement du médico-social. Elles estiment que sans mesures correctrices, la continuité de l’accompagnement des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et des publics fragiles pourrait être durablement fragilisée sur l’ensemble du territoire.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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