Le Gouvernement prévoit d’économiser 250 millions d’euros sur l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) en augmentant le reste à charge des personnes âgées aidées à domicile. La Fédésap dénonce une mesure qui pourrait entraîner la disparition de près de 12 millions d’heures d’intervention par an, dans un secteur déjà fragilisé par un financement insuffisant.

- Le Gouvernement prévoit 250 millions d’euros d’économies sur l’APA en augmentant le reste à charge des personnes âgées aidées à domicile.
- Près de 12 millions d’heures d’aide pourraient disparaître chaque année, selon les estimations de la Fédésap.
- Le tarif national socle de l’APA et de la PCH n’augmentera que de 0,8 % en 2027.
- Le tarif horaire de l’aide à domicile restera supérieur à 7 euros en dessous de son coût réel.
- La Fédésap réclame le retrait du décret et une réforme du financement de la perte d’autonomie.

APA à domicile : 12 millions d’heures d’aide menacées par les économies du Gouvernement
Réduire les dépenses d’autonomie pourrait finir par coûter davantage à la collectivité. Dans un communiqué de presse publié le 6 octobre 2026, la Fédésap alerte sur les conséquences du projet gouvernemental visant à réaliser 250 millions d’euros d’économies sur l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Le dispositif prévoit d’augmenter, par décret et sans vote du Parlement, le reste à charge des personnes âgées bénéficiant d’une aide à domicile. Selon la fédération, cette mesure pourrait entraîner la suppression de près de 12 millions d’heures d’intervention chaque année, soit l’équivalent d’environ 7 000 emplois à temps plein.
Les premières heures d’accompagnement seraient particulièrement exposées. Or, elles jouent un rôle essentiel dans la prévention de la perte d’autonomie, en permettant aux personnes âgées de continuer à vivre chez elles dans de meilleures conditions. La Fédésap estime que la réduction de ces interventions risque d’aggraver les situations de fragilité et de reporter les dépenses vers d’autres postes. « Les économies d’aujourd’hui deviendront les chutes, les hospitalisations et les entrées en établissement de demain », prévient-elle dans son communiqué. La fédération redoute ainsi que les économies budgétaires immédiates se traduisent par des coûts supplémentaires pour le système de santé et les structures d’accueil.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions économiques persistantes pour les services autonomie à domicile. Au 1er janvier 2027, le tarif national socle de l’APA et de la prestation de compensation du handicap (PCH) doit passer de 25 à 25,20 euros par heure, soit une hausse de 0,8 %. Cette revalorisation reste inférieure à celle du Smic, qui a augmenté de 2,41 % au 1er juin 2026. Surtout, le tarif demeure supérieur à 7 euros en dessous du coût réel d’une heure d’intervention, évalué à plus de 32 euros par la Cour des comptes. La Fédésap souligne également la suppression, depuis janvier 2026, de l’exonération de cotisations patronales pour les interventions auprès des personnes âgées de 70 à 79 ans.
Financement de l’autonomie : la Fédésap réclame une réforme de l’aide à domicile
Au-delà de la hausse du reste à charge, la fédération pointe un déséquilibre dans le financement des politiques de l’autonomie. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 prévoit une augmentation de 0,9 milliard d’euros des dépenses d’assurance maladie consacrées aux établissements et services médico-sociaux. Selon la Fédésap, les établissements bénéficieraient davantage de ces moyens supplémentaires, notamment avec le recrutement annoncé de 3 700 professionnels en EHPAD. À l’inverse, les documents budgétaires ne prévoient aucune mesure nouvelle de financement de l’aide à domicile. Un écart qui interroge la place accordée au maintien à domicile dans les réponses au vieillissement de la population.
« Nous sommes très loin du fameux virage domiciliaire », déclare Frank Nataf, président de la Fédésap. Il dénonce l’absence de perspective de long terme et le manque de réforme structurelle pour les services d’aide à domicile. La fédération défend notamment une simplification du fonctionnement des dispositifs existants, avec le report des heures non utilisées, le lissage des plans d’aide, une charte nationale de télégestion et une évaluation de la qualité adaptée aux spécificités du domicile. Ces propositions doivent être examinées dans le cadre de la Conférence nationale de l’autonomie, prévue à la mi-octobre 2026. La Fédésap entend rester vigilante sur les engagements pris par les pouvoirs publics en matière de simplification.
La fédération demande le retrait du projet de décret ou, à défaut, une évaluation publique de ses conséquences sur les heures d’aide réellement consommées, ainsi qu’un débat parlementaire. Elle réclame également une revalorisation du tarif socle de l’APA et de la PCH, alignée sur le coût réel des services et l’évolution des prix. Enfin, dans le prolongement du rapport de la Cour des comptes de juillet 2026, elle plaide pour une refonte du financement de la perte d’autonomie, avec un « bouclier reste à charge » modulé selon le niveau de dépendance, les ressources et l’environnement familial. Pour la Fédésap, l’enjeu est de garantir aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap un accès effectif aux services dont elles ont besoin, sans fragiliser davantage les structures chargées de les accompagner.
Le secteur de l’aide à domicile alerte sur le risque de renoncement à l’APA
Dans la continuité de l’alerte de la Fédésap, l’UNA, Adédom, l’ADMR et la FNAAFP/CSF dénoncent à leur tour le projet de décret visant à augmenter la participation financière des bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile. Les quatre fédérations demandent fermement son retrait, estimant que cette réforme risque d’aggraver le renoncement à l’aide, notamment chez les personnes classées en GIR 3 et 4, qui sous-consomment déjà leurs plans d’aide. Selon les données de la DREES, près de 20 % des montants notifiés ne sont pas utilisés. Pour les organisations, augmenter le reste à charge reviendrait à accentuer les difficultés d’accès à un accompagnement pourtant essentiel au maintien à domicile.
Elles soulignent également le poids financier déjà supporté par les personnes âgées : en 2024, le reste à charge global, comprenant les participations légales et extralégales, atteignait en moyenne 8,47 euros par heure, soit près de 296 euros par mois pour un plan d’aide de 35 heures. Une dépense qui représente près de 21 % de la pension moyenne nette des retraités, estimée à 1 420 euros mensuels par la DREES. Au-delà des conséquences sociales, le coût d’un accompagnement insuffisant est pointé du doigt : une étude d’Adédom estime qu’un euro désinvesti dans les politiques de l’autonomie engendre 3,5 euros de dépenses supplémentaires. Elles appellent ainsi les pouvoirs publics à renoncer à cette réforme et à garantir un financement pérenne de la perte d’autonomie, alors que le vieillissement démographique accentue les besoins d’accompagnement.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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Voté pour le retrait de la déclaration trimestrielle de ressources pour les travailleurs en situation de handicap qui travaillent en ESAT trop contraignant elle devrait être automatique par l’employeur
L APA met tellement longtemps à se mettre en route, que maman n a pas eu le temps d en bénéficier.
Elle s est dégradée trés vite et j ai du me résoudre à la faire entrer en EHPAD.
Et alors là, douche froide.
L APA ne donbe que 6 euros environ par jour, alirs que pour un domicile, ça dépasse le 1000 euros.
C est injuste. Non seulement maman n a pas pu rester chez elle mais en plus elle se ruine pour l EHPAD.
L APA n est pas une aide égalitaire.
Bonjour
Travaillant comme aide à domicile
Je trouve cela Hinteux
Un métier NON RECONNU…c est
INADMISSIBLE…
Quand vous allez vieillir Tous ses présidents et ministres…
Vous aurez peut être besoins de NOUS…
Vous ne pensez qu’à votre confort et surta L ARGENT
Je suis écœuré de votre ATTITUDE…vous êtes des PROFITEURS…
BAiSSER vos SALAIRES SUPPRIMER TOUS vos AVANTAGES
ARRÊTER de toujours prendre sur les PETITS
Les GROSSES FORTUNES….eux ont les Touche PAS