Aidants : pourquoi des millions de Français ne se reconnaissent pas dans ce rôle

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En France, 8 à 11 millions de personnes accompagnent régulièrement un proche âgé, malade ou en situation de handicap. Pourtant, beaucoup ne se considèrent pas comme des aidants. À l’occasion de la Journée nationale des aidants, Silver Valley souligne les limites d’un accompagnement qui ne part pas toujours des besoins réels des personnes concernées.

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  • En France, 8 à 11 millions de personnes accompagnent régulièrement un proche.
  • De nombreux aidants ne se reconnaissent pas dans ce rôle.
  • Cette invisibilité complique l’accès aux dispositifs de soutien.
  • Silver Valley appelle à partir des besoins concrets du quotidien.
  • Plusieurs solutions privilégient un accompagnement adapté aux situations de vie.

Aidants : un rôle encore largement invisible

Aider un proche ne signifie pas nécessairement se reconnaître comme aidant. En France, des millions de personnes organisent les soins, gèrent les démarches administratives ou veillent au maintien à domicile d’un parent. Mais pour elles, ces responsabilités relèvent avant tout des liens familiaux et d’une solidarité naturelle. C’est le constat de Silver Valley, dans une analyse publiée en septembre 2026.

Le terme « aidant », courant chez les professionnels et les institutions, reste peu utilisé par les personnes concernées. Elles se définissent plutôt comme un conjoint, un fils ou une fille, ou simplement comme « quelqu’un qui s’occupe de sa mère ». Selon le Baromètre des aidants du Collectif Je t’aide de 2024, seuls deux tiers des proches accompagnant une personne depuis plus de trois ans ont pris conscience de leur rôle.

Cette invisibilité complique l’accès aux dispositifs de soutien. Dans certaines entreprises, les aidants peuvent représenter 10 à 30 % des effectifs, selon Silver Valley, alors même que leur présence n’est pas toujours identifiée. Le défi consiste donc à repérer les besoins sans attendre que les personnes se reconnaissent dans cette catégorie.

Aide aux aidants : partir des besoins du quotidien

Pour Silver Valley, l’accompagnement doit d’abord répondre aux difficultés concrètes des proches. « Le principal angle mort de l’aide aux aidants réside dans le manque d’accessibilité ou d’adaptation des prestations destinées à la personne aidée », affirme Romain Ganneau, directeur général de Silver Valley. Il estime que le rôle d’aidant découle notamment des insuffisances du système de prise en charge.

Romain Ganneau

« Le principal angle mort de l’aide aux aidants réside dans le manque d’accessibilité ou d’adaptation des prestations destinées à la personne aidée. Le rôle d’aidant n’est pas un choix spontané, mais la conséquence directe des carences du système de prise en charge »

Romain Ganneau, DG de Silver Valley

Une personne cherchera plus spontanément une aide après l’hospitalisation de son parent ou une solution pour organiser ses rendez-vous médicaux qu’un dispositif destiné aux aidants. Cette approche se retrouve dans plusieurs initiatives du réseau : Teelda propose des séjours adaptés aux proches, Mamili coordonne des services à domicile et Monka accompagne les familles face à des situations concrètes, comme la recherche d’un établissement.

D’autres acteurs travaillent sur la coordination du quotidien, comme Famirelay, ou sur la sensibilisation en entreprise, à l’image de Prev&Care. Au-delà de ces solutions, Silver Valley défend une approche qui évite d’enfermer les personnes dans un nouveau statut. L’enjeu est d’intégrer l’accompagnement dans la vie ordinaire, en permettant aux proches de préserver leur quotidien et leur relation avec la personne aidée. Une manière de mieux répondre à leurs besoins, même lorsqu’ils ne se définissent pas eux-mêmes comme aidants.

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