À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la Fédésap appelle les candidats à intégrer l’autonomie et le vieillissement au cœur de leurs programmes. Membre de la Coalition 2027, elle défend un nouveau modèle de gestion du risque dépendance fondé sur dix mesures concrètes et chiffrées.
La Fédésap appelle les candidats à la présidentielle de 2027 à placer l’autonomie et le vieillissement au cœur de leurs programmes.
La Coalition 2027 propose dix mesures concrètes pour réformer la prise en charge de la perte d’autonomie.
Le rapport défend un nouveau modèle de financement de la dépendance fondé sur les besoins et non sur le lieu de vie.
La dépense publique consacrée à l’autonomie pourrait atteindre 103 milliards d’euros en 2050.
Sans virage préventif et domiciliaire, le coût de l’inaction pourrait atteindre près de 50 milliards d’euros en 2050.
Dix mesures pour passer du constat à l’action
Cela ne fait plus aucun doute pour la Fédésap : la question du vieillissement ne peut plus être renvoyée à plus tard. Membre de la Coalition 2027 pour l’autonomie des personnes âgées, la fédération soutient le rapport « Le nouveau modèle de gestion du risque dépendance », présenté le 9 septembre dernier. Ce document, qui rassemble une quinzaine d’acteurs publics et privés du grand âge, entend fournir aux candidats à l’élection présidentielle une feuille de route directement transposable dans un programme de gouvernement.
Qu’il s’agisse des professionnels de l’aide, de l’accompagnement et du soin, des représentants des personnes âgées ou encore des financeurs et partenaires publics, les membres de la Coalition 2027 revendiquent à l’unanimité une forme d’approche transpartisane de l’autonomie. Parmi les dix mesures formulées par le raaport : un repérage systématique de la fragilité dès le départ à la retraite, la désignation d’un « care manager » pour chaque personne fragile, un contrat de prise en charge fondé sur les besoins réels ou encore la création d’un guichet unique par département.
Un modèle qui veut revoir le financement de la dépendance
La Coalition 2027 entend également s’attaquer à l’un des principaux points de tension de la politique de l’autonomie : son financement. Les membres du collectif proposent que le financeur soit déterminé par la nature de la prestation et non par le lieu de vie. L’Assurance Maladie financerait ainsi le soin, tandis que la branche autonomie, via la CNSA, financerait la perte d’autonomie selon un cadre et un tarif de référence nationaux. Les départements pourraient compléter ce financement à la hausse selon leurs réalités territoriales.
Le rapport prévoit par ailleurs une trajectoire à 2050 faisant passer la part des cotisations dédiées au financement de la branche autonomie de 8 % à 30 %, sans recours au patrimoine des familles. Sur le plan institutionnel, la Coalition défend un État stratège et une gouvernance de la CNSA rééquilibrée entre l’État, les départements, les partenaires sociaux et les usagers.
Parmi les autres propositions figurent une loi de programmation du grand âge sur cinq ans et un tarif national de référence à domicile permettant de garantir que chaque heure facturée couvre son coût réel. Pour les membres de la Coalition, cette évolution doit notamment accompagner un véritable virage domiciliaire et sortir d’une logique encore largement structurée autour de l’hébergement en établissement.
Près de 50 milliards d’euros : le coût de l’inaction en 2050
La Coalition 2027 chiffre également les conséquences d’une absence de réforme. Selon le rapport, la dépense publique consacrée à l’autonomie passerait de 34 à 103 milliards d’euros d’ici 2050. Sans virage préventif et sans accélération du maintien à domicile, la « double inaction » pourrait représenter jusqu’à 0,8 point de PIB en 2050, soit près de 50 milliards d’euros. La Fédésap considère ainsi le développement du domicile comme un véritable levier de soutenabilité pour les finances publiques.
« Le diagnostic est partagé, les arbitrages sont posés, le modèle est finançable. Il ne manque plus que la décision politique. Nous demandons aux partis et aux candidats à l’élection présidentielle de 2027 d’inscrire l’autonomie et le vieillissement au cœur de leurs programmes : les principaux intéressés sont des millions, et ils votent. »
Frank Nataf, président de la Fédésap
Pour la fédération, ces projections renforcent la nécessité de faire de l’autonomie un sujet central de la prochaine campagne présidentielle. L’organisation estime que les solutions sont désormais suffisamment documentées pour permettre aux responsables politiques de passer à l’étape des décisions.
Cet article a été publié par la Rédaction le
Newsletter de la Silver Economie et du Bien-Vieillir : L'essentiel du secteur à ne pas manquer !