La robotique, quelles solutions pour l’avenir des personnes âgées ?

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L’objectif de ce dossier est de faire un état des lieux des projets de robotique dédiés directement ou indirectement aux personnes âgées, de voir concrètement à travers le monde quels sont ces robots et que permettent-ils.

Le dossier s’articule autour des trois zones géographiques mondiales où la robotique se développe particulièrement, avec cependant des caractéristiques différentes : les États-Unis, l’Europe et l’Asie (Japon).

robots gerontechnologyRobotique et vieillissement de la population

Source de nombreux fantasmes dans la science fiction, allant de la promesse d’un homme aux pouvoirs absolus dans un futur radieux à la menace de l’asservissement et la destruction humaine, les robots sont liés à notre mode de vie.

Le terme de « robotique » se retrouve pour la première fois sous la plume de Isaac Asimov dans la nouvelle Le menteur.

L’écrivain de science-fiction définie alors ses trois lois de la robotique, trois règles auxquelles tous les robots qui apparaissent dans sa fiction doivent obéir. Déjà en 1940 ces lois placent les robots au service de l’homme, principes de base des robots assistants.

Les Trois lois de la robotique, d’Isaac Asimov :

robotique isaac asimov
  • Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.
  • Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
  • Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la seconde loi.

Aujourd’hui le terme robotique désigne une science travaillant sur les systèmes électro-mécaniques actionnés et contrôlés par le biais d’un ensemble de logiciels leur conférant une « intelligence artificielle ».
Ce sont ces outils que nous élaborons et utilisons pour répondre à nos besoins et résoudre les difficultés de la vie quotidienne. Ils deviennent donc un élément de la bonne marche de notre société, et ainsi l’objet d’enjeux sociaux, économiques et politiques.

Le marché de la robotique

Marché de la robotique

Les perspectives de marchés de la robotique et notamment de la robotique de services sont colossales. Pour la Japan Robotics Association, le marché global pourrait atteindre 66,4 milliards de dollars en 2025 dont près de 50 milliards de dollars seraient consacrés à la robotique de service (robots assistants pour le grand public, robots d’aide à domicile, robotique médicale…).
Aussi les principales firmes technologiques (Microsoft, IBM, Intel…) et industrielles (Honda, Toyota, Panasonic…) se positionnent dès aujourd’hui sur ce secteur et y consacrent une part importante de leur R&D.

Vieillissement de la population

Notre société se trouve confrontée à un enjeu socio-économique sans précédent, celui du vieillissement de la population. La croissance des pays développés est évidemment basée sur les personnes actives qui par leur travail produisent des richesses. Le pourcentage des actifs par rapport au reste de la population va aller en diminuant. Les chiffres de l’INSEE nous montrent qu’en France, en 2007 le pourcentage de la population âgée de plus de 65 ans est de 16,2% contre 15% en 1994 ; d’ici 2050, un habitant sur trois aurait plus de 60 ans. Ces statistiques valent pour l’Union européenne, les Etats Unis et le Japon, bien qu’il faille probablement penser que ce dernier atteindra en premier de tels chiffres.

Partant de ce fait plusieurs questions se posent sur l’anticipation et la gestion de cette situation :

  • Comment assurer aux personnes appartenant au quatrième âge, à celles qui souffrent de dépendance et dont le nombre s’accroît, une condition de vie optimale, des soins adaptés permettant de pallier aux déficiences et à la perte d’autonomie?
  • Il est d’ores et déjà certains que nous manquerons de personnel pour répondre à ces besoins, la robotique est elle la solution miracle ?

Les options ou fantasmes que proposent les robots

C’est donc dans ce contexte démographique que la robotique nous propose des solutions et devient la base d’un débat politique, social et économique mondial.
Comment soigner nos aînés et leur assurer une existence décente alors que nous manquons de moyens et de personnel ? La robotique se penche sur la fabrication de certains outils permettant d’aider les personnes dépendantes dans la vie quotidienne, sur d’autres assistant les infirmier(e)s dans les soins ou la surveillance des patients.

Par ailleurs, comment maintenir un nombre important d’actifs ? Les robots vont-ils permettre de retarder les départs à la retraite en palliant à des incapacités qui jusque là excluaient certaines personnes du travail.

Si ces pistes sont véritablement en train d’être envisagées par les pays développés qui investissent des sommes importantes dans ces technologies, ne faut il pas se montrer prudent ? Ne sommes nous pas là dans ce fantasme de l’avenir radieux précédemment évoqué ?
Un éclairage plus pessimiste nous alerterait sur les risques de voir le personnel manquant dans les hôpitaux remplacé progressivement par des robots-infirmiers à moindre coût, ou les soldats remplacés par des robots de guerre (ces technologies existent déjà sous forme de prototypes dont les concepteurs ne tiennent visiblement pas compte des lois d’Asimov).

La robotique aidera-t-elle au bien-vieillir ou participera-t-elle à la construction d’une société déshumanisée ?

La robotique aux États Unis

Si en Europe et en Asie les enjeux de la robotique tournent principalement autour de l’aide à la personne, aux Etats-Unis la dimension militaire y est plus importante.

En effet, une bonne partie des robots conçus outre atlantique ne prennent ni la route des hôpitaux et maisons de retraites ni celle des foyers, mais partent pour une carrière sous les drapeaux.
Les investissements importants engagés dans le développement de ces robots militaires pourraient d’ailleurs profiter au secteur de la robotique dédiée aux personnes âgées.

Des robots militaires trouvent des applications dans le grand âge

La robotique martiale est particulièrement développée aux États-Unis, au sein de la société Irobot, spécialisée dans les plateformes robotisées sans pilotes, les robots domestiques côtoient les robots tactiques. Dans cette dernière gamme, on retrouve Irobot pack bot 510, une plateforme mobile tout terrain muni d’un bras articulé et de caméras. Cette technologie est commandée à distance dans des missions de désamorçage de mines, bombes, engins piégés. Elle est aussi utilisable pour surveiller certaines zones et partir en reconnaissance.

irobot packbot 510

Si les robots sont assignés à la tâche d’ouvrir la marche des soldats, l’armée américaine (elle n’est pas la seule) a pensé qu’il serait bon de les munir d’armes, transformant les robots-démineurs en robot-tueurs…

Ainsi les robots swords (Special Weapons Observation remote Reconnaissance Direct action System) et maars (Modular Advanced Armed Robotic System) sont équipés d’une mitrailleuse qui peut être remplacée par un bras articulé. Connectés au même GPS que les troupes au sol, ils disposent d’une sécurité les empêchant de faire feu sur leur module de contrôle.
A l’heure actuelle , ces robots ont été retirés des rangs. Le canon de l’un d’eux en serait venu à mettre en joue une cible sans qu’on le lui demande. Aucun coup de feu n’a été tiré, mais selon Kevin Fahey, le responsable du programme pour l’armée de terre américaine, il est probable qu’il faille attendre encore dix ou vingt ans avant de renouveler l’expérience…

S’il fallait voir un point positif à ces développements, ce serait celui des avancées technologiques permises par les sommes investies dans la robotique militaire, et qui permettent de répondre à des problématiques d’aide à la personne.

Un bon exemple de cette double applicabilité dans la robotique américaine est l’exosquelette. Il ne s’agit pas d’une carapace de protection ou d’une armure comme le nom pourrait le laisser penser. HULC (Human Universal Load Carrie) est essentiellement prévu pour pouvoir porter de lourdes charges, jusqu’à 150 pounds (environ 68 kg). Cet outil est davantage une aide à la puissance musculaire, il permet de ce fait de diminuer la pression exercé sur les genoux et donc de réduire la fatigue, allonger le temps de marche et augmenter la masse portée.
HULC est composé de deux bras articulés qui s’attachent aux jambes, et qui relient une structure fixée sur le dos et une autre à chacun des pieds. En fonction des mouvements du corps une pression est exercée pour augmenter la force disponible dans les jambes. L’ensemble est très souple et ergonomique pour ne gêner aucuns mouvements et faciliter son transport. De plus, il s’enlève facilement en cas de besoin.

Effectivement cet exosquelette pourrait être très intéressant pour des personnes âgées ou handicapées ayant des difficultés à se mouvoir. Cependant de par certaines de ses caractéristiques il est encore exclusivement réservé aux soldats, c’est également le cas du concept  Bear dont l’objectif est de pouvoir rapatrier un soldat blessé sur un champ de bataille.

Bear robot militaire
HULC robot militaire

Les robots ménagers

En parallèle aux robots militaires, les robots grand public domestiques connaissent également une importante croissance aux États-Unis.

Roomba et Scooba sont deux robots sur support mobile, ces robots aspirateurs ont pour tâche de nettoyer les pièces de la maison, et les ventes sur internet de ces robots prouvent bien qu’ils ont trouvé leur marché y compris en Europe.

Robot aspirateur au service des personnes âgées

Roomba aspire poils, poussière etc, alors que Scooba lave le sol , aspirateurs traditionnels et serpillière restent au placard. Le public visé était au départ les actifs n’ayant pas le temps de faire le ménage, mais les personnes âgées s’intéressent  à ces produits.

Une fois de plus on peut adopter ici deux visions opposées, une craignant que ces robots ne viennent à remplacer les aides ménagères actuelles qui perdraient ainsi une grande partie de leur clientèle, sans parler du contact humain. De plus, le calcul de la sécurité sociale pourrait avoir pour conclusion qu’il revient moins cher de rembourser l’achat d’un robot plutôt que les frais de ménage de nos aînés…
D’un autre côté, nous pouvons penser ces robots comme apportant une autonomie ou du moins une alternative à des personnes réticentes à l’idée de devoir recourir à une aide ménagère.
Il faut ajouter à cela que ces robots sont encore assez limités car ils ne peuvent franchir un escalier et font demi-tour devant tout changement de niveau. Ils ne peuvent non plus épousseter les meubles et bibelots ou faire la conversation.

Leur utilisation pour une personne âgée doit enfin être étudiée pour que ces outils autonomes ne présentent pas de risques de chute en se présentant en obstacle aux déplacement de l’utilisateur.

Les robots assistants pour les personnes âgées

Plus sophistiqué que les robots ménagers, le robot Pearl repose lui aussi sur une plateforme mobile, mais est doté d’une tête surplombant un écran tactile où des messages s’affichent.

Pearl Robot assistant pour personnes âgées

Conscient de l’importance de son apparence le visage qu’il porte a été « minutieusement » travaillé dans le but de donner au robot une personnalité et la capacité de mimer certaines expressions du visage. Sa capacité à communiquer ne s’arrête pas là car il peut aussi avoir dans une mesure assez limité une conversation par le biais de son écran tactile.

L’objectif affiché de ce type de robot est d’améliorer la qualité de vie des personnes âgées, en leur permettant de rester chez elles, en les aidant dans les tâches quotidiennes, en leur faisant prendre leurs médicaments et en servant de lien avec les soignants. Ainsi la personne ne se verrait pas forcée de partir vivre en institut.

Rappelons que le maintien à domicile est dans la mesure du possible toujours préférable. La personne vit beaucoup mieux chez elle que si elle se voit contrainte d’aller en maison de retraite. Ces départs sont bien souvent suivi d’un véritable traumatisme causant une perte de capacités physiques et intellectuelles. Cela lorsqu’ils ne sont pas la conséquence d’un choix.

Le lien social favorisé par la robotique

Tenir une véritable conversation est encore parfaitement impossible à un robot. Cependant ils nous assistent tous les jours dans ces contacts avec nos proches.

Le robot ConnectR est l’un d’eux. Il permet de parler et de voir nos contacts lorsque l’on ne peut être physiquement avec eux.

ConnectR la robotique pour faciliter le lien social
Lire une histoire à ses enfants même lorsqu'on est absent...

Le robot se trouve placé dans la maison d’un parent, il nous permet de voir via notre ordinateur connecté à internet cette personne et de lui parler. La caméra ainsi que la partie audio peuvent être mis sur off, afin de protéger sa vie privée.

Conçu sur une base identique aux robots ménagers Roomba et Scooba, ConnectR présente les mêmes inconvénients pour une personne âgée, dont notamment le risque élevé de chute.

La robotique en Europe

robots europe, personnes âgées

Les concepts de robots d’aide à la personne sont plus nombreux en Europe qu’aux États-Unis et ne se trouvent jamais être des dérivés de machines de guerre. La culture et par conséquent la politique diffèrent lorsque l’on passe au vieux continent. Notre passion des armes est moindre, tout comme notre budget militaire, et nous avons l’habitude d’une certaine assistance (publique, santé), le projets robotiques s’en ressentent.

La robotique pour palier au manque d’aide animale

Un projet original est développé par le Georgia Tec à partir du bras robotisé Ei-e.

Celui-ci permet aux personnes handicapés de se saisir plus facilement des objets, il est commandé par la voix et par un pointeur laser marquant l’objet à saisir. Ce projet vise à étendre les capacités du bras en l’adaptant sur une machine qui reproduirait alors les actions d’un chien chargé d’assister les individus en fauteuil.

ei-e georgia tec

La machine serait évolutive, c’est à dire qu’elle pourrait observer et mimer les actions d’un chien.

Alors que la robotique appliquée à l’aide à la personne se tourne plus souvent vers un modèle inspiré de l’humain, ici, c’est le type canin qui a été choisi. « En tant que chercheurs spécialisés dans la robotique, nous en devons pas nous inspirer uniquement de l’humain », explique Charlie Kemp, du département de l’informatique biomédicale. »Les chiens sont d’une grande aide pour les personnes handicapées. Et il me semble que nous arriverons plus vite à imiter les actions d’un animal que celles d’un homme. »

Reproduire ainsi les actes d’un animal d’assistance dressé à aider une personne permettrait de répondre à la demande qui dépasse de loin l’offre. En effet entrainer un chien prend du temps (deux années sont nécessaires), de ce fait peu d’animaux sont disponibles, des projets tels que Ei-e pourraient ainsi offrir une autonomie, le temps qu’un chien soit disponible ou en complément de celui-ci.

La robotique pour palier aux déficiences physiques et motrices

Que ce soit par accident ou simplement par l’effet de l’âge, de nombreuses personnes sont victimes d’une perte de motricité ou de l’usage d’un membre.

Plusieurs technologies sont développées, du robot rééducateur à la prothèse robotique pour les bras, d’une « orthèse fonctionnelle » à un fauteuil roulant dirigé par la pensée pour les jambes.

Armin est un robot développé par l’école polytechnique de Zurich, il permet aux patients devenus hémiplégiques à la suite d’une attaque cérébrale de faire une rééducation approfondie du bras du malade. « Il aide le patient à reproduire exactement le même mouvement, ainsi le cerveau l’enregistre plus facilement et le réapprentissage est plus aisé« , explique Anja Kollam, ergothérapeute.

Pour les cas plus grave de perte physique d’un membre, une prothèse de bras controlée et alimentée par la pensée a été conçu par Otto Bock healthcare Product GmbH en collaboration avec l’AKH (hôpital central de Vienne) et l’université de médecine de Vienne.

bras artificiel

Cette prothèse est dite « intelligente » car ses mouvements sont controlés par les nerfs en charge de déplacer le bras. Cela nécessite une délicate opération chirurgicale pour raccorder les nerfs aux capteurs. Une fois en place ce nouveau bras permet 7 degrés de liberté et une commande intuitive de la prothèse.

Une nouvelle méthode s’appuyant sur la robotique permettrait de faire remarcher les paraplégiques. Elle est développée par l’EPFL (Ecole polytechnique Federale de Lausanne). Le système procède en trois étapes, la première consiste à remuscler les jambes au moyen d’électrodes et à réapprendre les schéma moteurs de la marche en position assise. Pour cela le robot guide le geste de manière ultra-précise et réajuste en permanence les stimulations des électrodes sur les muscles. Utiliser les muscles comme élément moteur est un principe phare de cette méthode dont le but « n’est surtout pas de créer un robocop ». La seconde étape consiste à réapprendre la marche debout au moyen d’un déambulateur robotique travaillant encore avec des électrodes. Enfin, un dispositif très léger est fixé sur les jambes et au bas du dos. Il se dissimule sous un pantalon et permet à la personne de remarcher. Ce serait le cas pour 80% des personnes en fauteuil dont la moelle épinière n’est touchée que partiellement. Ici encore c’est la précision du mouvement permise par le robot lors de la rééducation qui permet ce succès.

Pour les personnes dont la perte de mobilité ne se limite pas aux jambes et qui de ce fait ne peuvent utiliser un joystick pour manoeuvrer un fauteuil, une équipe de recherche espagnole a mis au point un fauteuil dirigeable par la pensée. La méthode est non-invasive puisqu’il s’agit de porter un bonnet contenant seize électrodes qui vont via un électro-ancéphalogramme détecter les fluctuations électriques du cerveau. Lorsque le regard se fixe sur un point précis, elles analysent ses fluctuations et dirigent le fauteuil vers ce point. Il est dit intelligent car contrairement à d’autres prototypes, la personne n’a pas à se concentrer continuellement, et il peut de lui même éviter les obstacles sur son passage.

Plus proche des problématiques directement liées à l’âge, le projet Monimad consiste à développer un déambulateur motorisé et intelligent. « Selon les médecins, de nombreuses personnes âgées, hospitalisées ou non en centre de soin et actuellement immobilisées, pourraient se déplacer de manière autonome si on leur offrait des déambulateurs (ou cadres de marche) plus adaptés à leurs pathologies » , observe Viviane Pasqui, du Laboratoire de Robotique de Paris (Université Paris 6 – CNRS), à Fontenay-aux-Roses.

Monimad, déambulateur intelligent

En effet mis à part les difficultés d’utilisation des déambulateurs traditionnels, aucun d’entre eux ne permet de passer de la station assise à la station debout sans l’aide d’une aide soignante. Monimad est un engin à trois roues conçu pour offrir une autonomie de déplacements des personnes âgées en institut. Il sera capable de baisser ses poignées, afin que le patient assis puisse s’y appuyer de tout son poids, ensuite, l’engin articulé se relèvera, entraînant avec lui le patient ainsi remis debout et prêt à marcher. « A terme, Monimad permettra aussi à son utilisateur d’avancer comme si une personne, attentive à sa progression et à ses difficultés, lui tenait les mains« , commente la chercheuse.

Bardé de capteurs, le déambulateur intelligent tiendra en effet compte de l’attitude de son utilisateur : Si celui-ci pousse les poignées vers l’avant, Monimad avancera, si au contraire les poignées sont tirées vers l’arrière, l’engin freinera automatiquement.

CompanionAble, un projet robotique européen dédié aux personnes âgées

Les différents pays et industriels européens ont mis en commun leurs compétences dans un projet complexe : CompanionAble.

Il ne s’agit pas uniquement d’un robot, mais d’un concept complet de smart home auquel le robot sera relié pour permettre le maintien à domicile des personnes âgées.

Cette technologie peut être définie comme un ensemble d’instruments dont la maison se voit équipée, on peut par exemple penser à des détecteurs de fumée, de gaz, de chutes, un téléphone adapté etc. Le public visé est exclusivement les personnes âgées souffrantes de troubles cognitifs (MCI pour Mild Cognitive Impairment). Ce qui implique un projet ayant une visée principalement thérapeutique et devant être pensé avec un grand nombre de médecins dans chaque pays.

CompanioAble

Une des particularités du projet est d’utiliser pour ces malades la stimulation cognitive sur un support informatique. La personne va pouvoir chez elle entraîner ses capacités intellectuelles et sa mémoire pour en arrêter ou aumoins en réduire la perte.

Ce travail qui se faisait auprés des psychologues et ergothérapeutes, pourra grâce à des logiciels se faire au domicile de la personne. Les avantages de ce procédé est que la personne pourra s’exercer plus régulièrement ce qui rendra la thérapie plus efficace. Pour les personnes n’habitant pas à proximité d’un hôpital ou d’un accueil de jour, il n’y aura pas de déplacement à faire, les soins seront donc facilités. Le robot sera également équipé pour permettre la télémédecine, le patient pourra joindre une équipe de soignants par un système de visio-conférence connecté à internet. Cette initiative pourra être prise par le robot dans des situations d’urgence.

La communication est ainsi un des points forts du projet puisque ce n’est pas que le personnel de soin qu’il sera possible de contacter, mais aussi l’ensemble des proches. Cette fonction est prévu pour rendre plus accessible aux personnes MCI l’utilisation des moyens de communications tels que le téléphone, internet etc.

Ainsi, en facilitant le contact, le robot offrira une chance supplémentaire de renforcer les liens intergénérationnels et de lutter contre l’isolement.
Le robot est prévu pour aider la personne et lui restituer une certaine autonomie lui permettant de faire à l’aide du robot certaines choses qu’elle ne peut plus faire seule. Les soignants espèrent favoriser ainsi l’estime de soi du malade et limiter les dépressions. Il remplira également la fonction d’aide mémoire et tendra à développer l’intégration sociale de la personne.

Cette collaboration médicale intra-européenne pose néanmoins quelques difficultés. Par exemple la définition d’un patient MCI n’est pas la même en fonction de la nationalité du médecin. Le patient sera diagnostiqué comme souffrants de troubles cognitifs dans un pays alors que pour un autre, le malade aura dépassé ce stade. De plus des questions éthiques se posent autour de ce système concernant l’hyper surveillance du patient qui pourrait être possible.

Un robot capable d’apprendre

Le robot Icub est le fruit de 5 années de recherches entre plusieurs universités européennes. Il est actuelement en phase d’apprentissage au laboratoire de l’INSERM de Lyon. En apprentissage car il s’agit là d’un robot auquel des facultés cognitives ont été apportées.

Son intelligence évoluerait du niveau de celle d’un bébé de 18 mois à celle d’un enfant de 3 ans. Capable dans un premier temps d’éxecuter les ordres qu’on lui donne (par exemple pour monter une simple table), il observe et analyse les différentes étapes, les mouvements réalisés, les ordres donnés. Dans un second temps il en vient à anticiper sur les ordres pour finalement prendre les initiatives.

Cet apprentissage est un choix, les chercheurs ont préféré donner au robot une capacité d’apprentissage plutôt que de lui donner un très large éventail d’actions pré-établies. De cette façon le robot se trouve moins limité. Cette faculté a été développée avec des psychologues pour jeunes enfants en copiant leur mode d’apprentissage. Nos robots sont donc maintenant capables d’apprendre, et il faut penser qu’à partir du moment où ils peuvent apprendre quelque chose, ils deviennent aussi capables d’enseigner ce qu’ils ont appris. On pourrait alors imaginer un robot enseignant à ses congénères.

« Le robot exerce des actions automatiquement, sans réfléchir et sans se poser de questions, affirme Peter Ford Dominey. Le but est de le rendre conscient de la finalité de ses actions« .
Un robot ayant conscience des buts à atteindre serait incontestablement beaucoup plus efficace que ceux qui s’executent sans avoir conscience de la fin de leur action. Savoir qu’un but est à atteindre permettrait une plus grande autonomie. Cependant, nous pouvons nous demander comment une telle chose est possible et si le but d’un robot serait du même genre que le but d’un humain. Par exemple avoir conscience que le but de nos actions est d’aider une personne âgée à porter ses courses, nécessite que l’on ait compris le concept d’aide et que l’on ne fasse pas des actions pré-programmées comme saisir le sac, avancer jusqu’à l’endroit prévu, poser le sac etc. Il est raisonnable de penser que la fin du robot se limitera simplement à aller poser le sac à l’endroit prévu ou désigné.

Zoom sur les technologies françaises d’aide à la personne

En France le domaine de la robotique se montre dynamique et de nombreux projets voient le jour dont certains particulièrement ambitieux.

L’espace AFMASTER n’est pas véritablement un robot, mais comme son nom l’indique un espace robotisé. Il s’adresse aux personnes atteintes d’un handicap physique aigu, mais ne souffrant pas de déficit psycho-intellectuel ou neuropsychologique. Servant de lien entre des étagères spécifiques et la table devant laquelle est la personne, le bras articulé permet de gagner une certaine autonomie. Il est contrôlé soit par la voix, soit par le clavier, soit par la souris ou tout autre commande par le souffle. La manipulation du bras peut se faire manuellement à l’aide d’un joystick ou de façon automatique en donnant des ordres préenregistrés. Les fonctionnalités varient en fonction des désirs et besoins de l’utilisateur.

Se destinant davantage à l’assistance des personnes âgées, le robot Romeo, futur grand frère du robot Nao, est encore à l’état de projet. L’objectif de cet androïde de 1m20 est de pouvoir relever une personne tombée à terre. «Si nous parvenons à atteindre cet objectif, affirme Bastien Parent, d’Aldebaran robotics, Romeo sera capable de réaliser bien d’autres choses pour faciliter la vie des personnes qui ont besoin d’assistance.»

Cap robotique

Plusieurs entreprises françaises se sont mobilisées sur ce projet. En tant que robot d’assistance il devrait pouvoir exécuter certaines tâches comme ouvrir une porte, manipuler des objets etc. Ses fonctions permettraient également d’aider les personnes à se déplacer (notamment la nuit ou surviennent 80% des accidents), de les relever en cas de chute et prévenir les secours.

La voix et les gestes seraient les principaux moyens de communication avec le robot qui devra comprendre tout ce qu’on lui dit, mais pourrait être aussi capable de percevoir les émotions et mener une certaine conversation.

Avec ce projet, l’industrie de la robotique française peut se déclarer concurrente de au robots japonais et coréens et tenter de s’imposer sur le marché de l’aide à la personne, malgré l’avance considérable de l’Asie dans ce domaine.

Le pôle de compétitivité des industries numériques Cap Digital a ainsi créé une section dédiée à la robotique de service, Cap Robotique, dont l’objectif annoncé par Bruno Maisonnier, président de cette nouvelle division, est «d’élever la France au rang de leader mondial dans ce domaine».

Nao, Le futur robot compagnon intègrera des fonctions de téléassistance

Tout comme l’ont été successivement la voiture, la télévision, le téléphone, l’ordinateur, les systèmes robotiques feront demain partie de la vie de tout un chacun.

Cela semble être le point de vue de Bruno Maisonnier, le fondateur d’Aldebaran Robotics, convaincu depuis 25 ans de l’avènement de l’ère de la robotique personnelle.

La société française à ainsi développé le projet Nao : Le projet a été lancé début 2005 et vise à mettre à la disposition du grand public, pour un prix abordable, un robot humanoïde disposant de fonctions mécaniques, électroniques et cognitives dignes des prototypes de recherche. Nao devrait être disponible auprès du grand public fin 2009.

Livré en standard avec des comportements de base, le robot sera dés sa commercialisation le support idéal pour s’initier à la robotique puis, enrichi de nombreux comportements, il deviendra un compagnon autonome pour toute la famille. Il évoluera ultérieurement de son rôle de compagnon vers une vraie fonction d’assistance pour les tâches quotidiennes : surveillance, informations, lien réel-virtuel et télé-assistance…

La robotique au Japon

Les robots au Japon

Incontestablement le pays le plus avancé sur le plan des technologies d’aide à la personne (environ 50% des robots de la planète sont là bas). Le Japon est aussi le pays qui compte le plus de centenaires (23.000). Les japonais vivent longtemps, leur espérance de vie est en moyenne de quatre ans plus élevée que celle des européens et américains. Cependant cette longévité va de paire avec un nombre de naissances extrêmement bas, avec 7,87 naissance pour 1000 habitant c’est un des plus faibles taux de natalité au monde. A ce rythme là, la population verrait ses effectifs s’amoindrir passant de 127 millions en 2008 d’habitants à 100 millions vers le milieu du 21ème siècle.

Évidemment ce ne sont que des hypothèses élaborés à partir de chiffres, et ces spéculations sont rarement vérifiées par l’histoire. Néanmoins, elles nous donnent une idée précise des problèmes auxquels le pays du soleil levant doit faire face. Il se trouve dans la même situation que les autres pays développés, à un stade cependant plus avancé.

De plus, le Japon a toujours été réticent à l’égard de l’immigration. Sa population d’actifs compte 1% d’imigrés, alors que les Etats-unis en comptent 15%. Pour combler le manque de main d’œuvre ayant à s’occuper des personnes âgées, sa politique se tourne beaucoup vers la robotique.

robotique japon

Le METI (Ministère Japonais de l’Industrie) va faire de l’AIST (National Institute of Advanced Industrial Science and Technology) le premier centre de recherche sur la sécurité des robots assistants. Le but est de faciliter le passage des recherches et avancées entre la sphère publique et privée en ayant les outils et collaborateurs nécessaires au même endroit. Cela permettra à coup sur d’accroître encore l’efficacité des robots nippons. A cela s’ajoute une seconde visée, à savoir donner des normes de sécurité communes et indispensables pour que ces robots puissent être utilisés du grand public.

Le Japon en affirmant sa volonté de voir ces technologies venir en aide à sa population semble accepter l’idée du déclin de celle-ci. Il semblerait que son choix soit d’accompagner sa population vieillissante à l’aide de technologies sans chercher une aide extérieure pour la rajeunir.

Les robots d’aide en milieux hospitalier

Ils font partie des robots les plus sophistiqués du marché des gérontechnologies et les projets sont déjà nombreux au Japon.

riba gérontechnologie

Ils s’appellent RI-MAN et RIBA, ces deux robots sont destinés à aider le personnel soignant dans les hôpitaux. Ils seraient à terme capable de porter une personne et accomplir différentes tâches comme aider une personne à passer d’un lit à un fauteuil et du fauteuil au lit.

Il est clair que ces deux robots sont développés en vue d’anticiper le manque de personnel à venir dans les établissements de soins et les maisons de retraite. RIBA est annoncé comme le successeur de RI-MAN ou plutôt une seconde version plus forte et plus agile. Il adopte les traits d’un ours car l’aspect humanoïde de RI-MAN mettait certaines personnes mal à l’aise.

riman gérontechnologie

Si tous deux rendront sans doutes de grands services, on peut néanmoins se demander si ils seront suffisamment au point pour être à la hauteur de la situation qui s’annonce. Par exemple la charge pouvant être portée par RI-Man est assez faible: 12 kg. Son successeur porterait lui 61kg, mais la capacité à sentir les odeurs ébauchée pour son prédécesseur ne semble pas avoir été retenue.

Lit robotisé por personnes à mobilité réduite panasonic

Toujours dans la logique du transfert de personnes, la société Panasonic a récemment présenté un projet de lit médicalisé semi-robotique.

Ce nouveau concept de lit est capable de se convertir automatiquement en fauteuil roulant sans nécessiter l’assistance d’une tiers personne, ce afin d’offrir une plus grande autonomie aux personnes à mobilité réduite.

Paro un robot de thérapie pour la maladie d’Alzheimer

Le vieillissement s’accompagne souvent d’un plus grand besoin de soins suite à des maladies spécifiques aux personnes âgées.

Aujourd’hui, la maladie effrayant les personnes du troisième et du quatrième âge qui en sont la cible ainsi que leurs enfants, est sans conteste la maladie d’Alzheimer. Bien qu’elle semblerait être moins présente au Japon qu’en Europe ou aux Etats-Unis, elle n’en reste pas moins un sujet de préoccupations importantes dans la sphère politique et dans la sphère médicale.

Robot bébé phoque Paro

Les premiers stades de la maladie sont une perte de la mémoire immédiate et de certains mots courants. A terme la personne en vient à perdre ses facultés cognitives, et se retrouve dans l’incapacité de communiquer avec les gens qui l’entourent. Il s’ensuit alors un replie sur soi qui s’accélère du fait de l’absence de contacts avec l’extérieur venant stimuler l’intellect.

Le robot baptisé Paro (voir à ce sujet la tribune de Catherine OLLIVET)  ressemble à un bébé phoque en peluche, il mesure 57cm et pèse 3kg. Il a été conçu dans le but de créer une interaction entre la personne atteint de démence (les personne atteinte de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé sont classées par la médecine dans cette catégorie de malades) et le robot.

Paro Personnes âgées

Très doux au toucher afin de susciter l’envie de contacts, il réagit aux caresses en remuant la queue et en fermant les yeux. Il peut aussi apprendre un nom, manifester des émotions comme la joie ou la surprise et émettre des sons semblables à ceux d’un véritable phoque. Ses capteurs lui permettent de repérer la provenance d’une voix ou la présence de quelqu’un.

Il permettrait ainsi de réduire le stress des patients en milieu hospitalier et favoriserait également la sociabilisation de la personne. De ce fait les relations entre les patients et les soignants se verraient améliorées, mais aussi l’interaction des patients entre eux.
Ces outils doivent cependant être encadrés, un exemple d’utilisation de Paro en Allemagne a en effet démontré que l’attachement d’une résidente de maison de retraite à son robot bébé phoque a eu pour conséquence son isolement par rapport au reste des pensionnaires.

La robotique d’aide aux déficiences physiques

Le grand âge engendre moins de pertes cognitives et mnésiques que de pertes physiques.

La masse musculaire s’amoindrit impliquant une diminution des forces du corps. Pour remédier à cela, le Japon a décidé de promouvoir la conception et l’utilisation d’exosquelettes. Ceux-ci sont adaptés pour une utilisation par les personnes souffrantes de déficiences musculaires, ou devant subir un entrainement de réhabilitation physique à titre médical. Il apparait ainsi comme le choix opposé du projet de l’école polytechnique féderale de Lausanne qui a préféré ne pas créer un « robocop », et contrairement au prototype HULC développé en Amérique, il n’est pas prévu à des fins militaires.

HAL (Hybrid Assistive Lymb)

HAL (Hybrid Assistive Lymb) a été lancé en 2008 par la société Cyberdyne. Cette combinaison robotique utilise des capteurs placés sur la peau pour détecter les différents mouvements des membres du corps et ainsi multiplier la force de 2 à 10 fois. Alimenté par une batterie d’une autonomie de 2,5 à 5h, cet équipement se vendrait 4.200$ (environ 2.878 euros).

Aujourd’hui HAL a été adapté spécialement pour être utilisé par les personnes âgées. Il est maintenant produit en série et loué à des maisons de repos et hôpitaux. Une démonstration a été organisée dans les rues de tokyo (vidéo ci-après).

Le robot Mobiro

Le robot Mobiro d’aide à la mobilité de Toyota a été conçu pour les personnes à mobilité réduite. Il est capable d’atteindre une vitesse de 6 km/h avec une autonomie de 20 km.
L’un de ses avantages est de pouvoir circuler sur des surfaces y compris avec des obstacles sans que la position du passager n’en soit affectée.

Toujours dans le cadre de développement de nouveaux systèmes de transport, Toyota a également mis au point un fauteuil roulant pouvant être contrôlé par la pensée.
L’électroencéphalogramme de l’utilisateur est analysé en quasi-permanence, il suffit donc de penser le mouvement pour que le fauteuil l’exécute, avec un taux de réussite de 95% selon le constructeur.

Les robots de compagnie pour personnes âgées

Le robot a réussi à être inséré dans une relation affective, et c’est dans cet espace que se développent les robots de compagnie.

Notons que l’approche affective par rapport aux robots est un phénomène culturel propre à l’Asie et tout particulièrement au Japon, dont les mangas sont peuplés de robots attendrissants depuis des décennies. La religion est également à l’origine de ce phénomène culturel, alors que le bouddhisme et le shintoïsme, autorisent d’accorder une âme à des objets sans vie.

aprialpha robot d'assistance aux personnes âgées

Non seulement leur utilisation est bénéfique pour le psychisme de la personne âgée, l’aidant à lutter contre le sentiment de solitude et d’isolement. Mais en plus leur popularité s’étend à toutes les classes d’âge.

Tous n’ont pas nécessairement la forme d’un animal, certains ne rappellent rien de vivant, mais ils sont déjà très nombreux. Par exemple ApriAttenda et ApriAlpha de Toshiba, l’un accompli des tâches ménagères, le second fait office de nurse. Capables de reconnaître une personne et de la suivre en restant en retrait. Ils peuvent lire le courrier à voix haute et retrouver une personne dans la foule, de reconnaître les voix, recevoir les ordres, surveiller le domicile…

EMIEW de Hitachi

EMIEW de Hitachi est un robot réceptionniste. Pour ses concepteurs les robots bipèdes sont trop lents actuellement pour pouvoir se rendre utile. Ils en ont donc conçu un qui est monté sur roue lui permettant une vitesse de 6km/h.

Ifbot de Busines Design Laboratory

Ifbot de Busines Design Laboratory, peut soutenir une conversation grâce à une base de donnée de plusieurs milliers de dialogues, il tient compte des émotions dans la voix de son interlocuteur et peut se souvenir des visages. La capacité à dialoguer reste toujours très limité, on peut même difficilement appeler cela du dialogue. Il s’agit de discussions enregistrés, le robot ne fait que donner la réplique, une phrase entendu correspond à une des phrases enregistrées, le robot répond en répétant la phrase suivante du dialogue.

Mamoru, un robot compagnon « aide-mémoire »

Mamoru de l’IFF research institute, est destiné aux personnes âgées ou souffrants de troubles cognitifs. Grâce à sa caméra à grand angle, il peut rappeler où se trouvent divers objet (clef, télécommande, tasse, livre, etc) et même rappeler à une personne de prendre ses médicaments.

L’IFF Research Institute (Université de Tokyo- Japon) en collaboration avec Fujitsu Laboratories Ltd a réalisé un robot dont l’objectif est d’aider les personnes âgées.

Mamoru est un robot équipé d’un système vidéo de traitement de l’image, de détection de mouvement ou encore de reconnaissance d’objets.

Doté d’un large champ de vision, il a été conçu pour aider les personnes à retrouver des objets égarés tels qu’une télécommande par exemple. C’est également un compagnon utile qui ne manquera pas d’indiquer « qu’il est l’heure de ne pas oublier de prendre ses médicaments ».

Couplé à un réseau de capteurs RFID, pouvant notamment être intégrés dans les pantoufles de l’utilisateur, Mamoru de vient capable de détecter et positionner la personne âgée en cas de besoin.

sources : http://robot.watch.impress.co.jp/cda/news/2008/12/04/1482.html

Twendy-one, Wakamaru et Asimo

twendy-one robot d'assistance aux personnes âgées

Twendy-one de Tokyo’s elite waseda university, mesure 1,5m et pèse 111 Kg. Il peut se saisir des objets et les apporter. Il peut par exemple ouvrir un frigo pour prendre de la sauce tomate. Il peut aussi aider les personnes à se lever et à sortir du lit. Il dispose aussi de la faculté de parler. Equipé de multiples capteurs, il peut absorber les chocs en cas de contact avec une personne.

Wakamaru de Mitsubishi, peut également parler, il a un téléphone portable intégré et est branché sur internet via le Wi-fi. Il peut donc appeler les secours si la personne avec qui il est fait un malaise ou une chute.
Il dispose d’une reconnaissance vocale et faciale de ses propriétaires, et peu prendre l’initiative de parler en fonction de ses observations.

Taizo le coach sportif pour seniors et personnes âgées

Pour finir, Asimo de HONDA, dont le nom est un clin d’oeil au père de la robotique Isaac Asimov.
Asimo est un des robots les plus médiatiques, c’est une véritable vitrine technologique pour la firme japonaise il est par ailleurs considéré comme l’un des robots les plus avancés technologiquement, même si son utilisation nécessite encore le déplacement de plusieurs ingénieurs.
Asimo se destine à différentes tâches allant de l’accueil en entreprise, au coach sportif (comme le robot Taizo le propose déjà) et d’assistance pour séniors jusqu’au maintien à domicile des personnes âgées.

Ces robots de compagnie servent aussi bien à aider qu’à divertir, si bien que la frontière servant à délimiter la robotique d’assistance et celle de confort est extrêmement poreuse. Toutes deux vont souvent de paire et l’on conçoit difficilement une technologie d’aide n’apportant pas un certain confort ou un robot de divertissement n’apportant aucune aide. Cependant il faut reconnaître que ces robots sont encore très lents dans leurs mouvements. De plus leur semblant de conversation nous fait davantage penser à une tentative pour singer l’humain qu’à l’apparition de nouveaux interlocuteurs.

En conclusion, il existe trois différents types d’aides, les aides humaines, les aides animales et les aides techniques dont la robotique fait partie

Entre fantasme et réalité, cette dernière progresse rapidement dans nos foyers ainsi que hors de nos murs. Elle est maintenant au centre de certains soins et de certaines politiques. Nous avons vu qu’elle est la réponse privilégiée du Japon à la question du vieillissement. Elle soutient les nouvelles thérapies pour handicapés et personnes âgées en Europe. Elle se trouve être également l’objet d’un intérêt particulier pour l’armée américaine. Cependant sur les trois continents, on distingue trois politiques robotiques et trois utilisations et perspectives de la robotique très différentes.

Le Japon est le pays de référence car dans la voie qu’il a choisi il est le plus avancé et peut vendre son savoir technique. Sa politique consiste à accepter le déclin de sa population en privilégiant le développement de la robotique et non l’immigration. Les robots soignants, les robots de compagnie et les équipements robotisés sont destinés à répondre aux besoins d’une population vieillissante. Cette politique conduit à avoir des robots très proches des humains en leur ressemblant au maximum.Cela dans le but de palier au manque de personnes à venir. Ainsi il n’est pas dérangeant d’introduire là-bas un robot dans une relation affective.

On pourrait certes juger assez durement cette politique en déclarant qu’elle privilégie la robotique aux immigrés et donc aux humains. Cependant on ne peut s’empêcher de penser que la chute démographique qui s’annonce aura une répercussion positive sur l’environnement, les ressources disponibles. Peut-être que ce choix n’est pas dépourvu d’une certaine sagesse.

La politique Européenne serait presque le choix opposé, les robots sont maintenus à une certaine distance. Il y a peu d’anthropo-physionomie, la plupart de robots sont utilisés dans un but thérapeutique ou pour palier à un handicap. Les robots de compagnie sont peu présents et la population est assez réticente à l’idée d’avoir un robot comme garde-malade ou comme animal de compagnie. Mais surtout, les robots d’assistance aux personnes ne sont pas développés sans une réflexion éthique qui est beaucoup moins présente sur les autres continents. Il y a certes ici une prise de conscience de ce que ces technologies peuvent apporter, mais également une méfiance concernant les conséquences de leur développement.

Aux Etats-unis, la robotique se divise entre les robots d’assistance et les robots militaires. Une population importante ainsi qu’une immigration élevée permet une autre politique. Ces technologies sont donc utilisées pour la puissance militaire qu’elle peut apporter autant que pour l’assistance aux personnes âgées.

Que l’on prenne les robots militaires américains ou les robots assistants japonais, leurs capacités sont encore largement insuffisantes pour nous apporter un avenir radieux au paradis de la robotique, ou une lutte à mort contre les machines.

Certains prédisent l’avènement de la robotique personnelle dans les 20 ans à venir, tout comme l’ordinateur personnel ou encore le GSM se sont imposés. Ces technologies vont nous aider, faire partie de la vie courante et probablement nous créer parfois quelques difficultés.

Les robots seront-ils des « hommes » à tout faire à la maison, des aides sans qui il ne sera pas possible de vivre nos vieux jour à domicile ?


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Publié par la Rédaction le


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