Alors que les vacances d’été éloignent temporairement de nombreux proches aidants, un sondage national met en évidence un important décalage entre ce que les aidants pensent mettre en place et ce que vivent réellement les personnes âgées restées à domicile. L’étude révèle également une inquiétude persistante des aidants, une attente forte de relais professionnels et une méconnaissance des dispositifs d’aide.
42 % des aidants pensent maintenir le lien, mais seuls 29 % des seniors le ressentent réellement.
69 % des aidants ont déjà sacrifié leurs vacances pour accompagner un proche âgé.
85 % redoutent de découvrir un problème chez leur proche à leur retour de vacances.
71 % des aidants sont prêts à financer un relais professionnel pendant l’été.
Les seniors privilégient les solutions humaines et rejettent davantage les dispositifs jugés intrusifs.
Vacances : un lien qui rassure surtout… les aidants
C’est une réalité souvent passée sous silence. Si 42 % des aidants estiment maintenir le lien avec leur proche âgé en période estivale grâce à des appels ou des visioconférences réguliers, seuls 29 % des seniors déclarent réellement bénéficier de cette présence à distance. Même constat pour le relais assuré par la famille : 41 % des aidants pensent qu’un autre membre de la famille prend le relais, contre seulement 31 % des seniors qui le confirment.
L’enquête montre également que les aidants surestiment plusieurs formes d’accompagnement. Ils sont 36 % à penser que leur proche se débrouille seul, alors que seuls 28 % des seniors décrivent cette situation. À l’inverse, les voisins semblent jouer un rôle plus important que ne l’imaginent les aidants (16 % contre 12 %), tout comme les pharmaciens (4 % contre 2 %). En revanche, aide à domicile, infirmiers et téléassistance affichent des perceptions quasiment identiques entre les deux populations.
«Notre enquête révèle un décalage silencieux. L’aidant part en pensant qu’un appel quotidien permet de garder le lien ; le senior, lui, ne vit pas ce coup de téléphone comme une présence.Notre conviction, c’est qu’aucune technologie et aucun message vocal ne remplacera une présence humaine de confiance au domicile. Il nous semble évident de continuer à précisément transformer l’inquiétude de l’été en tranquillité réelle autant pour ceux qui partent comme pour ceux qui restent. »
Sonia Da Cruz – Directrice Marketing Communication & Digital Groupe A2micile – Azaé & Domaliance
Une inquiétude permanente… et des seniors qui minimisent encore les difficultés
Face à un malaise, une chuteou une difficulté, les personnes âgées ont tendance à protéger leurs proches plutôt qu’à les solliciter : 24 % déclarent qu’elles attendraient le retour des vacances pour ne pas les déranger, contre 19 % seulement imaginés par les aidants. Elles sont également 22 % à reconnaître qu’elles minimiseraient la gravité du problème, alors que les aidants ne sont que 20 % à anticiper cette réaction. Plus inquiétant encore, seuls 9 % appelleraient directement les secours en cas d’urgence, contre 11 % estimés par leurs proches.
Cette inquiétude accompagne les aidants tout au long de leurs congés. Près de 7 aidants sur 10 (69 %) déclarent avoir déjà sacrifié tout ou partie de leurs vacances à cause de leur proche âgé. Parmi eux :
39 % restent joignables en permanence, téléphone à la main
24 % choisissent une destination plus proche
19 % utilisent leurs congés pour s’occuper de leur proche plutôt que pour se reposer
17 % renoncent même à partir à l’étranger.
Au retour des vacances, les craintes restent très fortes. 85 % des aidants redoutent de découvrir un problème chez leur proche. Les principales inquiétudes concernent une chute passée sous silence (45 %), un repli sur soi ou une dégradation du moral (43 %), des médicaments mal pris (40 %), un logement dégradé ou un réfrigérateur vide (35 %), une perte de poids (31 %), des signes de confusion (30 %) ou encore une arnaque (28 %).
Technologie, aide à domicile et solidarité de proximité : des attentes bien réelles
Les technologies rassurent davantage les aidants que les seniors. Un tiers des aidants (34 %) souhaiterait équiper leur proche d’une montre géolocalisée, mais seuls 24 % des seniors accepteraient ce dispositif. Même décalage pour le partage permanent de la position du téléphone (20 % contre 11 %) ou les caméras au domicile (15 % contre 8 %). À l’inverse, 26 % des seniors refusent certains équipements au nom du respect de leur vie privée, contre 17 % des aidants. Le seul dispositif qui fait davantage consensus chez les seniors reste le double des clés confié à un voisin (38 % contre 32 %).
Lorsque les aidants envisagent un relais professionnel, la volonté existe. Ils sont 71 % à se dire prêts à financer une aide à domicile pendant leurs vacances, avec un budget privilégié compris entre 50 et 100 euros par semaine (28 %). Mais près d’un aidant sur cinq (19 %) y renonce faute de moyens financiers. Parallèlement, un quart des seniors ignore totalement le coût réel d’une semaine d’aide à domicile et 37 % l’estiment à moins de 250 euros. Enfin, le crédit d’impôt de 50 % reste encore largement méconnu : 32 % des seniors déclarent ne pas savoir qu’il existe, tandis que seuls 31 % disent le connaître précisément.
La solidarité de proximité apparaît néanmoins comme une piste prometteuse. Quatre Français sur dix accepteraient de veiller sur une personne âgée de leur voisinage à condition qu’un professionnel reste joignable en cas de besoin. Le principal frein n’est pas le manque de bonne volonté mais la peur d’être tenu responsable en cas d’accident, exprimée par 29 % des aidants et 34 % des seniors.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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