Le jeudi 29 octobre, à Copenhague, les 53 États membres de la Région européenne de l’OMS (World Health Organization) ont adopté à l’unanimité une nouvelle stratégie pour le vieillissement en santé 2026-2030. Son nom : « Vieillir, c’est vivre ».

Le jeudi 29 octobre, à Copenhague, les 53 États membres de la Région européenne de l’OMS (World Health Organization) ont adopté à l’unanimité une nouvelle stratégie pour le vieillissement en santé 2026-2030. Son nom : « Vieillir, c’est vivre ».
Un défi considérable
- D’ici 2050, la population des 60 ans et plus devrait augmenter d’environ 50 % dans la Région européenne de l’OMS.
- Le nombre de personnes de 85 ans et plus devrait plus que doubler.
- Les années de vie supplémentaires ne sont pas nécessairement des années vécues en bonne santé.
Mais ce qui m’intéresse particulièrement dans cette stratégie, c’est le changement de perspective qu’elle propose.
Le vieillissement ne doit plus être considéré uniquement à travers les maladies, la dépendance ou les besoins de soins.
Il doit aussi être évalué à travers les capacités que nous conservons et notre possibilité de continuer à vivre comme nous le souhaitons.
Quatre grandes orientations ont été retenues
- Prévenir plus tôt, tout au long de la vie, en agissant notamment sur l’activité physique, la nutrition et les facteurs de risque modifiables.
- Transformer les parcours de soins et d’accompagnement, pour mieux articuler prévention, soins, réadaptation et accompagnement social.
- Adapter notre environnement, afin de préserver les possibilités de se déplacer, de participer à la vie sociale et de conserver son indépendance.
- Lutter contre l’âgisme, pour que l’âge ne devienne jamais, à lui seul, un critère d’exclusion ou de limitation d’accès aux soins.
L’OMS souhaite désormais mesurer davantage les capacités fonctionnelles, les capacités intrinsèques et les inégalités, et pas seulement les maladies et la mortalité.
Autrement dit, ne plus uniquement compter les années de vie gagnées, mais aussi mesurer ce que ces années permettent réellement de faire, notamment dans l’approche ICOPE.
Évidemment, cette stratégie n’est pas une nouvelle loi française. Elle ne crée pas, à elle seule, de financements ou de droits supplémentaires, mais elle fixe une direction commune.
Désormais, la question sera celle de sa traduction concrète dans les politiques nationales et territoriales.
Et si nous faisions de l’autonomie préservée, plutôt que de la seule espérance de vie, l’un des principaux indicateurs de réussite de nos politiques de santé ?
L’hebdo du Vieillissement est une tribune régulière du Pr Bertrand Fougère

Bertrand FOUGÈRE
Professeur de Gériatrie
Pôle Vieillissement – Université / CHU Tours
Bertrand Fougère est Professeur de Gériatrie, spécialiste reconnu dans le domaine du vieillissement et de la prise en charge des personnes âgées depuis 2018. Fort de son expertise, il collabore régulièrement avec les ministères de la Santé et des Solidarités pour développer des politiques de prévention et d’accompagnement innovantes. Son parcours est marqué par une participation à des initiatives structurantes visant à renforcer l’autonomie et la qualité de vie des personnes âgées, ainsi qu’à soutenir les aidants.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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