Replay SilverEco Digital Days 365 : “Ce que veulent les vieux”, les résultats expliqués du baromètre 2026 – Réseau Francophone des Villes Amies des Ainés

AUTRES ACTUS ET INFORMATIONS SUR : FAITS DE SOCIETE

Enregistrée dans les studios de SilverEco, cette émission donne la parole à Pierre-Olivier Lefebvre, figure engagée du bien-vieillir et délégué général du Réseau Francophone Villes Amies des Aînés (RFVAA). À travers les résultats du baromètre 2026 “Ce que veulent les vieux”, il décrypte les attentes de plus de 10 000 habitants âgés interrogés dans 130 territoires. Au fil de l’échange, un message s’impose : vieillir aujourd’hui n’est plus une question d’assistance, mais de citoyenneté. Les aînés ne demandent pas qu’on s’occupe d’eux. Ils veulent être entendus, considérés, et pleinement intégrés à la vie des territoires.

baromètre 2026 – Réseau Francophone des Villes Amies des Ainés - digital days silver eco
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Baromètre 2026 : vieillir, oui… être assigné, non

Derrière le titre volontairement provocateur du baromètre, un positionnement assumé. Le mot “vieux” n’est plus tabou, il est revendiqué. Une manière de casser les codes et de remettre les pendules à l’heure. Pour Pierre-Olivier Lefebvre, le véritable enjeu est ailleurs : « Le baromètre montre que les gens ne veulent pas qu’on s’occupe d’eux, mais qu’ils veulent être des citoyens à part entière. »

Une prise de position claire qui bouscule encore certaines pratiques. Parler de “nos seniors” ou “nos personnes âgées” n’est pas neutre. Cela infantilise, déresponsabilise, et invisibilise leur rôle dans la société. À l’inverse, la démarche Villes Amies des Aînés revendique une approche à trois voix : élus, professionnels et habitants. Et les habitants âgés ont une expertise précieuse : celle de l’usage. « On n’a pas une demande d’être assisté, on a une demande d’être soutenu et d’être entendu. »

Des attentes concrètes : mobilité, information et cadre de vie

Le baromètre 2026 confirme des priorités très opérationnelles. Premier enjeu : pouvoir se déplacer, simplement. La marche reste le premier mode de transport des retraités, ce qui place les trottoirs, l’accessibilité et l’aménagement urbain au cœur des attentes.

Mais au-delà des infrastructures, c’est toute la chaîne de vie quotidienne qui est interrogée : l’accès à l’information, la compréhension du numérique, ou encore la présence de lieux ressources. Pour Pierre-Olivier Lefebvre, « la fracture numérique n’est pas une résignation : les gens ont envie d’agir, de comprendre, de rester en lien. »

Les aînés réclament ainsi une communication hybride : numérique, papier et humaine. Ils veulent choisir. Et surtout, ils veulent continuer à participer à la vie locale, à comprendre ce qui s’y passe et à y contribuer. Autre signal fort : la proximité. Commerces accessibles, espaces partagés, jardins collectifs… autant de leviers pour maintenir le lien social et lutter contre l’isolement.

Le lien social comme moteur du bien vieillir

Plus encore que les services, ce que révèlent les résultats, c’est une quête de sens. Le lien social, la vie de quartier et l’intergénérationnel arrivent en tête des attentes. Contrairement à certaines idées reçues, il n’y a pas de fracture générationnelle revendiquée. Au contraire, les aînés veulent vivre avec les autres, pas à côté.

La culture et les loisirs s’inscrivent dans cette logique. Qu’ils soient à domicile ou en extérieur, ils doivent rester accessibles pour maintenir le plaisir, la convivialité et l’engagement. Car derrière chaque activité, il y a une motivation essentielle : continuer à exister socialement. « Si ça n’a pas de sens, ça ne marche pas. Ce qui compte, c’est la convivialité. »

Habiter, choisir, décider : les nouveaux défis du vieillissement

Le dernier enseignement majeur du baromètre concerne l’habitat et l’accompagnement. Le maintien à domicile ne peut plus être une injonction abstraite. Il doit être rendu possible, concrètement. Petits travaux, conciergerie, adaptation du logement : les besoins sont simples, mais encore trop peu couverts. Pour Pierre-Olivier Lefebvre,
« les gens veulent vivre à domicile, mais qu’est-ce que c’est compliqué de changer une ampoule ou réparer une chasse d’eau. »

Pierre-Olivier Lefebvre

« Il n’y a pas une revendication d’une catégorie d’âge contre une autre, mais une envie de vivre ensemble. »

Pierre-Olivier Lefebvre, délégué général du Réseau Francophone Villes Amies des Aînés

Au-delà, c’est toute la question du parcours résidentiel qui est posée : comment accompagner les choix, anticiper les transitions, et proposer des solutions adaptées sans opposer les modèles (domicile, habitat inclusif, EHPAD) ?

Enfin, le baromètre met en lumière un besoin fort de participation citoyenne. Les aînés ne veulent pas être consultés une fois, mais impliqués dans la durée. Et le message final est sans détour : « Arrêtons de considérer les vieux comme un coût : c’est une richesse pour la société. »

Une révolution silencieuse… mais incontournable

À travers ce baromètre 2026, le RFVAA ne propose pas seulement un état des lieux. Il pose les bases d’un changement de regard : vieillir n’est pas un problème à gérer, mais bien une transformation à accompagner.

Et peut-être, comme le suggère avec provocation Pierre-Olivier Lefebvre, faudrait-il un jour mesurer réellement le rôle des aînés :
une société sans eux… fonctionnerait-elle encore ?

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