Silver économie et transition démographique : rencontre avec Pierre Mayeur, Directeur Général de l’OCIRP

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Alors que la transition démographique ne cesse d’évoluer, la silver économie est aujourd’hui au cœur des des discussions et des débats. Nous sommes allés à la rencontre de Pierre Mayeur, Directeur Général de l’OCIRP, pour nous parler du rôle de l’OCIRP dans la silver économie et de la question de la protection sociale.

Dans cette interview, Pierre Mayeur nous partage les missions de l’Organisme Commun des Institutions de Rente et de Prévoyance pour la silver économie, ses débuts ainsi que sa création en 1967, mais surtout le rôle de l’OCIRP face à la question de la protection sociale.

Vous soutenez ces actions qui vont dans le mieux-être des personnes fragiles, quelles qu’elles soient, en raison de situations familiales et en raison de l’âge. Qu’attendez-vous de la silver économie et que pouvez-vous lui apporter ?

De manière général, toute personne, toute institution, tout organisme qui réfléchit à la protection sociale, est forcément confronté à la question de l’avancée en âge, à la question du vieillissement de la population, à la question du fait que nous allons avoir une partie importante de la population qui est née après 1945, qui va arriver dans les toutes prochaines années au grand âge. Les personnes nées en 1945 vont, par définition, avoir 85 ans en 2030, donc dans 8 ans.

Il va y avoir un effet de masse : il n’y aura pas forcément plus de personnes âgées dépendantes de manière relative, peut-être plutôt moins. En revanche, comme elles sont beaucoup plus nombreuses parce qu’elles sont nées en 1945 de manière importante, et puis pendant 30 ans, la question se pose dans des termes différents. La question est : comment faisons-nous par rapport à ce vieillissement, qui est en soit une superbe bonne nouvelle par rapport à la génération de nos grands-parents ou nos arrières grands-parents, pour se rendre compte qu’effectivement l’espérance de vie en bonne santé a considérablement progressé ?

Il faut donc que notre société, que nos villes, que nos campagnes et que nos territoires puissent s’adapter à cette situation, ce qui est un des éléments du sujet. Et puis, ce phénomène adresse toutes les politiques publiques et politiques culturelles. Je pense que nous n’avons pas forcément les mêmes aspirations et les mêmes besoins culturels quand nous avons 80 ou 85 ans, nous avons le droit d’avoir une vie culturelle à 85 ans, que les personnes de 25 ou 30 ans, ce qui est normal et logique.

Je pense qu’il y a toute cette transformation et nous, dès que nous nous intéressons à la question de protection sociale, forcément nous nous la posons, donc tout organisme, toute institution, tout rassemblement comme la silver économie qui, elle, se pose la question également. Cette transformation démographique, nous ne pouvons évidemment que la soutenir.

J’ai cette conviction de dire que nous avons une triple révolution : la révolution numérique, la révolution écologique par rapport au réchauffement climatique et la révolution démographique. Nous devons s’efforcer de consigner ces trois révolutions de la manière la plus efficace.

Ensuite, nous pouvons imaginer des sources d’innovation, c’est aussi des enseignements extrêmement intéressants justement pour limiter le plus possible les coûts. Nous savons très bien que si vous investissez un euro dans la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées, le retour dans l’investissement de cet euro sur les dépenses de santé futures, sur les dépenses de perte d’autonomie, est très conséquent. Un rapport de la Cour des Comptes vient encore de le dire.

Tous les dispositifs techniques que nous pouvons imaginer peuvent parfois faire sourire car il en existe des mille et des cents. Il est très intéressant de se dire comment nous faisons par rapport à des personnes âgées qui vont être de plus en plus à domicile, qui vont vieillir de plus en plus à domicile, et qui vont vieillir de plus en plus seules. L’isolement des personnes âgées est une des questions majeures, et je ne sais pas si ce sera une des questions majeures des élections présidentielles à venir mais très sincèrement ça le mériterait. Nous nous demandons quels sont les dispositifs techniques en dehors du côté « gadget » qui fonctionnent en usage, car une idée peut être excellente écrite et de manière théorique, mais si elle n’est pas utilisée et appropriée par les utilisateurs, ça ne marche pas.

Je pense que dans tout ce bouillonnement créatif qu’il y a autour de la silver économie, ce sont des éléments extrêmement positifs et intéressants à regarder, à apprécier, à évaluer par des organismes assureurs, comme l’OCIRP.

Pour plus d’informations sur l’OCIRP et ses actions, découvrez cette interview dans son entièreté ci-dessous :


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Cet article a été publié par la Rédaction le


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