Face au vieillissement accéléré de sa population, le Japon prépare une nouvelle réforme du remboursement des frais médicaux des personnes âgées. À partir de 2029, les revenus financiers, notamment les dividendes et les plus-values boursières, devraient être pris en compte pour calculer leur reste à charge.

- Le Japon compte environ 22 millions de personnes âgées de plus de 75 ans.
- Les plus de 75 ans représentent 40 % des dépenses médicales du pays.
- Le reste à charge varie de 10 à 30 % selon les revenus.
- Dès août 2029, les revenus financiers seront intégrés au calcul des frais médicaux.
- La réforme doit être pleinement déployée en août 2030.
Vieillissement de la population : le Japon revoit le remboursement des soins
Comment financer durablement les dépenses de santé d’une population qui vieillit rapidement sans alourdir la facture des générations actives ? Le Japon est confronté à ce défi démographique et budgétaire. Quelque 22 millions de Japonais ont aujourd’hui plus de 75 ans, un nombre qui augmente avec le passage de cette tranche d’âge par les générations du baby-boom de l’après-guerre. Or, les besoins médicaux progressent avec l’âge, ce qui exerce une pression croissante sur le système de santé.
Le poids des seniors dans les dépenses médicales illustre cette évolution. Selon franceinfo, les plus de 75 ans représentent environ 40 % des dépenses médicales du pays, alors qu’ils constituent 18 % de la population. Face à cette situation, les autorités japonaises font évoluer les règles de participation financière des patients âgés. L’objectif est de mieux répartir le coût des soins en fonction des ressources de chacun, tout en préservant des mécanismes de protection pour les personnes les plus vulnérables.
Un reste à charge calculé selon les revenus
Le système japonais prévoit déjà une participation financière variable selon les ressources. Toujours selon franceinfo, les personnes de plus de 75 ans aux revenus modestes prennent en charge 10 % de leurs frais médicaux, contre 20 % pour celles disposant de revenus intermédiaires et 30 % pour les plus aisées. Un plafond mensuel limite par ailleurs les dépenses restant à la charge des patients, notamment pour éviter que les personnes atteintes de maladies longues, comme le cancer, ne supportent des coûts excessifs. La réforme ne supprime donc pas la couverture médicale, mais renforce la modulation de la participation individuelle.
Cette logique de contribution selon les moyens financiers doit toutefois évoluer. Jusqu’à présent, certains revenus issus des placements financiers, notamment les dividendes et les plus-values boursières, échappaient au calcul lorsqu’ils n’étaient pas déclarés aux services fiscaux. Dans un article consacré à cette réforme, The Japan News souligne que cette exclusion alimentait les critiques sur l’équité du dispositif. Le gouvernement entend désormais mieux tenir compte des ressources réelles des assurés, au-delà des seules pensions de retraite et des revenus déjà intégrés aux calculs.
Dès 2029, les revenus financiers intégrés au calcul
Le ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales prévoit de commencer à intégrer ces revenus financiers au calcul du reste à charge et des cotisations d’assurance maladie à partir d’août 2029. Selon The Japan News, les établissements financiers devront transmettre en ligne, dès janvier 2029, des déclarations détaillant notamment les dividendes versés et certaines opérations boursières. Les données de l’année fiscale 2028 seront ainsi prises en compte lors du premier déploiement. La mise en œuvre complète du dispositif est prévue pour août 2030.
Cette réforme s’inscrit notamment dans une révision plus large du financement de la protection sociale japonaise, confrontée à l’augmentation des dépenses liées au vieillissement. Le ministère prévoit notamment de développer une base de données permettant de croiser les informations financières et fiscales afin de calculer les cotisations et les participations aux frais médicaux. Selon The Japan News, une enveloppe de 5,6 milliards de yens est inscrite dans la demande budgétaire pour l’exercice 2027 afin de financer ce système et d’accompagner les adaptations informatiques nécessaires. Reste à mesurer les effets concrets de cette évolution sur les dépenses des seniors concernés et sur l’équilibre du système de santé.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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