Baromètre 2026 du Club Landoy : « La France qui vieillit : entre lucidité et résistance » alerte sur la dépendance et le coût de la santé

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Le vieillissement de la population n’est plus une perspective lointaine mais une réalité que les Français observent avec lucidité. Selon le Baromètre 2026 du Club Landoy, « La France qui vieillit : entre lucidité et résistance », une majorité d’entre eux s’inquiète des conséquences de cette transition démographique sur la santé, la dépendance et les retraites. Si les Français prennent davantage conscience des défis qui attendent le pays, ils regrettent aussi que ces enjeux demeurent insuffisamment présents dans le débat public.

Vieillissement démographique
Dépendance
Retraites
Solidarité intergénérationnelle
Protection sociale
  • Le baromètre 2026 montre une forte prise de conscience des Français face au vieillissement démographique, même s’ils estiment que ce sujet reste insuffisamment présent dans le débat public.
  • Les Français expriment de fortes inquiétudes concernant la dépendance et la capacité future du système de santé à financer durablement les besoins liés au grand âge.
  • Sur les retraites, ils reconnaissent la nécessité de réformer le système, mais continuent majoritairement à préférer un départ à la retraite plus précoce, ce qui révèle un fort paradoxe.
  • Le vieillissement est perçu comme un facteur potentiel de tensions entre générations, même si une aspiration à davantage de solidarité intergénérationnelle demeure.
  • Des solutions émergent toutefois, notamment une plus grande flexibilité du travail en fin de carrière et une contribution accrue des retraités, qui apparaissent comme des pistes mieux acceptées.
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L’édition 2026 du baromètre « La France qui vieillit : entre lucidité et résistance » du Club Landoy révèle une prise de conscience croissante des Français face au basculement démographique et souligne qu’ils regrettent que le vieillissement soit trop peu abordé dans le débat public.

Inquiets face au risque de dépendance liée au grand âge, les Français anticipent un vieillissement plus solitaire. Ils sont lucides sur le fait que le système de santé est sous pression sur les coûts de santé croissants qu’ils devront en partie assumer.

Sibylle Le Maire, Directrice exécutive chez Bayard et fondatrice du Club Landoy

« Ce baromètre révèle une France lucide, mais inquiète : lucide sur les défis du vieillissement, inquiète de la capacité de notre modèle social à y répondre. Entre déni et fatalisme, il existe une troisième voie : celle de la responsabilité et de l’action collective. C’est précisément la vocation du Club Landoy que de faire émerger cette voie »

Sibylle Le Maire, Directrice exécutive chez Bayard et fondatrice du Club Landoy

Sur les retraites, l’ambivalence demeure : s’ils reconnaissent qu’une réforme est nécessaire, les Français aspirent toujours à un départ plus précoce. Plus largement, le vieillissement bouscule le pacte social, perçu par une majorité comme une source de tensions potentielles entre générations.

Le Baromètre met toutefois en lumière des points de convergence pour faire évoluer la situation : une majorité de Français se dit prête à travailler au-delà de l’âge légal, à condition d’une plus grande flexibilité, et la contribution des retraités apparaît comme une piste de financement soutenue par toutes les générations.

1. La prise de conscience démographique des Français

Si plus de 8 Français sur 10 savent qu’il y a désormais davantage de décès que de naissances en France, les deux tiers estiment cependant que l’enjeu du vieillissement n’est pas suffisamment traité dans le débat public.

2. Le risque d’une santé plus chère et d’une dépendance solitaire

Cette lucidité s’accompagne d’inquiétudes fortes, notamment autour de la santé et de la dépendance.

Un système de santé qui inspire confiance à court terme, mais interroge sur le long terme

Plus de la moitié des Français (55 %) disent que le système leur permettra de vieillir en bonne santé, mais seul un tiers d’entre eux (36 %) estiment que celui-ci sera financièrement viable pour répondre durablement aux besoins de tous.

Dans ce contexte, 76 % des sondés anticipent une hausse du reste à charge, alors que seuls 36 % déclarent pouvoir y faire face financièrement.

La dépendance ressort comme la plus forte source d’inquiétude : seuls 41 % des Français font confiance au système de santé pour prendre en charge leur propre dépendance. Si une majorité d’entre eux, tous âges confondus, juge probable de bénéficier d’un accompagnement à domicile par des professionnels, 40 % des sondés jugent probable de se retrouver sans aide ou accompagnement en cas de dépendance.

santé - vieillissement de la population - seniors

3. Lucidité et paradoxe sur les retraites

Sur les retraites, l’opinion demeure ambivalente : si la nécessité de réformer est largement reconnue, l’aspiration à un départ plus précoce persiste.

Retraites : conscience du déficit budgétaire et du besoin de réformes

Les Français se montrent particulièrement lucides sur les déséquilibres du système de retraites et du besoin de réformes : 62 % des répondants savent qu’il est déficitaire et 76 % pensent qu’il ne pourra être maintenu en l’état sans nouvelles réformes.

Ainsi, 72 % ne lui font pas confiance pour leur « garantir une pension de retraite suffisante ». Cette méfiance est particulièrement élevée chez les plus jeunes : 87 % des moins de 25 ans et 83 % des 25-34 ans n’ont pas confiance dans sa capacité à garantir une pension suffisante (contre environ 53 % chez les plus de 65 ans).

La majorité des Français (51 %) pensent que l’âge légal de départ à la retraite devrait être plus bas, alors que 31 % le trouvent adapté au vieillissement, et que seulement 18 % pensent qu’il devrait être plus élevé. À noter que cette dernière opinion devient majoritaire chez les retraités.

Aucune des solutions testées pour rééquilibrer le système des retraites n’emporte l’adhésion. La baisse des pensions est massivement rejetée (87 %), tandis que le report de l’âge de départ (60 %) et la hausse des cotisations (58 %) suscitent également une large opposition.

Dans le détail, ces résultats révèlent cependant un clivage générationnel marqué : ces deux dernières options (âge et cotisations) sont surtout soutenues par les retraités, alors qu’un quart des moins de 35 ans se dit favorable à une baisse des pensions.

Les Français, tous âges confondus, aimeraient en moyenne travailler jusqu’à 59,8 ans, mais anticipent de travailler jusqu’à 64,3 ans.

4. Solidarité ou tensions intergénérationnelles ?

Les difficultés de financement du modèle social risquent de générer une hausse des tensions entre les générations pour 75 % des sondés (et même 82 % chez les moins de 35 ans), tandis que 54 % s’attendent à une hausse de la solidarité entre les générations, une opinion encore plus partagée par les plus de 65 ans.

5. Des pistes de déblocage : flexibilité du travail et contribution des retraités

Des solutions acceptables émergent pour adapter le modèle social à la nouvelle réalité de la longévité, dans laquelle la France s’inscrit.

La flexibilité : condition d’acceptabilité pour une carrière plus longue

Alors que seuls 20 % des Français se disent prêts à travailler au-delà de l’âge légal de départ à la retraite, les deux tiers d’entre eux se montrent ouverts à cette idée, s’ils bénéficient d’aménagements adaptés du temps de travail :

  • 69 % acceptent cette éventualité avec un aménagement de fin de carrière (sur les horaires, le rythme, le télétravail) ;
  • 66 % avec une retraite progressive ;
  • 64 % avec un temps partiel.

Ces résultats majoritaires à tous les âges, pour les hommes comme pour les femmes, montrent que la transition vers une retraite plus tardive est acceptable dès lors qu’elle devient progressive.

Maxime Sbaihi, économiste et directeur stratégique du Club Landoy

« Notre étude démontre que les questions démographiques interpellent les Français, ils regrettent même que le vieillissement inédit de la population n’occupe une place plus importante dans le débat public. Les Français font preuve de lucidité sur le défi qu’il représente pour notre système de santé et de retraite et se montrent majoritairement favorables à une mise à contribution accrue des retraités ainsi qu’à l’idée de travailler plus longtemps que l’âge légal de la retraite en échange de flexibilité. Voilà des pistes de réflexions innovantes et susceptibles d’alimenter un débat public qui tourne trop souvent en rond sur ces questions »

Maxime Sbaihi, économiste et directeur stratégique du Club Landoy

Financement du modèle social : une piste qui rassemble

Les Français se montrent globalement favorables à un partage des efforts entre actifs et retraités pour financer le modèle social (64 %). Une majorité (64 %) soutient également l’idée de mettre davantage à contribution les retraités, en ciblant prioritairement les plus aisés.

Cette option est la seule à faire consensus entre les générations, y compris chez les retraités eux-mêmes. Des solutions, acceptables par tous, se dessinent pour adapter le modèle social à la société de longévité dans laquelle la France se trouve désormais.

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