Haut fonctionnaire et pionnier de la protection sociale, Dominique Libault est mort ce mardi 11 août à l’âge de 64 ans. Ancien directeur de la Sécurité sociale, il s’était particulièrement engagé ces dernières années sur les enjeux du grand âge et de l’autonomie. Sa disparition suscite de nombreux hommages dans le monde politique, social et médico-social.

- Dominique Libault, haut fonctionnaire et figure majeure de la protection sociale, est décédé à l’âge de 64 ans.
- Directeur de la Sécurité sociale de 2002 à 2012, il a consacré l’essentiel de sa carrière à l’évolution du modèle social français.
- Son rapport « Grand âge et autonomie » de 2019 et ses 175 propositions ont profondément marqué les politiques publiques de l’autonomie.
- Ses travaux ont notamment contribué à la création de la cinquième branche de la Sécurité sociale dédiée à l’autonomie.
- Le Gouvernement, la FNADEPA, l’AD-PA et de nombreux acteurs du grand âge saluent son engagement et son action au service de l’intérêt général.
Dominique Libault, grand serviteur de la protection sociale
Dominique Libault aura consacré l’essentiel de sa carrière à la protection sociale. Décédé à l’âge de 64 ans, ce haut fonctionnaire, diplômé de Sciences Po Paris et ancien élève de l’ENA, était entré à la direction de la Sécurité sociale dès sa sortie de l’ENA, en 1987. Il en prendra la direction en 2002 et l’occupera pendant dix ans, accompagnant plusieurs transformations majeures du système social français, dont la réforme de l’Assurance maladie de 2004.
Conseiller d’État, il avait ensuite pris la direction de l’École nationale supérieure de Sécurité sociale (EN3S) en 2012 et présidait depuis 2018 le Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS). Un parcours presque entièrement consacré à la Sécurité sociale, à son financement et à son adaptation aux transformations de la société.
Mais dans le secteur du grand âge, son nom restera surtout associé au « rapport Libault ». Chargé de piloter la concertation nationale « Grand âge et autonomie », il remet en mars 2019 un rapport comprenant 175 propositions pour refonder l’accompagnement des personnes âgées : priorité au domicile, transformation des EHPAD, prévention de la perte d’autonomie, attractivité des métiers, amélioration des parcours et nouveaux financements. Il y défend surtout une conviction forte : la perte d’autonomie doit être reconnue comme un risque de protection sociale à part entière. Ses travaux ont ensuite nourri la création, en 2020, de la cinquième branche de la Sécurité sociale consacrée à l’autonomie.
Dominique Libault avait poursuivi ce travail jusqu’à ces dernières années, notamment autour de la coordination des politiques de l’autonomie. Après un nouveau rapport remis en 2022 sur le service public territorial de l’autonomie, il présidait le comité d’orientation et de suivi du Service public départemental de l’autonomie (SPDA). Une manière de prolonger, sur le terrain, une réflexion engagée depuis plusieurs années : mieux coordonner les acteurs et rendre les politiques de l’autonomie plus lisibles pour les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et leurs aidants.
De nombreux hommages de l’État et des acteurs du grand âge
L’annonce de sa disparition a suscité de nombreux hommages, à commencer par celui du Gouvernement. Dans un communiqué commun, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, et Camille Gaillard-Minier, ministre en charge de l’Autonomie et des Personnes handicapées, saluent « un homme qui aura consacré toute sa carrière à faire vivre, évoluer et renforcer notre modèle de protection sociale ». Le Gouvernement rappelle également le « rôle déterminant » joué par Dominique Libault dans la construction de la politique de l’autonomie et souligne que ses travaux ont largement nourri la création de la cinquième branche de la Sécurité sociale.
La FNADEPA salue de son côté un « militant de la protection sociale et du Grand âge », mais aussi un homme « discret, pédagogue et à l’écoute ». La Fédération insiste particulièrement sur la portée toujours actuelle du rapport de 2019 et sur le combat mené par Dominique Libault pour une politique de l’autonomie mieux financée, donnant davantage de place au libre choix, au domicile, à la transformation des EHPAD et aux habitats intermédiaires. Elle regrette aussi qu’une partie des préconisations du rapport Libault n’ait jamais trouvé de traduction dans la grande loi sur l’autonomie longtemps annoncée. Pour la FNADEPA, il restera « un homme engagé, un grand serviteur de l’intérêt général et une voix majeure pour faire du grand âge une véritable priorité de notre société ».
Même hommage du côté de l’AD-PA, qui rappelle le rôle joué par Dominique Libault dans les grandes transformations de la protection sociale, mais aussi sa proximité avec les réalités du secteur. L’association salue « ce serviteur de l’État, profondément humain et toujours attentif aux réalités du terrain », qui avait notamment participé à plusieurs de ses congrès nationaux. Pour l’AD-PA, son nom restera « indissociable des politiques du grand âge et de l’autonomie » et ses travaux continueront d’éclairer l’action des professionnels auprès des personnes âgées.
Au-delà des fédérations et organisations professionnelles, c’est l’ensemble de l’écosystème du bien-vieillir, de l’autonomie et de la protection sociale qui salue aujourd’hui le travail de Dominique Libault.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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