L’Ascop-Ehpad appelle les pouvoirs publics à mieux encadrer les investissements des particuliers dans l’immobilier des Ehpad privés. L’association avance sept propositions pour sécuriser cette épargne et soutenir la construction et la rénovation des établissements, sans dépenses publiques supplémentaires.

- L’Ascop-Ehpad réclame un cadre renforcé pour protéger les particuliers qui investissent dans l’immobilier des Ehpad privés.
- Environ 60 000 Français ont financé 75 000 chambres d’Ehpad privés commerciaux, représentant 10 milliards d’euros d’épargne investie en vingt ans.
- Près de 50 établissements ont été abandonnés en dix ans, entraînant 400 millions d’euros de pertes selon l’association.
- L’association propose sept mesures pour sécuriser les investissements, prévenir les fermetures et financer la construction et la rénovation des Ehpad.
- Face aux 700 000 personnes dépendantes supplémentaires attendues d’ici 2050, l’Ascop-Ehpad appelle les pouvoirs publics à agir sans dépenses publiques supplémentaires.

Ehpad privés : 15 milliards d’euros à trouver pour construire et rénover
Comment anticiper le vieillissement de la population sans financer, dans le même temps, les murs des Ehpad ? Selon l’Ascop-Ehpad, la France devra créer 100 000 chambres en établissement d’ici 2035, tout en rénovant un parc vieillissant, dont six établissements sur dix ont plus de trente ans. À l’horizon 2050, le pays comptera 700 000 personnes âgées dépendantes supplémentaires. Pour le seul secteur privé, les besoins d’investissement immobilier sont estimés à 15 milliards d’euros, dans un contexte où les finances publiques restent contraintes.
L’association souligne que l’épargne des particuliers finance déjà une part importante de cet immobilier. Depuis vingt ans, environ 60 000 Français ont investi dans 75 000 chambres d’Ehpad privés commerciaux, soit près de la moitié des chambres de ce secteur. Au total, 10 milliards d’euros auraient ainsi été investis en deux décennies. Pourtant, les propriétaires ne disposent pas, selon l’organisation, d’un cadre suffisamment protecteur. Certains continuent de rembourser un crédit après la fin de leur bail, tandis que d’autres se retrouvent avec des chambres difficiles à relouer lorsqu’un exploitant quitte un établissement. L’Ascop-Ehpad estime à 400 millions d’euros les pertes enregistrées en dix ans, liées à l’abandon d’une cinquantaine d’établissements.
Ascop-Ehpad : sept propositions pour sécuriser l’investissement immobilier
Au-delà des difficultés rencontrées par les propriétaires, ces fermetures soulèvent la question de la préservation des capacités d’accueil. Le 28 août 2026, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a alerté la ministre chargée de l’Autonomie sur la vétusté de certains établissements. En réponse, une enveloppe de 95 millions d’euros a été annoncée pour soutenir l’investissement en 2026. Pour l’Ascop-Ehpad, le financement des bâtiments reste toutefois un angle mort des politiques publiques consacrées au grand âge.
L’association formule sept propositions, articulées autour de trois priorités : mieux informer les investisseurs, protéger les propriétaires et les établissements, puis préparer durablement le financement immobilier du secteur. Elle demande notamment une information transparente sur les risques liés à l’achat d’une chambre, la stabilité des règles fiscales et des baux dont la durée corresponde davantage à celle des crédits souscrits. Elle souhaite également que les propriétaires soient consultés en amont lorsqu’un exploitant transfère son autorisation d’activité vers un autre site et qu’ils puissent être indemnisés si le bâtiment est abandonné.
Le dispositif proposé prévoit aussi un recensement systématique des fermetures d’Ehpad, avec un suivi du devenir des résidents, des emplois et des bâtiments concernés. Pour mieux anticiper les besoins, l’Ascop-Ehpad appelle à désigner un pilote national chargé de coordonner le financement immobilier. Enfin, elle propose de développer des outils d’investissement dédiés à la construction et à la rénovation des établissements, avec l’appui éventuel de la Banque des Territoires ou de Bpifrance. L’objectif affiché est de mobiliser l’épargne privée dans un cadre contrôlé et transparent, tout en maintenant le dispositif fiscal existant.
Grand âge : l’association interpelle les pouvoirs publics à l’approche de 2027
L’Ascop-Ehpad défend un modèle dans lequel l’épargne citoyenne contribuerait davantage au financement des infrastructures nécessaires à l’accueil des personnes âgées dépendantes. « Nous ne sollicitons pas un euro d’argent public de plus. Au-delà du maintien du dispositif fiscal existant, nous demandons une politique publique aboutie, un cadre complet et sécurisé qui permette à l’épargne des Français de financer, en confiance, les murs où vivront nos aînés », affirme Denis Schmitt, président de l’association.
Le calendrier politique pourrait donner une nouvelle visibilité à ces revendications. À l’approche de la Conférence nationale de l’autonomie annoncée pour octobre 2026 et des discussions budgétaires, l’association appelle à des réponses concrètes sur la construction et la rénovation des établissements. À l’horizon de l’élection présidentielle de 2027, elle interpelle également les candidats sur la capacité du pays à accueillir les 700 000 personnes âgées dépendantes supplémentaires attendues d’ici 2050. Derrière la question du financement immobilier se joue désormais celle de la capacité à maintenir une offre d’hébergement adaptée à l’évolution des besoins, sans faire reposer l’effort sur les seules finances publiques.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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