Alors que le SMIC augmente de 2,41 % au 1er juin 2026, la Fédésap dénonce une décision gouvernementale qui viendrait alourdir brutalement les charges des entreprises de services à la personne. La fédération parle d’une « double peine » pour un secteur déjà fragilisé par les précédents rabots fiscaux.

- La Fédésap dénonce une « double peine » après le gel des allègements de charges, couplé à la hausse du SMIC au 1er juin 2026.
- Le surcoût pour les entreprises de services à la personne pourrait atteindre jusqu’à 30 000 euros par an selon les structures.
- La fédération alerte sur un risque de gel des recrutements et demande au Gouvernement de revoir la mesure.

« Les entreprises paient deux fois » : la Fédésap dénonce un surcoût immédiat
« Le Gouvernement reprend d’un côté ce qu’il donne de l’autre ». La colère de la Fédésap ce mercredi 29 mai après l’annonce du gel des allègements de cotisations patronales sur les bas salaires, décidée le 21 mai dernier par le ministre des Comptes publics.
Concrètement, la mesure intervient au même moment que la revalorisation du SMIC de 2,41 % au 1er juin 2026. Une hausse salariale jugée légitime par la fédération, mais qui, combinée au gel des exonérations, crée selon elle un effet ciseau particulièrement pénalisant pour les entreprises du secteur.
« Les entreprises paient donc deux fois, une fois la hausse du SMIC, une seconde fois la hausse des charges« , tonne la Fédésap, estimant que cette décision transforme un ajustement présenté comme technique en véritable choc économique pour les structures de services à la personne.
Pour une entreprise moyenne réalisant environ 40 000 heures d’intervention par an, soit près de 1,2 million d’euros de chiffre d’affaires, le surcoût annuel atteindrait 18 400 euros. Dans le détail : 11 600 euros liés à la hausse du SMIC, et 6 800 euros supplémentaires dus au gel des allègements.
Recrutements menacés, services fragilisés : un secteur sous tension
La Fédésap souligne toutefois que ce montant constitue un minimum. Dans la réalité du terrain, de nombreux salariés du secteur perçoivent des rémunérations supérieures au SMIC en raison de leur ancienneté, de leurs qualifications ou des accords conventionnels. Selon la fédération, l’impact réel pourrait ainsi grimper jusqu’à 30 000 euros par an pour certaines structures dont le taux horaire moyen atteint 13 euros. « Le gel du point de valeur des allègements généraux produit ses effets sur l’ensemble de la masse salariale concernée », regrette-t-elle.
Pour le secteur des services à la personne, qui figure parmi les principaux viviers de recrutement en 2026, les conséquences pourraient être rapides : gel des embauches, réduction de l’offre de proximité et fermetures de services.
La Fédésap rappelle également que les activités auprès des personnes âgées et des personnes en situation de handicap avaient déjà été touchées en avril dernier par la réduction des exonérations applicables aux interventions auprès des plus de 70 ans. La fédération demande désormais au Gouvernement de « revoir cette mesure » ou, à défaut, d’intégrer une clause de revoyure.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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