Polymédication et iatrogénie : les personnes âgées face à leurs médicaments

AUTRES ACTUS ET INFORMATIONS SUR : SANTE & E-SANTE

Festival SilverEco Bien Vieillir
Partager cet article

En France, 71% des plus de 50 ans prennent des médicaments tous les jours et 45 000 personnes âgées de 70 ans et plus se voient prescrire plus de 10 médicaments différents par jour.  Les personnes âgées ayant plusieurs maladies chronique peuvent se voir donner des prescriptions indépendantes les unes des autres (médecin généraliste, spécialiste). Or la polymédication peut induire des risques iatrogéniques.

Dans ce contexte, les laboratoires Teva présentait hier les résultats intermédiaires de l’étude pharmaco-épidémiologique Investigation des Prescriptions délivrées en Officine pour les Personnes âgées ( IPOP ) portant sur 1000 ordonnances de patients de plus de 65 ans. 

Pillules-2Zoom sur les résultats intermédiaires de l’étude IPOP

Dans le cadre de l’étude IPOP, 493 dossiers (ordonnances et questionnaires) émanant de 50 officines ont été évalués, l’étude complète portera sur 1000 ordonnances.  Les patients participant à l’étude ont 77 ans en moyenne (de 65 à 98 ans).

Comment les patient comprennent-ils leurs traitement ?

  • 30% des patients disent ne pas savoir pourquoi sont prescrits leurs médicaments
  • 59% d’entre eux sont en quête d’information sur leurs prescriptions
  • 49% recherchent des informations sur les notices des boîtes de médicaments
  • 88% des patients prennent et préparent seuls leurs médicaments

Les premières indications relatives à la prise du traitement

  • 41% disent avoir déjà oublié de prendre leurs médicaments au bon moment
  • 12% disent n’avoir pas pris leur traitement car ils avaient l’impression que celui-ci faisait plus de mal que de bien. 

 Dans tous les cas, aucun patient n’a appelé le médecin ni n’a interrogé le pharmacien.

Que contiennent les ordonnances ?

Sur les 3624 lignes de prescriptions analysées jusqu’alors, il est constaté qu’il y a :

  • 7 médicaments par ordonnance en moyenne (3 à 18 par patient)
  • 5 ordonnances sur 7 sont rédigées en spécialité
  • 2 sur 7 en dénomination commune internationale (DCI)

Quels sont les premiers enseignement côté pharmaciens ?

En ce qui concerne les conseils sur les médicaments, 91% des pharmaciens interrogés délivrent des conseils récurrents aux patients dont 55% portent sur les médicaments nouvellement prescrits.

En ce qui concerne les conseils sur les risques d’interactions médicamenteuses :

  • 68% signalent verbalement les interactions possibles entre les médicaments
  • 23% alertent sur les interactions médicaments / médicaments
  • 29% alertent sur les interactions avec les aliments
  • 42% ont conseillé des horaires de prise dont 82% via une inscription sur la boîte

Enfin, en ce qui concerne la connaissance des pathologies du patient par le pharmacien, dans 60% des cas, le type de pathologie n’est pas connu de façon précise par le pharmacien.

C’est pourquoi, selon les résultat préliminaire de l’étude, les pharmaciens ne citent que dans 10% des cas l’existence de pathologies cardiaques et dans 5% les insuffisances rénales.
2 à 4% d’entre eux disent avoir accès à des paramètres cliniques ou biologiques des fonctions rénales, hépatiques et cardiaques :

  • 36% des pharmaciens vérifient l’adaptation de la posologie pour la fonction cardiovasculaire,
  • 50% pour la fonction hépatique
  • 57% pour la fonction rénale.

Partager cet article

Publié par la Rédaction le


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour haut de page