Longtemps perçues comme une alternative marginale entre domicile et EHPAD, les résidences services seniors reviennent aujourd’hui au cœur des réflexions sur le vieillissement. Face à l’arrivée massive des baby-boomers aux grands âges, ce modèle d’habitat intermédiaire apparaît comme une réponse crédible aux défis démographiques, économiques et sociaux à venir. SilverEco vous propose un tour d’horizon dans sa toute dernière émission des Digital Days 365.
Les résidences services seniors confirment leur rôle d’alternative entre le domicile et l’EHPAD, en favorisant autonomie, services et lien social.
Malgré les difficultés économiques traversées ces dernières années, le secteur reste porté par des perspectives démographiques très favorables.
Les intervenants rappellent la nécessité de mieux faire connaître ce modèle, encore trop souvent assimilé à tort aux EHPAD.
L’arrivée des générations du baby-boom aux grands âges devrait fortement accroître les besoins en habitat intermédiaire dès la fin de la décennie.
Les professionnels appellent à une réglementation plus adaptée pour accompagner le développement de cette solution au service du bien vieillir.
« Le maintien à domicile ne suffira pas » : l’habitat intermédiaire sort de l’ombre
Et si le véritable angle mort des politiques du vieillissement se situait entre le domicile et l’EHPAD ? C’est autour de cette conviction que les intervenants ont dressé le portrait d’un secteur en pleine transformation. Nées dans les années 1970 sous forme de résidences occupées par des propriétaires, les résidences services seniors ont profondément évolué au début des années 2000 pour devenir un modèle locatif centré sur l’autonomie et les services.
Pour François Salmon, directeur général des Exploitations des Jardins d’Arcadie, cette évolution a permis de répondre à une attente forte : offrir un véritable domicile adapté aux seniors, sans basculer dans une logique médico-sociale. Un positionnement encore trop souvent méconnu du grand public, qui continue de confondre résidence services seniors et EHPAD.
« Le lien social reste le meilleur médicament pour bien vivre. »
François Salmon, directeur général des Exploitations des Jardins d’Arcadie
La crise sanitaire a constitué un tournant. Alors que de nombreuses personnes âgées vivent l’isolement à domicile, les résidences ont démontré leur capacité à maintenir le lien social et l’accompagnement quotidien. Une expérience qui a contribué à changer le regard porté sur ces structures et à renforcer leur légitimité.
Un secteur bousculé mais porté par une dynamique démographique implacable
Si lesrésidences services seniorsséduisent davantage, leur développement n’a pas été un long fleuve tranquille. Olivier Wigniolle, président du directoire de Domitys, rappelle que le secteur a encaissé plusieurs chocs successifs : crise sanitaire, inflation, explosion des coûts de construction, hausse des charges d’exploitation et ralentissement brutal du marché immobilier.
« Aujourd’hui, les pouvoirs publics ont pris conscience qu’il existe un monde entre le domicile traditionnel et l’EHPAD. »
Aurélien Bordet, délégué général de Silvita
Cette accumulation de difficultés a fragilisé certains opérateurs, entraînant rapprochements, restructurations et mouvements de consolidation. Mais selon les intervenants, ces turbulences restent avant tout conjoncturelles. Car derrière ces difficultés se profile une réalité démographique que personne ne conteste. À partir de 2028-2030, les premières générations du baby-boom atteindront massivement l’âge d’entrée traditionnel en résidence services seniors. Une évolution qui pourrait rapidement rééquilibrer un marché parfois confronté aujourd’hui à des situations locales de sur-offre.
« Le choc démographique, lui, est certain. La démographie est une science presque exacte. »
Olivier Wigniolle, président du directoire de Domitys
Pour les acteurs du secteur, l’enjeu n’est donc plus de démontrer l’utilité de ces résidences mais de préparer leur montée en puissance. « Le choc démographique » annoncé est désormais intégré par les pouvoirs publics, qui multiplient rapports et travaux autour de l’habitat intermédiaire.
Une solution qui bénéficie aux seniors… et à la collectivité
Au-delà de la qualité de vie offerte aux résidents, les intervenants ont insisté sur l’intérêt collectif du modèle. Aurélien Bordet, délégué général de Silvita, souligne que la concentration des services sur un même lieu permet de réduire les besoins d’intervention à domicile et d’optimiser les ressources humaines.
Selon les estimations présentées lors de l’émission, plusieurs centaines de millions d’euros pourraient ainsi être économisés chaque année grâce à un moindre recours à certaines aides publiques. Les résidences contribueraient également à fluidifier le marché immobilier en libérant des logements devenus inadaptés aux besoins de leurs occupants âgés.
« On est chez soi, mais chez soi ensemble. »
Jacques-Édouard Charret, président des Senioriales
Pour Jacques-Edouard Charret, président des Senioriales, l’avenir passera aussi par une adaptation continue des résidences aux attentes des nouvelles générations de seniors. Digitalisation, intelligence artificielle, assistance vocale, prévention personnalisée ou encore nouveaux usages du logement viendront enrichir un modèle déjà centré sur l’autonomie et le libre choix.
Tous appellent désormais à une meilleure reconnaissance institutionnelle de cet habitat intermédiaire, ainsi qu’à des réglementations plus cohérentes et adaptées à ses spécificités. Car si le vieillissement de la population est désormais une certitude, la capacité collective à proposer des solutions adaptées reste encore largement à construire.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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