Urgence de la réingénierie de la formation en ergotherapie

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L’ANFE, le SIFEF et l’UNAEE souhaitent la programmation de la réingénierie de la formation en ergothérapie dans le prochain calendrier prévue par le ministère de la santé et de la prévention pour la réingénierie des formations paramédicales.

La dernière ingénierie de la formation des ergothérapeutes date de 2010. Depuis 10 ans, au regard de l’évolution des politiques de santé et des nouvelles problématiques de santé, les besoins d’intervention en ergothérapie ont évolué vers de nouveaux champs d’activité : psychogériatrie, soins critiques, services de soins à domicile, service de néonatalogie et de la petite enfance, structuresd’évaluation des besoins et de coordination des parcours de soins, équipes mobiles, centres d’hébergement d’urgence…etc.

L’exercice libéral est aussi en pleine expansion suite à la mise en place des forfaits d’intervention précoce TND, de promotion de l’activité physique, et des dispositifs du Bien Vieillir à domicile tel que Ma Prime Adapt’.

Demande de nouvelles activités ou domaines d’expertise aux ergothérapeutes

Ainsi, de nouvelles activités ou domaines d’expertise sont demandées aux ergothérapeutes pour répondre avec efficience à ces nombreux besoins : prescription des aides techniques, évaluation des besoins de situations complexes, coordination des parcours de soins au sein d’équipes (Equipe Spécialisée Alzheimer, Equipe Mobile, Pôle d’Activités Adaptées en EHPAD…etc.), accompagnement à la parentalité, interventions en unités de soins aigues, télésoin, utilisation de l’impression 3D, prévention et promotion de la santé auprès des seniors (plan anti chutes), auprès des proches aidants, santé au travail et prévention des TMS (PRA2S), réhabilitation psychosociale en santé mentale…etc.

La formation actuelle en 3 années rend difficile l’acquisition des nouveaux savoirs, savoir-faire et savoir-être indispensables et ainsi faire face à ces nouvelles pratiques professionnelles nécessitant un raisonnement clinique complexe au sein d’équipes pluriprofessionnelles en pleine mutation.

Les études sont trop denses, avec une difficulté croissante pour les instituts de formation à intégrer tous les enseignements nécessaires à ces apprentissages mais aussi de répondre aux exigences des ministères comme l’acquisition des compétences numériques en santé ou le service sanitaire ou encore la simulation en santé.

Le volume horaire de ces 3 années est supérieur à celui des 4 années des masseurs-kinésithérapeutes. Les étudiants souffrent aujourd’hui d’un programme trop chargé ne leur permettant pas d’assimiler leurs connaissances, d’approfondir leur raisonnement clinique avec un impact important sur leur qualité de vie étudiante et leur santé.

Nous déplorons aussi le manque d’harmonisation de la durée de notre formation avec celles de nos collègues du champ de la rééducation et de réadaptation pour créer un corps paramédical dont le niveau de formation pourrait répondre aux évolutions des enjeux de santé publique définis par l’OMS en 2017.

Un développement de la recherche en ergothérapie

Cette demande de réingénierie s’inscrit également dans le développement de la recherche en ergothérapie, pour créer des opportunités de carrière en termes de cursus et d’engagement forts de professionnels dans l’enseignement et la recherche à l’instar de ce qui peut s’observer dans les pays permettant aux ergothérapeutes d’accéder au grade de master et de doctorat (États-Unis, Canada, Angleterre, Suède, Hollande, Danemark…).
Avec la création de la CNU 91, l’universitarisation des études en ergothérapie jusqu’au master doit promouvoir le recrutement, dans une échéance proche, de maitres de conférences universitaires issus de l’ergothérapie.

Nous souhaitons aussi faciliter l’accès au doctorat pour apporter des preuves d’efficacité et des recommandations pour l’intervention en ergothérapie, et ainsi améliorer la pertinence et la qualité des soins.

L’actualisation de notre référentiel de formation vise aussi l’adéquation avec les recommandations de la fédération mondiale des ergothérapeutes (WFOT) qui définit des critères minimums pour la formation des ergothérapeutes.

La mutation du système de santé, la diversité des activités professionnelles des ergothérapeutes, l’évolution des compétences requises nous conduisent donc à demander une révision urgente du contenu des études et vient appuyer la nécessité d’un allongement de la durée de la formation.

L’Association Nationale Française des Ergothérapeutes (ANFE), le Syndicat des Instituts de Formation en Ergothérapie Français (SIFEF), l’Union Nationale des Associations des Etudiants en Ergothérapie (UNAEE) d’un commun accord souhaitent une harmonisation de la formation au niveau national en 5 années avec reconnaissance au grade master :

  • une 1ère année commune par exemple en science de la santé parcours rééducation/réadaptation validée favorisant l’interprofessionnalité et l’acquisition de prérequis fondamentaux aux professionnels paramédicaux
  • 4 années de formation professionnalisante au sein des instituts de formation en ergothérapie

Des réflexions ont déjà été amorcées par l’ANFE, le SIFEF et l’UNAEE sur le contenu de cette réingénierie. Un travail contributif pour l’actualisation des référentiels d’activités et de compétences a déjà été réalisé conjointement par l’ANFE et le SIFEF, ce nouveau référentiel par bloc de compétences met en lumière une réforme de la maquette pédagogique mais aussi un allongement de la durée des études en ergothérapie.

Pour favoriser plus de transversalité entre les études au sein de la filière des sciences de la réadaptation, favoriser les passerelles, il nous parait judicieux de mener ces réformes de façon concomitante, et ainsi éviter de reproduire le système de formation actuel en silo, qui empêche par exemple la mutualisation d’enseignements.

Cette réingénierie de la formation en ergothérapie est urgente, nous demandons au ministère de la santé et de la prévention ainsi qu’au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche d’intégrer cette dernière comme prioritaire au prochain calendrier des réformes des études paramédicales.


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Cet article a été publié par la Rédaction le


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