« Comment les Français se voient-ils vieillir ? » Résultats de l’enquête IFOP / Adhap Services

A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, Adhap Services a souhaité interroger les Français sur la façon dont ils se voient vieillir à travers une enquête réalisée par l’IFOP. Les résultats de cette enquête ont été dévoilé le 13 avril au Press Club de France.

La rédaction SilverEco.fr était au RDV et vous livre les principaux enseignements du sondage.

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Adhap Services maintien à domicile

Résultats du sondage : « Comment les Français se voient-ils vieillir ? »

Durant le mois de mars 2017, Adhap Services, en partenariat avec l’IFOP, a souhaité interroger les Français sur leurs attentes, leurs besoins et leurs souhaits en matière de vieillissement.

Le sondage révèle que pour 57% des Français, la première source d’inquiétude liée au vieillissement est la perte d’autonomie (66% pour les + de 50 ans).

Les résultats de ce sondage ont été dévoilés et commentés en présence de Serge Guérin, sociologue spécialiste des questions liées au vieillissement, Damien Cacaret, Président Réseaux Adhap Services et Domidom, et Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP.

Par la suite, les représentants des différents candidats à la présidentielle ont pu s’exprimer « à chaud » face aux résultats de ce sondage et expliquer les principaux axes du programme du candidats qu’ils représentent, en lien avec le vieillissement de la population.

La perte d’autonomie : première inquiétude des Français, devant les difficultés financières

Pour plus d’un Français sur deux, la première inquiétude lorsqu’ils évoquent leur vieillissement s’articule autour de la perte d’autonomie (57%), un ressenti notamment partagé par les personnes de 50 ans et plus (66% de citations).

perte d'autonomie - dépendanceLes aspects économiques font également largement partie des préoccupations des Français lorsqu’ils se projettent dans l’avenir que ce soit en premier lieu les craintes liées à la baisse des ressources personnelles, ou le coût des prestations de maintien à domicile ou de prise en charge en établissement spécialisé qui génère également une inquiétude non négligeable (32%) davantage relayée par les personnes actuellement à la retraite (45% de citations).

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D’autres problématiques qui inquiètent les Français

Au-delà de ces trois priorités, les Français évoquent, dans des proportions moindres le désengagement des pouvoirs publics dans la santé et le social (28% de citations, -35% chez les cadres et professions intellectuelles supérieures-).

Les problématiques liées à l’isolement de la personne vieillissante sont sensiblement moins restituées par les interviewés (un peu moins d’un sur cinq), que ce soit l’absence de proches (17% de citations) ou de professionnels capables de fournir un accompagnement adéquat (16% de citations).

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Vieillir à domicile, sous réserve d’avoir des professionnels aguerris à proximité et des moyens financiers suffisants

Pour près de neuf Français sur dix (87%), il est aujourd’hui possible de vieillir au domicile, et plus du tiers (34%) en sont même tout à fait convaincus.

Retraite coûtA la question du mode de prise en charge le plus adapté pour accompagner les personnes dans le Grand Age, près de huit personnes interrogées sur dix (79%) évoquent un maintien à domicile rendu possible du fait de l’intervention de professionnels des services aux seniors.

Ainsi, toujours dans la sphère privé, à peine un quart des personnes interrogées entrevoit la prise en charge par la famille au domicile d’un de ses membres (23%). Pour les établissements extérieurs au domicile, une alternative est plus particulièrement considérée comme adaptée par une majorité des répondants : le recours aux résidences seniors avec services (54% de citations). Les autres solutions à savoir l’EHPAD (30%) et la maison de retraite (15%) sont évoquées de manière nettement plus secondaire.

Pour bien vieillir à domicile, deux priorités apparaissent nécessaires et sont clairement identifiées par les Français interrogés : d’une part l’intervention de professionnels qualifiés (65% de citations) et d’autre part la possession de moyens financiers suffisants (58% de citations), des priorités qui sont plus particulièrement relayées par les personnes âgées de 50 ans et plus (respectivement 71% et 64% de citations), et plus encore les 65 ans et plus.

Alors que la présence de l’entourage familial est également évoquée de manière non négligeable, l’obtention d’aides publiques et l’apport des nouvelles technologies n’apparaissent pas comme des priorités dans cette hiérarchie des critères essentiels au maintien à domicile.

Quel futur pour le maintien à domicile ?

seniors-retraite-maintien à domicilePour autant, si les nouvelles technologies ne sont pas désignées comme étant prioritaires pour permettre le maintien à domicile d’une personne vieillissante, une très large majorité des personnes interrogées s’accorde en revanche sur le fait qu’elles peuvent participer à la sécurité des personnes en cas de chute, de malaise, etc. (70%). 

Le confort apporté par les nouvelles technologies est évoqué dans des proportions équivalentes (35 de citations). Les dimensions liées aux sollicitations intellectuelles, au développement de la vie sociale ou à la prévention en matière de nutrition et de santé sont plus en retrait et moins rattachées à l’idée selon laquelle les nouvelles technologies participent au maintien des personnes à domicile.

Sur la question du budget qu’il faudra consacrer par mois à son futur maintien à domicile, les réponses des personnes interrogées sont assez éclatées, une dispersion qui tend à révéler une certaine méconnaissance du sujet. Dans le détail, près d’une personne sur deux (48%) évalue ce coût à moins de 600€ par mois, une fourchette notamment évoquée par les personnes de moins de 35 ans (55%) et celles appartenant aux catégories socioprofessionnelles les plus modestes (56%).

Les actuels retraités sont moins nombreux à se prononcer sur cette tranche (39%). Ils se positionnent en revanche davantage sur les deux autres tranches plus élevées (33% évaluent ce budget mensuel entre 600 et 1000€ et 28% à plus de 1000€, contre respectivement 30% et 22% au global de l’échantillon).

Des attentes assez nettes à l’égard des professionnels de l’aide à domicile

Pour près des deux tiers des personnes interrogées (63%) l’aide à domicile idéale est avant tout un professionnel spécialisé selon le profil des personnes aidées.

L’idée selon laquelle ce professionnel devrait être présent avant tout pour apporter une compagnie à la personne aidée n’est évoquée qu’à hauteur de 20%. Rares sont celles également qui souhaitent voir dans cette personne un professionnel de santé ou une personne à tout faire capable de répondre à toutes sortes de demandes (8%).

L'aide au repassage fait partie des services à la personneCorolaire de ce profil idéal, il apparaît peu surprenant de noter que la première des attentes à l’égard d’un professionnel de l’aide à domicile est qu’il apporte une aide quotidienne.

Les pratiques liées aux soins (39% de citations) ou relevant de l’aide au maintien d’une vie sociale (30%) sont évoquées de manière plus secondaire.

La présence d’un professionnel de l’aide à domicile est en revanche peu associée à l’accompagnement pour la réalisation des démarches administratives, ou pour la formation aux nouvelles technologies (respectivement 10% et 8% de citations).

Un recours aux services à la personne toujours minoritaire …

Près de trois Français sur dix déclarent avoir déjà eu recours aux services à la personne (29%), parmi eux l’essentiel l’a fait plusieurs fois (20%).

Le recours à ce type de services est assez clivé au sein de la population et croit notamment avec l’âge : 43% des retraités actuels déclarant y avoir recours et 35% des personnes âgées de 50 ans et plus (contre 21% chez les moins de 35 ans).

… et un recours au travail dissimulé également très minoritaire (du moins au déclaratif) progresse

Interrogés sur leurs habitudes en matière de recours travail dissimulé, ce sont moins d’un Français sur cinq qui déclare l’avoir déjà fait, le plus souvent dans le cadre de travaux réalisés au sein de leur logement (17%, dont 3% le font « assez régulièrement »), ou dans le cadre de prestations de services faites au domicile (baby-sitting, cours privés, etc.) (16%), un peu moins dans le cas de réparations chez un garagiste (14%).

Si ce type de pratiques ne concerne semble-t-il qu’une minorité de Français, on notera que comparativement à ce que nous mesurions en septembre 2014, toutes sont en hausse (avec des progressions de 4 à 5 points sur 2 ans et demi).

S’ils n’ont pas encore franchi le cap, plus d’un Français sur deux déclarent toutefois se sentir prêts à y recourir dans l’hypothèse où une telle pratique se révélerait être plus intéressante financièrement pour eux.

Dans le détail, ce sont surtout des prestations réalisées dans le cadre de l’entretien du domicile que le recours au travail dissimulé est le plus envisagé par les personnes intéressées.

En revanche, lorsqu’il s’agit d’actes médicaux, de soins, là, la réticence est plus forte. Seules 40% des personnes interrogées pourraient envisager le travail dissimulé (au premier rang desquels les moins de 35 ans -47%- et les personnes appartenant aux catégories socio-professionnelles les plus modestes -47%-).

Des aides financières peu connues et peu comprises des Français

Interrogées sur leurs perceptions des aides allouées à la perte d’autonomie et au maintien à domicile, les personnes interrogées dépeignent un tableau pour le moins sombre.

Une très faible proportion de Français (un sur cinq tout au plus) déclare ainsi que ces aides sont « faciles à comprendre » (20%), « à trouver » (18%), « équitablement distribuées » (18%), « bien connues » (16%), « suffisantes » (13%).

Ce sont donc à la fois des critiques sur la forme, sur le fond et sur la visibilité de ces aides qui sont très nettement formulées par les personnes interrogées.

Alors que les aides existantes apparaissent peu connues et peu maîtrisées par les Français, pour ces derniers, la prise en charge du financement des prestations liées à la perte d’autonomie doit avant tout être assurée par les pouvoirs publics, au premier rang desquels, la Sécurité Sociale (43% de citations), devant l’Etat (32%) et les Collectivités locales (27%), un jugement notamment partagé par les plus jeunes, les personnes appartenant aux catégories socio-professionnelles les plus modestes ainsi que les personnes les plus à droite sur l’échiquier politique.


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