Dix-sept départements placés en vigilance orange dès le mois de mai, des températures appelées à durer et un secteur du domicile comme des Ehpad qui manque toujours de bras. Face à cet épisode caniculaire inédit, l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) appelle l’État à sortir de la gestion « au coup par coup » et à engager une véritable politique d’adaptation du secteur de l’autonomie.

- Un épisode de canicule précoce frappe déjà plusieurs départements français placés en vigilance orange.
- L’AD-PA estime que les dispositifs d’alerte ne compensent pas le manque de personnel auprès des personnes âgées.
- Les professionnels réclament des renforts humains et le financement de « CDD canicule » dans les établissements.
- L’association appelle l’État à lancer un véritable plan d’adaptation du secteur du grand âge face aux fortes chaleurs.

Une canicule précoce qui ravive le traumatisme de 2003
L’épisode de fortes chaleurs qui touche actuellement l’ouest de la France inquiète particulièrement les acteurs du grand âge. Selon Météo-France, huit départements ont déjà été placés en vigilance orange et la situation pourrait encore s’étendre dans les prochains jours.
Pour l’AD-PA, cette canicule précoce rappelle une réalité connue depuis plus de vingt ans : les vagues de chaleur provoquent chaque année des « milliers de décès en excès ». Un constat qui fait directement écho au traumatisme de l’été 2003, devenu le symbole des défaillances françaises dans la protection des personnes âgées.
L’association reconnaît que, depuis cette crise sanitaire majeure, l’État a mis en place des systèmes de veille et d’alerte plus performants. Mais elle estime que ces dispositifs restent insuffisants faute de moyens humains sur le terrain. « La puissance publique n’a pour ainsi dire engagé aucune mesure significative » pour renforcer durablement les effectifs auprès des personnes âgées fragiles, dénonce-t-elle.
Car pour les professionnels, la réponse à la canicule ne peut pas se limiter à des équipements techniques. L’AD-PA rappelle qu’« il ne suffit pas de climatiser » pour protéger les résidents ou les bénéficiaires à domicile. Hydratation régulière, surveillance de la température, accompagnement des personnes souffrant de troubles cognitifs : l’essentiel repose encore sur la présence humaine.
Un appel à un véritable plan d’adaptation du grand âge
Face à cette situation, les directeurs de services à domicile appellent les personnes vulnérables à s’inscrire sur les registres communaux nominatifs afin de bénéficier d’un suivi renforcé par les municipalités pendant l’épisode caniculaire.
Du côté des établissements, les directeurs réclament également la création et le financement de « CDD canicule » afin de renforcer temporairement les équipes. Une demande qui traduit les difficultés structurelles d’un secteur déjà sous tension avant même l’arrivée des fortes chaleurs.
L’AD-PA insiste surtout sur le caractère durable du phénomène climatique. Selon les experts, les épisodes caniculaires seront désormais plus fréquents, plus longs et plus intenses. Dans ce contexte, l’association estime que l’État ne peut plus continuer à gérer ces crises « au coup par coup ».
L’organisation pointe notamment le report répété du projet de loi Grand Âge et Autonomie, promis depuis 2018, ainsi que les restrictions budgétaires qui touchent le secteur. Elle cite notamment le « gel prudentiel » de 215 millions d’euros sur les budgets 2026. À terme, prévient l’AD-PA, la responsabilité de la puissance publique pourrait être engagée face à des réponses jugées « sous-dimensionnées » au regard d’un risque désormais parfaitement identifié.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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