À la veille de la journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, le gouvernement renforce son dispositif avec le 3133, un numéro gratuit lancé le 1er mars pour signaler les violences envers les adultes vulnérables. Déjà 7 000 appels ont été traités en trois mois, révélant l’ampleur de maltraitances encore largement invisibles, majoritairement subies à domicile.

- Le 3133 est accessible gratuitement depuis le 1er mars, sept jours sur sept, pour signaler les maltraitances envers les personnes âgées et handicapées.
- En seulement trois mois, 7 000 appels ont déjà été traités, preuve d’un besoin massif d’écoute et d’accompagnement.
- Les violences dites « invisibles » représentent 84 % des situations recensées : violences psychologiques, financières, négligences ou privations de droits.
- Près de trois quarts des cas de maltraitance signalés concernent le domicile, loin des seuls établissements spécialisés.
- Relié au système national Sirena, le 3133 permet désormais une transmission directe des signalements vers les autorités compétentes et les services de protection.
Un numéro unique pour sortir les victimes de l’isolement
Quatre chiffres à retenir. Le 3133 est désormais accessible sept jours sur sept, de 9 heures à 20 heures, pour permettre aux victimes, proches ou professionnels de signaler une situation préoccupante concernant une personne âgée ou handicapée. Le gouvernement présente ce dispositif comme une avancée majeure dans la lutte contre les maltraitances. Relié au système national Sirena, le numéro permet une transmission rapide des signalements vers les autorités compétentes : agences régionales de santé, conseils départementaux ou services de l’État.
Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, affirme que « la maltraitance envers les adultes vulnérables demeure une réalité encore trop silencieuse ». La ministre insiste sur la nécessité de rendre ces situations visibles pour pouvoir les traiter efficacement.
En parallèle du numéro téléphonique, un formulaire en ligne complète le dispositif afin de faciliter les démarches de signalement pour les familles et les professionnels confrontés à des situations sensibles.

Des violences majoritairement invisibles, commises à domicile et touchant principalement les femmes
Il faut dire que les chiffres dévoilés par le gouvernement dressent un constat alarmant. En 2024, 74 % des situations de maltraitance recensées concernent le domicile, preuve – si toutefois elle était nécessaire – que les violences ne se limitent pas aux établissements spécialisés. Autre donnée marquante : 84 % des violences signalées sont qualifiées « d’invisibles ». Violences psychologiques, pressions financières, négligences, privations de droits ou encore défaut de soins représentent l’essentiel des situations recensées.
Les femmes apparaissent, elles, comme les premières victimes de ces maltraitances. Selon les données officielles, elles représentent 66 % des cas signalés.
Depuis mars, 579 signalements ont déjà été transmis via Sirena, et la moitié d’entre eux concernaient des situations à domicile. Le gouvernement souligne également que les appels liés à des faits de maltraitance durent en moyenne 35 minutes, preuve de la complexité des situations et du besoin d’écoute des appelants.
Une stratégie nationale pour passer des paroles aux actes
Le lancement du 3133 s’inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre les maltraitances engagée en 2024. L’objectif affiché par l’exécutif est double : mieux protéger les victimes et améliorer le pilotage des politiques publiques.
Lorsqu’une situation est jugée préoccupante, plusieurs mesures peuvent être mises en place : accompagnement social ou psychologique, inspections, interventions médico-sociales, voire signalement à la justice.
Le ministère précise également que les personnes à l’origine d’un signalement sont tenues informées des suites données à leur démarche. Une volonté affichée de renforcer la transparence et la confiance dans ce dispositif, qui a déjà permis de traiter 7 000 appels en trois mois.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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