L’été n’est pas une parenthèse tranquille pour les personnes âgées fragiles. C’est une période de rupture silencieuse : les familles partent en vacances, les professionnels s’absentent, certains services ralentissent… et l’isolement s’intensifie.
> L’hebdo du Vieillissement du Pr Bertrand Fougère : « Préparons l’été, anticipons pour mieux protéger »

Trois chiffres pour comprendre
- 1 personne âgée sur 4 vit seule en France.
- Plus de 15 000 décès ont été recensés lors de la canicule de 2003, principalement parmi des personnes âgées isolées.
- L’isolement multiplie le risque de perte d’autonomie.
Pourquoi l’été aggrave-t-il les risques ?
Plusieurs facteurs se cumulent :
- Déshydratation silencieuse : avec l’âge, la sensation de soif diminue. Certains traitements (diurétiques, antihypertenseurs, psychotropes) augmentent également le risque d’hyperthermie.
- Rupture du lien social : départ des proches aidants, fermeture de certains accueils de jour, diminution des interventions des services d’aide à domicile.
- Interruption des soins : consultations reportées, difficultés de remplacement des professionnels de santé.
- Surcharge des équipes présentes : interventions plus courtes et risque de passer à côté de signaux d’alerte.
Avant votre départ : les indispensables
Pensez à vérifier que tout est organisé :
- Ordonnances renouvelées.
- Traitements disponibles et pilulier préparé si nécessaire.
- Médecin traitant, infirmier, pharmacien et aide à domicile informés des absences.
- Maintien des passages des professionnels malgré les congés.
- Coordonnées d’un proche, d’un voisin, du CCAS ou du service d’aide affichées de manière visible.
- Inscription au registre communal canicule pour les personnes fragiles ou isolées, lorsque cela est possible.
Les signaux d’alerte à ne jamais négliger
Soyez attentif en cas de :
- Fatigue inhabituelle ou somnolence.
- Confusion ou propos incohérents.
- Vertiges, malaise ou chute.
- Fièvre, crampes ou nausées.
- Refus de boire ou impossibilité de s’hydrater.
- Forte diminution des urines.
- Logement fermé en pleine journée.
- Boîte aux lettres qui déborde.
- Personne que l’on n’arrive plus à joindre.
Ce que l’on oublie souvent
L’isolement ne se résume pas à l’absence de contacts.
Une personne peut être entourée et pourtant souffrir d’une profonde solitude si la qualité des liens sociaux est insuffisante.
Cet été, un appel, une visite ou quelques minutes d’échange peuvent faire toute la différence.
L’hebdo du Vieillissement est une tribune régulière du Pr Bertrand Fougère

Bertrand FOUGÈRE
Professeur de Gériatrie
Pôle Vieillissement – Université / CHU ToursBertrand Fougère est Professeur de Gériatrie, depuis 2018 spécialiste reconnu dans le domaine du vieillissement et de la prise en charge des personnes âgées. Fort de son expertise, il collabore régulièrement avec les ministères de la Santé et des Solidarités pour développer des politiques de prévention et d’accompagnement innovantes. Son parcours est marqué par une participation à des initiatives structurantes visant à renforcer l’autonomie et la qualité de vie des personnes âgées, ainsi qu’à soutenir les aidants.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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