La fin d’un épisode de chaleur ne signifie pas la fin des risques pour les personnes âgées. Fatigue, déshydratation et complications peuvent persister plusieurs jours, d’où l’importance de maintenir une vigilance active à domicile comme en établissement.
> L’hebdo du Vieillissement du Pr Bertrand Fougère : « Quand les températures baissent, la vigilance doit continuer »

Après plusieurs jours de fortes chaleurs, on peut penser que le risque disparaît dès que le thermomètre redescend.
Chez les personnes âgées, les effets de la chaleur peuvent pourtant persister plusieurs jours.
Ils peuvent se traduire par :
- une fatigue qui s’accumule ;
- une déshydratation progressive ;
- un déséquilibre des maladies chroniques ;
- une aggravation des troubles cognitifs ;
- une augmentation du risque de chute.
Pourquoi les personnes âgées sont-elles plus vulnérables ?
Plusieurs facteurs expliquent cette fragilité :
- la sensation de soif diminue avec l’âge ;
- la transpiration est moins efficace ;
- les maladies chroniques sont plus fréquentes ;
- certains médicaments augmentent les risques liés à la chaleur ;
- l’isolement retarde l’alerte ;
- la perte d’autonomie rend plus difficile l’accès à l’eau, à un environnement frais ou à une aide.
Le risque ne dépend donc pas uniquement de la température extérieure. Il est également lié à la durée d’exposition, au logement, à l’environnement et à la présence d’un entourage.
Les signes à surveiller dans les jours qui suivent
Restez attentif à l’apparition de :
- fatigue inhabituelle
- somnolence
- confusion ou aggravation des troubles cognitifs
- vertiges
- perte d’appétit
- urines foncées ou moins fréquentes
- essoufflement inhabituel
- malaise
- chute
- refus de boire ou de s’alimenter
- modification brutale du comportement
À domicile : maintenir une vigilance active
Quelques gestes simples permettent de limiter les risques :
- appeler ou rendre visite aux personnes isolées ;
- vérifier qu’elles boivent régulièrement ;
- s’assurer qu’elles s’alimentent suffisamment ;
- maintenir le logement au frais ;
- éviter les efforts inutiles ;
- surveiller l’apparition de malaises, de chutes ou de confusion ;
- contacter un professionnel de santé au moindre doute.
La prévention ne consiste pas seulement à rappeler de boire de l’eau. Elle repose surtout sur une présence régulière et attentive.
En établissement : ne pas relâcher la surveillance
Même après la fin de l’épisode de chaleur, il est important de poursuivre la surveillance :
- de l’hydratation ;
- du comportement ;
- des chutes ;
- des constantes ;
- de l’alimentation ;
- de l’état général.
La vraie question est simple :
Cette personne a-t-elle réellement récupéré de l’épisode de chaleur ?
À retenir
La canicule ne s’arrête pas toujours le jour où les températures baissent.
Chez les personnes âgées les plus fragiles, les jours qui suivent sont tout aussi importants que les jours de forte chaleur.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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