Les entreprises investissent, les dispositifs se multiplient, mais les salariés aidants continuent de se sentir insuffisamment soutenus. C’est le principal enseignement du point d’étape de l’enquête nationale menée par Info Service Employeurs et Salariés (ISES) sur la santé mentale au travail des salariés aidants et des salariés en situation de handicap.

- Les entreprises identifient mieux les salariés en situation de handicap que les salariés aidants.
- Les aidants hésitent encore à se déclarer par crainte de la stigmatisation et de conséquences sur leur carrière.
- Les dispositifs existants restent trop généralistes pour répondre aux besoins spécifiques des salariés aidants.
- Les managers apparaissent comme le principal levier pour améliorer l’accompagnement des salariés aidants.
- Malgré les investissements réalisés, le niveau de satisfaction des salariés aidants et des salariés en situation de handicap demeure faible.

Les aidants, angle mort persistant des politiques de soutien
Les entreprises connaissent-elles vraiment leurs salariés aidants ? La question traverse en filigrane le point d’étape publié par ISES au 20 juin 2026. Réalisée auprès de 91 entreprises, l’enquête montre que les organisations identifient relativement bien les salariés en situation de handicap, mais disposent encore de peu d’informations sur leurs collaborateurs aidants. Un déficit majeur de confiance freine la déclaration du statut d’aidant : peur de la stigmatisation, crainte d’un impact sur l’évolution professionnelle et volonté de préserver sa vie privée sont les principaux freins évoqués.
« Les entreprises semblent identifier leurs salarié·es en situation de handicap mais disposent encore de peu d’informations sur leurs aidants », souligne le rapport. « Les aidants sont perçus comme une population particulièrement exposée », ajoute-t-il, précisant que « le risque est aujourd’hui largement reconnu ».
Ce constat intervient alors même que la question des aidants salariés s’impose progressivement dans le débat sur la qualité de vie au travail. Pour les entreprises, le sujet n’est plus de savoir si les aidants sont vulnérables, mais comment agir efficacement pour prévenir l’épuisement et les ruptures de parcours professionnels.
Des dispositifs nombreux, mais jugés trop généralistes
Le rapport met en lumière un paradoxe frappant. Les entreprises ont déjà beaucoup investi : télétravail, horaires flexibles, dons de jours, référents, dispositifs psychologiques ou encore mobilisation de la médecine du travail. Pourtant, ces outils semblent insuffisamment adaptés aux réalités spécifiques des aidants.
Les chiffres avancés par ISES sont particulièrement révélateurs : le NPS relatif au soutien apporté aux salariés aidants atteint -49, contre -17 pour les salariés en situation de handicap. « Ces résultats révèlent un niveau d’insatisfaction significatif pour les deux populations », note l’étude. L’écart entre les deux indicateurs souligne surtout l’ampleur du malaise ressenti par les aidants.
Autre enseignement majeur : les freins organisationnels et humains apparaissent bien plus importants que les freins budgétaires. Le rapport identifie le manager de proximité comme le levier d’action le plus rapide et le plus concret. « Le développement des compétences des managers dans l’accompagnement des salariés aidants apparaît comme le levier de transformation le plus rapide à déployer et à produire des effets concrets », indique ISES. Une piste qui pourrait devenir centrale dans les politiques RH des prochains mois.
Le rapport rappelle toutefois qu’il s’agit de tendances préliminaires, appelées à être consolidées lorsque l’ensemble des réponses de l’enquête nationale aura été analysé.
Cet article a été publié par la Rédaction le
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