Seniors et logement : une volonté de garder leur pleine capacité à vivre en société, même dépendants

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En 2030, la France comptera plus de personnes de plus de 60 ans que de moins de 20 ans, soit 21 millions de seniors, en augmentation de 3 millions par rapport à 2019. Une forte progression qui interroge sur le développement d’une offre de logements adaptée au vieillissement alors, qu’à ce jour, seulement 6% du parc immobilier prend en compte leurs contraintes. Si plus de 85% des seniors veulent pouvoir vieillir chez eux, dans quel cadre souhaitent-ils vivre ? Eléments de réponse avec l’étude OpinionWay pour Les Maisons de Marianne

Non à l’isolement, oui au lien social et à la mixité intergénérationnelle !

S’ils devaient choisir un hébergement adapté à leur vieillissement, près de 7 seniors sur 10 s’orienteraient idéalement vers les résidences services et l’habitat intergénérationnel, très loin devant les maisons de retraites médicalisées de type Ehpad, mode d’hébergement qui n’est privilégié que par 15% de la population de plus de 50 ans. La solidarité familiale n’apparaît comme une solution séduisante que pour 13% des seniors, alors même qu’ils sont 64% à considérer que c’est d’abord à la famille de faire face à la perte d’autonomie d’un proche.

Vieillir dans un environnement favorisant la mixité entre les générations est plébiscité par la quasiunanimité des 50 ans et plus (95%), de même que les structures favorisant l’accueil de personnes aussi bien autonomes que dépendantes (93%). Une préférence particulièrement prononcée puisqu’ils sont 85% à se positionner contre l’idée de vivre exclusivement entre personnes dépendantes.

Finalement, les seniors expriment le souhait de pouvoir continuer à vivre normalement chez eux, sans avoir le sentiment d’être exclus de la société, sachant qu’ils sont plus de 9 sur 10 à considérer le sentiment d’isolement et de solitude comme un accélérateur de vieillissement. Ainsi, le maintien d’une vie sociale apparaît essentiel à leur bien-être : attachés à la possibilité de continuer à recevoir leurs proches quand ils le souhaitent (55%), ils se montrent également attentifs à la proximité de leur entourage familial avec leur domicile pour faciliter les visites (39%).

Maintien à domicile - Couple de seniors - Bien vivre chez soi

Plus marginal, mais loin d’être anecdotique, le souhait de pouvoir continuer à vivre avec leur animal de compagnie est décisif pour un quart des seniors, considérant cela comme un facteur permettant de conserver son autonomie physique et/ou psychologique en vieillissant (22%).

Concernant les critères objectifs les plus importants dans le choix de leur lieu de résidence, la qualité du cadre de vie avec une localisation en centre-ville ainsi que la surface et les caractéristiques du logement (avec l’existence de pièces de service pour être autonome au quotidien) arrivent en tête pour plus d’un senior sur 2 (respectivement 57% et 54%). Vient ensuite pour 1/3 d’entre eux, la possibilité de bénéficier de services de santé au sein de leur résidence, tels que la téléconsultation.

Ce qu’en pense le comité scientifique

Sociologie, démographie, neurologie, philosophie… avec la volonté de tirer tous les enseignements utiles du travail réalisé sur le terrain pour contribuer au débat et esquisser des solutions autour des enjeux sociétaux du vieillissement et du lien social, Les Maisons de Marianne se sont dotées d’un comité scientifique pour aller plus loin encore. À travers les travaux du comité, l’ambition est d’éclairer l’ensemble des enjeux politiques, économiques et sociaux dans une logique d’intérêt général nécessairement multidisciplinaire. Ses membres :

« L’isolement social chez les personnes âgées est l’un des principaux facteurs de risque modifiables de démence comme l’a souligné la Commission internationale sur la prévention, le traitement et les soins relatifs à la démence de The Lancet dans un rapport en 2020. Lutter contre l’isolement est non seulement une condition du bien vieillir mais aussi une mesure de prévention importante pour contribuer à limiter les risques pour la santé mentale.

Lara MIGLIACCIO, Médecin et Neurologue à l’Institut du cerveau (ICM) et Institut de la Mémoire (IM2A) à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière

S’intéresser au logement des seniors, c’est prendre en compte leur parcours résidentiel et les besoins qu’ils font émerger. Le lien social apparaît comme un aspect fondamental pour chaque individu, et encore plus les personnes âgées, afin de bien vieillir à domicile. Toutefois, il ne s’agit pas que d’être un consommateur de liens, mais aussi un acteur partie prenante de la société en lien avec l’ensemble des générations quand cela est envisageable. L’ancrage dans la vie locale, notamment à travers les commerces de proximité, est un élément clé de cette dynamique de mixité intergénérationnelle.

Mélissa-Asli PETIT, Docteure en sociologie à l’Université Paris-Descartes et dirigeant du bureau d’étude et de conseil en sociologie Mixing Générations

Nouveau mode d’habitat de cette dernière décennie, l’habitat intergénérationnel donne un horizon positif à la cohabitation sociale entre plusieurs générations et restaure la place des seniors, un groupe social déclassé voire infantilisé. Il est un support de solidarité, d’échanges, d’activités partagées, pour rompre, pas seulement avec les dangers de la solitude et la possible réclusion dans des habitats spécifiques, mais avec l’individualisme dominant. Il est en phase avec les aspirations des seniors, dans leur diversité, à être actifs dans la société, libre de leurs choix résidentiels et moteurs dans la vie sociale et locale.

Guy TAPIE,Professeur de sociologie à l’École Nationale supérieur d’architecture et de paysage de Bordeaux

Permettre aux seniors de vivre au quotidien comme ils le souhaitent passe par des logements adaptés avec des équipements favorisant leur maintien à domicile, mais aussi par la création de liens forts entre les résidents pour lutter contre l’isolement. Le bien-vieillir repose avant tout sur la préservation de l’autonomie physique, intellectuelle et culturelle des personnes âgées. C’est en leur permettant de rester actives et de se sentir utiles que l’on peut repousser l’âge de la dépendance, à l’heure où les dépenses liées au grand âge sont estimées à 30 milliards d’euros annuels.

Raphaëlle GILABER, Directrice générale des Maisons de Marianne

C’est important de maintenir les personnes âgées dans un environnement où il y a toutes les tranches d’âge car cela leur permet de rester en contact avec le monde et d’éviter une certaine désinsertion sociale […] Les seniors souhaitent vieillir chez eux et une grande majorité montrent de l’intérêt aux résidences avec services qui sont souvent financièrement hors de leur portée. Il est essentiel de développer des alternatives immobilières accessibles et adaptées au vieillissement de la population pour que chacun puisse vivre bien entouré dans un vrai chez soi, sans faire de compromis sur la qualité de l’environnement ou sur le cadre de vie.

Éric VIALATEL, Président des Maisons de Marianne

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Publié par la Rédaction le


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